The Hives: « Pour rester jeune, le secret c’est le Rock’n’Roll »

PatrickPar Patrick  •  14 Juin 2014 à 14:46  •  Interviews  •   2 views

The Hives c’est la Suède, la Suède c’est de splendides étendues d’eau, un peu comme notre merveilleux lac de Neuchâtel. De là à dire que la joyeuse bande jouait à la maison il y a un pas que nous n’oserons pas franchir. Quelques heures avant leur prestation qui a nous a beaucoup plu (cf. le compte rendu signé Thom) ils nous ont accordé une dizaine de minutes d’entrevue fortement sympathique. Chris et Nicholaus nous attendaient dans la zone artiste arborant une magnifique tenue coloniale, une photo à découvrir sur notre page Facebook.

The_hives

Photo: Anne Bischel

LMDS : C’est votre première participation à Festi’Neuch, comment trouvez-vous cet endroit incroyable sur les bords du lac ?

The Hives (Nicholaus) : C’est superbe, je suis d’ailleurs allé me baigner plus d’une fois aujourd’hui, c’est génial ! On a fait le bon choix en venant une nouvelle fois en Suisse.

Justement, ce n’est de loin pas la première fois que vous venez en Suisse, avez-vous une relation spéciale avec ce pays ?

Chris : On a toujours fait des bons shows par ici et c’est un endroit qu’on adore visiter, sachez-le : vous vivez dans un pays magnifique ! En plus vous écoutez de la bonne musique ce qui nous fait revenir aussi fréquemment. Ce sont ces éléments qui ont créé une bonne émulsion entre nous et la Suisse je pense.

Nicholaus : En fait c’est comme ça que ça marche: les gens nous demandent de venir et on vient, aussi simple que ça, sauf que les Suisses nous demandent plus souvent que les autres apparemment. (Rires).

Ça fait maintenant 20 ans que vous êtes sur la route, est-ce que vous vous sentez toujours aussi jeunes qu’à l’époque ?

Nicholaus : Oui ! Enfin, du moins sur scène. Mais ouais clairement on est toujours aussi jeunes et le secret c’est sûrement le Rock’n’Roll. Quand je vois des potes à moi qui bossent tous les jours « normalement » je me dis qu’il n’y a pas d’autres jobs que le Rock’n’Roll qui auraient pu me faire rester aussi jeune. T’imagines pas, c’est meilleur boulot du monde ! Je me sens aussi jeune que je l’ai toujours été.

Chris : C’est pareil pour moi. En particulier aujourd’hui, on va jouer des nouvelles chansons que personne n’a jamais entendues, des p*tains de nouveaux morceaux jamais joués sur scène. C’est comme un éternel recommencement, tu te sens jeune à nouveau à chaque fois. Dès que tu fais quelque chose que tu n’as jamais fait auparavant, il n’y a pas de raisons de te sentir vieillir. La beauté de notre métier.

Parlons un peu de la scène suédoise. Vous êtes un groupe international aujourd’hui mais est-ce que vous gardez un pied en Suède ?

Chris : Absolument, on vit encore là-bas et on joue au moins une fois par année sur nos terres. C’est toujours spécial de rentrer à la maison et on aime particulièrement jouer dans notre ville d’origine Fagersta. Enfin que ça soit là-bas ou à Stockholm on se sent chez nous, je veux dire c’est où on habite et de là où on vient donc forcément on garde une attache forte à la Suède.

Nicholaus : En fait, notre maison c’est toute la Scandinavie, la Norvège, la Finlande, le Danemark ou la Suède, c’est un peu chez nous. On aime tourner mais ça a ce côté spécial dans le Nord de l’Europe.

La Suède a quand même une relation particulière avec le Rock, le Punk ou le Garage, est-ce qu’il y a quelque chose de spécial en Suède avec le Rock’n’Roll ?

Nicholaus : Clairement, dès qu’il y a eu le jazz et les débuts du Rock’n’Roll, la Suède a pris ces nouvelles sonorités comme les siennes. En plus, on a eu la chance d’avoir eu une grosse importation de disques à l’époque ce qui a créé une émulsion et beaucoup de groupes ont commencé à émerger. Tu peux ajouter à cela qu’en Suède on apprend l’anglais très tôt, du coup c’est assez facile de tourner dans les autres pays et se faire connaître. Nous on a toujours vu les « grands » écouter ACDC, les Ramones ou Iron Maiden donc je pense que la Rock’n’Roll est, ou du moins était, la musique préférée des Suédois, on a ça dans le sang.

Vous avez auto-financé votre dernier album (ndlr : « Lex Hives »), pourquoi avoir choisi cette méthode plutôt que d’être allés tirer de l’argent des producteurs ?

Nicholaus : En fait, on a aussi pris un peu d’argent des producteurs, mais c’est une belle manière de travailler je pense. Il faut dire que quand tu fais un bon album tu t’attends à être payé de manière correcte, c’est beaucoup de travail. Je veux dire, gagner beaucoup d’argent en faisant un mauvais album, je ne ferais ça que si j’avais une mauvaise relation avec ma maison de disque. (Rires). De toute manière tu veux uniquement sortir de bons albums, tout le temps, c’est ton unique but. Je préfèrerais tout arrêter plutôt que de sortir un mauvais album.

Vous vous êtes sentis peut-être plus indépendants en agissant de la sorte ?

Nicholaus : Ouais on peut dire ça comme ça. C’était un peu le but à la base en fait. Décider avec qui on travaille et comment on travaille histoire de faire le boulot comme il faut. Par exemple, nous bossons en Suède mais il nous faut choisir le meilleur distributeur pour le reste du monde, c’est pour ça qu’on continue à faire confiance à Sony Music. Le fait de pouvoir choisir nous libère un peu du joug des Majors Companies. Le problème des Majors c’est que c’est eux qui décident quand sort ton album, s’il y a une autre sortie plus importante pour eux, ben t’attends. Ce n’est pas une bonne chose du coup. Gâcher un bon album c’est extrêmement frustrant.

En Suisse, pas mal de groupes utilisent maintenant le Crowdfunding pour financer leurs albums, vous pensez que c’est quelque chose qui pourrait devenir plus utilisé dans la scène Rock ?

Nicholaus : Oui, et je pense que ça l’est déjà en fait. Beaucoup de groupes même internationaux le font. A mon avis c’est plutôt cool, tu te sens vraiment faire partie du processus. Tu dois te sentir un peu comme mettre ton gamin au monde. Ça doit être sympa. En plus, c’est un acte volontaire du public, si tu ne veux pas payer tu ne le fais pas.

Quels sont vos projets pour le futur ?

Nicholaus : Jouer des nouveaux morceaux aujourd’hui, faire un nouvel album plus tard ! (Rires)

Chris : Plus sérieusement on se réjouit de se remettre au boulot. Ça fait maintenant longtemps qu’on tourne et on a assez de matériel pour proposer quelque chose de neuf au public. On espère donc que cet automne on pourra vous offrir un nouveau disque. Une fois la tournée terminée ça sera plus facile. On se réjouit, ça va être beaucoup de fun et beaucoup de disputes comme d’habitude.

Comment se passe votre processus de création. Je sais que beaucoup de groupes aiment louer une maison en campagne pour composer et créer, pour vous comment ça se passe ? Quel est le secret ?

Nicholaus : On a essayé ça.

Chris : Mais ça n’a pas marché

Nicholaus : En fait on a un peu tout essayé.

(Rires)

Chris : Ce qui marche le mieux pour nous en fait c’est de passer du temps à la maison. Plus on y est, meilleur on devient. C’est notre secret, maintenant tu sais tout ! (Rires) On va rentrer de tournée et gentiment commencer à se retrouver pour des séances de répétition intensives pour que tout soit parfait et qu’on n’ait plus besoin de chercher la perfection. Tu te dois d’être parfait.

Nicholaus : Les chansons peuvent venir de n’importe où mais l’artisanat autour ne peut venir que du travail. Il faut travailler sur les paroles, sur les lignes de basses, guitares et batterie. Il n’y a pas de secret en fait, la qualité d’un album est le reflet du travail que tu as mis dedans.

Chris : Tu ne peux clairement pas te pointer dans un studio et sortir un disque à 100 millions sans avoir des bonnes chansons à proposer. Je veux dire, tu auras l’air clairement ridicule. Le travail est l’unique secret. Mais bon, on n’a pas quinze ans pour le faire non plus, donc, ne vous en faites pas chers lecteurs suisses, il y aura du nouveau Hives tout bientôt !

Pour finir, vu que la Suède n’est pas présente à la Coupe du Monde, quelle équipe allez-vous soutenir ?

Nicholaus : Je ne peux pas dire que je suis un grand amateur de football, j’ai l’habitude de m’emballer pour celle qui propose le plus beau jeu. Je déteste les équipes qui  jouent méchamment ou, au contraire, se laissent tomber au moindre contact. J’aime l’équipe qui fait du beau foot !

Alors tu vas soutenir la Suisse du coup ! (Rires)

Nicholaus : Ouais pourquoi pas !

Chris : Il y a un grand engouement autour de la Belgique. Même si tout le monde pense que passer la phase de groupe sera facile, c’est les éliminations directes qui comptent au final, et la Belgique pourrait être une belle surprise.

Nicholaus : Lors de la Coupe du Monde il y a toujours des grosses surprises, soit le petit qui passe soit le gros qui se fait surprendre. Comme l’Uruguay il y a quatre ans. Mais moi les équipes que je veux voir c’est le Brésil, le Chili, l’Uruguay, la Croatie et, évidemment la Suisse et la Belgique. L’Allemagne a, à mon avis, produit le plus beau football ces dernières années, mais je préfère suivre les outsiders cette année.

Chris : Oh je sais ! L’Italie, voilà l’équipe pour qui je vais tenir cette année.

Nicholaus : Ah ouais t’as raison, Pirlo est un joueur fantastique, un bon coup-franc dans la lucarne. En plus il touche beaucoup de ballon, il est sympa à voir jouer.

Merci pour cette interview les gars !

Patrick

Un jour je chasserai la marmotte. En attendant j’écris bénévolement des articles sur des groupes obscurs pour me payer l’attirail nécessaire afin de réaliser mon rêve. La vie, c’est pas facile.

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