Terres hybrides

MalvinPar Malvin  •  2 Nov 2017 à 07:00  •  Live  •   59 views

Au total ils sont deux sur la scène du Bourg. Une année d’expérience en commun, un nombre inclassable de déambulations terrestres et un amour inné du partage. La quintessence, pour Ko Shin Moon, voit naturellement le jour entre boîte à rythme et instruments sempiternels.

Je me le répétais encore ce matin : c’est la période, oui. De celle où les soleils se couchent plus tôt, où tous les changements surviennent en même temps, où les noix fondent en palais et où, bien évidemment, le foisonnement des prog’ environnantes renaît des cendres estivales. C’est durant cette période, précisément, que je me remets à ingérer quantité gargantuesque de culture, ivre de curiosité, hédonisme constant. C’est ainsi que j’ai découvert, un soir à minuit, le duo présent au Bourg, Ko Shin Moon.

Mon pote à ma droite, la programmatrice à ma gauche, nous dansons, nous vibrons. Je reluque autour de moi : deux-trois autres âmes dandinantes, un couple assis, de l’air. Vide. La salle résonne pourtant et se chauffe rapidement au contact de la musique. Troisième œil en paillettes et chemises diaprés, le terme déambulatoire prend alors tout son sens. Dès les premières notes, leur force est évidente : une hybridation réussie entre l’organique et l’analogique. Peu de samples, c’est le live qui prime. Du synthé, jusqu’à l’accompagnement majestueux d’instruments aux traditions palpables. Phin thaïlandais, Baglama turc, l’exploration n’est qu’un champ infini de rêves et de possibilités.

C’est exactement sur ce point que le groupe resplendit, complémentarité évidente. C’est également là que des progrès sont encore à espérer, en vue des difficultés qu’un procédé de la sorte engendre. Afin que les câbles ne prennent pas le dessus des cordes, que la subtilité d’un oud ou d’un sitar reste actrice sans devenir objet. Et que leur dimension sacrée soit encore respectée. Le challenge est évident, mais la joie est facilement décelable dans le regard de Niko Shin et Axel Moon, avec qui je termine la soirée, en toute logique, à échanger voyages et expériences, traits spirituels et boisson colorée. Et là les souvenirs prennent forme.

N’hésitez pas à suivre ce duo de près et d’aller fouiner leur Bandcamp, où se trouve notamment leur premier album éponyme. Bonne route.

 

« Ko Shin Moon »

Ko Shin Moon

1 mai 2017
 
Auteur:
Malvin

Par une douce nuit de Printemps, je m’engouffrais dans une pénombre magnétique. De là retentissaient de faibles vibrations, profondes, vraies. Dès lors, je n’ai cessé de traquer l’essence de cette musique. La bête me menait de voyages en découvertes, au milieu d’une vibrante atmosphère aux aspects dub, électro, rock psychédélique…

Dans le même genre...

Le groupe de heavy metal américain jouera son meilleur album dans son intégralité vendredi dans la...

Richard Galliano et Ron Carter clôturent avec complicité le succès de l'édition 2017 du festival...

Le Joshua Redman Trio était à la hauteur des attentes au JazzOnze+ Festival de Lausanne.