Carolina Katún : Teol – « Al Silencio »

AlexPar Alex  •  10 Oct 2018 à 07:00  •  Albums  •   512 views

Il y a deux ans nous vous avons parlé de Teol. Aujourd’hui le projet est devenu Carolina Katún : Teol et le premier album « Al Silencio » est sorti. Les musiciens restent les mêmes et reçoivent un renfort de poids : Bugge Wesseltoft. Au passage le pianiste les a signé sur son label Jazz Land Records. Sonorités exquises.

Déjà, là, comme ça, on se dit que le projet a fait un sacré chemin. Il est parti de Suisse, a été influencé et l’est toujours par des origines mexicaines, est passé par la France et le voici qui est publié sur un label norvégien. Il a donc voyagé avant même de faire voyager l’auditeur. C’est réjouissant de le constater.

Et la musique dans toute cette histoire ? Vous vous le demandez sans doute; patientez. Il faut entrer délicatement dans « Al Silencio » puisque cette entrée correspond à la délicatesse avec laquelle ont été composé les treize morceaux de l’album. Même si celui qui ouvre l’album contredit immédiatement cette impression d’ensemble. La ranchera ‘Paloma Negra’ de Carolina Katún : Teol est énergique et pleine de vie. Ce chant traditionnel mexicain a souvent été chanté à la manière d’une complainte par Lhasa de Sela, Lila Downs, Chavela Vargas ou d’autres. Dès le début, la guitare presque pugnace reprend l’origine subversive de la version originale.

La délicatesse combative

Et la suite ? ‘Au fil de l’eau’ dévoile l’art délicat de poétiser la musique, d’utiliser les silences et les respirations comme des instruments et d’enchanter l’auditeur à renforts de roucoulements et d’autres bruitages organiques. C’est une composition du guitariste Pierre Perchaud et le poétique texte est de Khadijah Benouataf. Si vous voulez mon avis : c’est surtout très beau ! Si vous ne le voulez pas, je vous l’ai quand même donné. Bugge Wesseltoft est au piano, la voix de Carolina Katún se fait soudain diaphane et papillonne par dessus les notes.

Le sifflement fait aussi son effet sur ‘Automne’. C’est une composition de Carolina Katún elle-même. Un son presque naïf dont la clarté se marie si bien à l’accordéon et qui contient un peu de pureté. Un morceau où la chanteuse passe du français à l’espagnol comme si c’était la même langue. Une fluidité qui n’existait pas il y a deux ans.

On retrouve finalement les accords combatifs du début dans les réinterprétations de ‘Arenita Azul’ de la chanteuse mexicaine Lila Downs et de ‘Zamba de los humildes’ du poète argentin Armando Tejada Gómez. Ces deux morceaux sont particuliers par le contraste qu’ils offrent entre des rythmes presque martiaux et la voix apaisé de Carolina Katún. Bref, un album qui mérite assurément une écoute attentive !

 

« Al Silencio »

Carolina Katún

5 octobre 2018
 
Auteur:
Alex

De Brel à Fink en passant par Louis Armstrong et Sigur Ros, voilà ceux qui me marquent et touchent. La musique doit être un voyage, un envol et un rêve. Réveiller l’âme. Veiller l’être. Dévoiler le cœur.

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