Temples – « Sun Structures »

OlivierPar Olivier  •  14 Mar 2014 à 19:00  •  Albums  •   172 views

Je vous en ai déjà parlé à plusieurs occasions : avant leur concert au Romandie, lors de leur récent passage au Festival Antigel ou encore, à la radio dans notre émission Musique en briques. Loin de trouver que c’est assez, je décide aujourd’hui dans rajouter – encore – une couche avec une chronique de leur premier album « Sun Structures »…

Temples - "Sun Structures"

Eux, c’est Temples.

Propulsés au rang de sauveur du rock anglais par ni plus, ni moins que Noel Gallagher et Johnny Marr, traités comme des stars par une grande partie des magasines spécialisés d’outre-Manche, ces quatre jeunes gens auraient pu choper le melon la pastèque et se croire déjà héritiers du Royaume du Rock britannique, mais il n’en fut rien.

Ce fut même plutôt le contraire, les garçons préférant jouer la carte de la discrétion et de la modestie plutôt que d’exhiber crânement l’As de l’arrogance, fatal à tant de formations pourtant prometteuses (Viva Brother ?).

Un état d’esprit salutaire qui leur a permis de sortir, quelques mois après trois singles qui ont fait pas mal de bruit, un premier album maîtrisé de bout en bout et qui pourrait bien être le début d’une belle histoire.

Savoir faire et savoir être

Dès la première écoute de ce premier album, impossible de ne pas ressentir la maîtrise des quatre jeunes de Kettering.

Maîtrise technique d’abord puisque rien n’est laissé au hasard, maîtrise de ce qu’ils veulent évoquer ensuite. Difficile de ne pas sentir qu’ils connaissent leurs influences sur le bout des doigts. Croisement de Byrds, T-Rex, Pink Floyd et quelques références sonores faisant inévitablement penser aux Beatles, le son de Temples est une infusion de ce que le rock psychédélique briton fut entre la fin des 60’s et le milieu des 70’s. Ni plus, ni moins.

Mais si les compositions sonnent rétro, la production, elle, se veut moderne, les morceaux étant enregistrés en analogique, mais masterisés en numérique. Une technique qui permet à « Sun Structures » de sonner plus frais et d’améliorer ainsi son potentiel de réécoute. Et ça marche, puisque j’ai personnellement dû écouter cet opus au moins douze fois depuis sa sortie et ce, sans en avoir une seule fois marre.

 

Structures solaires

Du côté des compositions justement, on les retrouve au nombre de douze (onze et demi plutôt, la dernière étant plus un outro qu’autre chose) sur cette galette. Les singles ‘Shelter Song‘, ‘Keep In The Dark‘ (ci-dessous) et ‘Colours To Life‘, déjà connus des fans sont bien présents et remplissent donc de manière efficace déjà un quart du disque.

Les huit autres suivent toutes le même filon, à savoir une pop psychédélique archi-léchée, élégante et travaillée. Plus ou moins rythmée, plus ou moins longue, plus ou moins épique cependant. Si ‘Move With The Season‘ est une ballade onirique aux nappes on ne peut plus aériennes, la chanson titre, elle, est bien plus nerveuse et costaude, enchaînant descentes de guitares fuzzées et passages instrumentaux façon kaléidoscope. Les personnes qui auront apprécié la bondissante ‘Keep In The Dark‘ retrouveront, quant à eux, un lien de parenté avec ‘A Question Isn’t Answered‘, très saccadée et à la basse réglée comme du papier à musique. Alors que le nouveau single ‘Mesmerise‘ ronronne comme un bon vieux moteur de John Deere et aurait, à mon sens, dû être remplacé par ‘Tick Of Time‘ (ci-dessus), la véritable pépite de cette album avec sa voix distante, ses couplets aux guitares légères et son refrain tout en montée absolument imparable.

Il me semble d’ailleurs que c’est la seule composition que je pourrais placer au-dessus des autres, indicateur de la qualité de ce disque, mais aussi et c’est son seul défaut, de son manque de fougue. « Sun Structures » est un très bon premier long-format, le nier serait mentir, mais à vouloir contrôler chaque détail sonore, chaque note, chaque battement de caisse claire, il pourrait déranger les gens qui cherchent davantage une épopée auditive et sensorielle moderne à une copie 2.0 de ce qu’était le rock psychédélique des décennies passées.

Mais pour l’heure, sachons apprécier ce que ces quatre jeunes gens ont à nous offrir et attendons tranquillement le deuxième opus pour savoir si ils ont les épaules assez solides pour pouvoir prétendre un jour au Trône du rock anglais.

httpv://www.youtube.com/watch?v=99U9-zRHXf0

Heavenly Records – 2014

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