Swervedriver: « Le terme « shoegaze » n’est plus ridicule. »

ThomPar Thom  •  11 Nov 2015 à 13:00  •  Interviews  •   1 view

Groupe reconnu de la scène « shoegaze » dans les années 90, Swervedriver se sont reformés il y a un peu moins de dix ans. Ce soir, ils seront au Romandie. L’occasion pour nous d’échanger quelques mots avec Adam Franklin.

LMDS: Votre nouvel album (« I Wasn’t Born To Lose You« ) est sorti cette année, mais on retrouve ce son typique 90’s. Comment avez-vous procédé pour garder cette touche en 2015 ?

Adam: C’est le songwriting et les guitares – c’est le son Swervedriver. Nous n’allions pas nous réinventer, trahir notre esprit. C’est le son naturel qui sort de nos amplis quand on se branche et qu’on joue, mais il y a toujours une part de mystère dans le mixage. On y a ajouté des cloches, du vibraphone et d’autre chose. C’est une expérience subliminale.

Pourquoi avez-vous attendu sept ans avant de sortir un nouveau disque ?

Quand le groupe s’est reformé, nous n’avons pas réfléchi à écrire ou enregistrer de nouvelles chansons, et ce n’était pas quelque chose que nous voulions absolument faire. Ce n’était juste pas le bon moment. Ce n’est venu que quatre ans après la reformation, avec l’arrivée de Mikey Jones à la batterie en 2012. À ce moment-là, on a décidé de se remettre à écrire de nouvelles choses.

Comment vous êtes-vous sentis en remontant sur scène ?

C’était génial ! Ça a vraiment été un sentiment spécial de rejouer ces chansons ensemble en répétition à quatre. Puis cela s’est amplifié quand nous sommes remontés sur scène et qu’on a joué devant un public qui nous a clairement fait comprendre sa joie de nous revoir.

Vous étiez particulièrement connus durant les années 90, et beaucoup de fans étaient enthousiastes à l’idée de vous revoir ensemble. Mais avez-vous de nouveaux fans ? Des gens qui étaient trop jeunes pour vous connaître à l’époque ?

Oui, bien sûr. Il y a des gens qui sont nés dans les 90s, mais qui ont découvert nos disques plus tard et sont devenus fans. Ces gens ont le même âge que nos albums ! Et je ne pense pas que nous étions particulièrement connus, mais les gens connaissaient certainement le nom du groupe.

Dans les années 90, le terme « shoegaze » n’était pas particulièrement valorisant. Qu’en est-il aujourd’hui ?

Et bien, maintenant, de nouveaux groupes décrivent leur musique avec le terme « shoegaze », n’est-ce pas ? Donc j’imagine que le terme est positif maintenant. Cela reste un mot inventé ridicule, mais ironiquement, cela a servi tout le monde, car la musique qui était décrite par ce terme a été transcendée par celui-ci. C’est la même chose avec « krautrock » et « heavy metal ».

Ces dernières années, des groupes comme My Bloody Valentine, Ride ou encore Slowdive sont revenus sur le devant de la scène. Vous arrivez à expliquer ce retour ? Qu’en pensez-vous ?

Nous avons décidé de nous reformer en 2007, et avons découvert que My Bloody Valentine faisait de même, ce qui était excitant puisque nous voulions les voir jouer à nouveau. Les deux groupes que j’ai vu à leur reformation sont les Stooges et les Pixies, et chaque fois, ça a été une expérience géniale. J’avais vu les Pixies, mais jamais les Stooges, donc j’ai pu voir la chose sous deux angles différents. Voir un groupe pour la première fois en vingt ans, et voir un groupe pour la première fois de ma vie. Maintenant, nous en sommes à un point où on dirait que tous les groupes se sont reformés. C’est une entrave pour les jeunes groupes de voir tous ces vieux briscards rafler les cachets des festivals, non ?

Le nouvel album est sorti cette année, mais comment voyez-vous l’avenir de Swervedriver ?

Pour notre avenir, je vois encore plus de musique !

Le concert de Swervedriver, c’est ce soir au Romandie. Toutes les infos ici !

 
Auteur:
Thom

En 210 caractères, on peut dire de moi que j’aime: mettre du Maggi sur mon pain et les bande-annonces au cinéma. Je n’aime pas me raser et la peau sur le lait. Par contre, pas la place pour parler de musique.

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