La Superette 2016 – Ascension dans les bas-fonds

MalvinPar Malvin  •  28 Nov 2016 à 14:52  •  Live  •   1 view

La soirée prend forme, les Picon-bières s’enchaînent au rythme des artistes qui nous font vibrer corps et âme de leurs platines d‘or et d’argent. Là réside la richesse de ce vendredi soir : aucune trêve, pas de temps mort mal calculé, le matin est arrivé sans crier gare alors que nos pieds en redemandaient encore.

© Crédit photo: Anna Zoia

Nous connaissions la Superette comme étant déjà une valeur sûre dans la scène électro romande. Ce « festival de musiques actuelles à tendance électronique », comme il aime bien se définir, passe désormais au stade d’indispensable, reprenant le flambeau de quelques événements similaires désormais celés sous écoutille. Malgré un petit hic ma foi inévitable, c’est avec joie que je retrace mon périple sensitif de cette nuit du vendredi au sein de la Case de Choc de Neuchâtel.

Un début à tout

Il n’est pas à déplorer le contexte initial, qui m’aura certes aidé à entamer correctement la soirée. Enchaînant remise de Bachelor à la Faculté des Lettres de Neuchâtel, suivi d’un repas plantureux à la Famiglia Leccese du coin, tous les sens ne purent qu’être éveillés à mon arrivée dans les lieux où Koqa Beatbox déploie d’ors et déjà ses talents de rythmiques organiques. Flavien Berger investit alors la salle de la Case, nous dévoilant comme toujours sa sensibilité à travers ses compositions oniriques.

Or, c’est à un cet instant que le hic en question fait surface. Non à l’organisation, ni à la programmation, mais bien au public présent ce soir-là. Certes éméché, comme le voulait la synergie globale des lieux, mais complètement exempt de toute forme de respect envers l’artiste. Entre remarques déplacées et éructations animales, Flavien l’a sincèrement fait remarquer durant son concert : il ne comprenait pas ce qu’il se passait dans la fosse. Heureusement, ma mère a crié au troupeau bovin de fermer son clapet, ce qui nous aura sauvé une bonne partie du concert.

Une programmation finement méditée

Malgré cet accroc avec la plèbe environnante, Flavien aura pu rattraper son coup le lendemain à la Gravière. Quant à moi, la soirée n’aura cessé de monter à un rythme frénétique. 1h30, Francesco Tristano s’arme de ses synthétiseurs et de son background de pianiste classique pour nous faire monter d’un cran émotionnel. Entre un Floating Points et un Steve Reich actuel, la musique électronique révèle (encore !) une nouvelle facette, une nouvelle empreinte de sa vaste personnalité. Du grand art, rien à redire, les jambes prennent gentiment la cadence.

Et que dire alors de FOU!, premier concert de cette joyeuse association entre FlexFab et Hook, les deux trublions du Michigang ? Du Baile Funk, de la Trap tropicale, un chat empaillé, tout était de mise pour fêter la sortie de leur premier EP « Trapikal ». Dès lors, une force nouvelle prend place au fond de nos entrailles. Les Françaises Miss Kittin et Chloé entame un back2back à la house percutante et enchaînent directement avec les Züricho-Iraniens de Blade&Beard, clôturant la soirée d’une techno profonde, puissante, raffermissant le tout par une suite de tracks au rythme organique jamais entendu auparavant. Jubilation exemplaire.

C’est avec brouillard et enthousiasme que nous ressortons aux premières heures du matin parmi les ondes du monde extérieur. La Superette nous aura prouvé à nouveau qu’une programmation dûment réfléchie et agencée intelligemment peut transformer une soirée banale en une expérience sensitive inoubliable.

Merci l’équipe, merci les artistes, merci le Picon, merci maman. Et à l’année prochaine.

 
Auteur:
Malvin

Par une douce nuit de Printemps, je m’engouffrais dans une pénombre magnétique. De là retentissaient de faibles vibrations, profondes, vraies. Dès lors, je n’ai cessé de traquer l’essence de cette musique. La bête me menait de voyages en découvertes, au milieu d’une vibrante atmosphère aux aspects dub, électro, rock psychédélique…

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