Le stoner de Brant fait vibrer Lausanne

MalvinPar Malvin  •  19 Juin 2015 à 15:00  •  Live  •   1 view

Hier soir, Le Romandie et l’EJMA ont décidé d’appeler les coyotes du désert pour inaugurer la première Rocket Session de l’histoire lausannoise. Au rendez-vous, un des piliers du stoner qui n’a laissé de marbre que la nappe phréatique.

Crédit photo: ©Muriel Tille

Du grand cru qui nous a été servi hier soir. J’ai été tenu au courant à la dernière minute, faute des examens académiques aux vertus constipantes. Mais quel remède, une soirée passant de l’acoustique (EJMA) à l’électrique (Le Romandie), au rythme des grésillements arides de celui qui amena Kyuss, Fu Manchu et Vista Chino dans la gloire des beaux jours. Brant Bjork and the Low Desert Punk Band. Du nom de scène qui claque. De la disto qui grince.

Vu l’année dernière à la 3ème édition de l’Up in Smoke de Pratteln (CH), les vents chauds étaient tout à fait semblables, sauf que damn it ! Les murs de ce club sont vraiment du pain bénit pour les vibrations dans ce genre. Du rock psychédélico-crasseux déferlé en pleine poire. Bière à la main, on rentre petit à petit dans cette spirale infernale faite de feu et de boue.

Histoire de cactus

Avec le premier groupe The Dead Shamans, fort en senteurs helvétiques, le hard rencontre le stoner. Des changements de rythme inattendus, le chanteur surprend par sa voix. Derrière sa tête d’informaticien se cache un monstre décibelé. Et le public en redemande. Car monter la disto, c’est une chose, mais savoir la doser, c’en est une autre. Chapeau bas donc à ces novices (cf. Cenovis) made in Switzerland.

Avec le stoner, on est toujours sur la route. Mais à la poubelle la vieille bécane crapotante, il s’agit là de camionneurs sous acide. Brant arrive et enclenche la machine. Ce qu’on pensait être un Sound-check n’était que le début d’une pure virée sierra-névadienne. Du sable dans les amplis, de la rouille dans les micros. Un pote m’a dit, pendant le concert, que lorsque Brant chantait, il ressemblait à l’oncle de Jerry. Dans Tom & Jerry. Et c’est vrai. Ce bon vieux baroudeur de l’ouest.

Au bout d’un long solo, Brant s’arrête. Il nous regarde, passe ses mains sur le visage, l’air de dire « Wahou, quel trip ». Les autres continuent à un rythme frénétique, démentiel. Et on se dit ça y est, les drogues commencent à faire effet. Non, c’est juste sa musique.

Il reprend, remet en marche cette boucle infinie qui continue sans relâche. Et nous, on bouge nos têtes, lourdes, tenaces. Nous sommes les coursiers du désert. Et à force de penser ses belles lignes, le morceau vient à sa fin. Le temps d’une seconde, on se rend compte qu’une éternité est passée. Grisés, chancelant, ce fut un long voyage, aux confins du désert, au pays des chauves-souris.

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Malvin

Par une douce nuit de Printemps, je m’engouffrais dans une pénombre magnétique. De là retentissaient de faibles vibrations, profondes, vraies. Dès lors, je n’ai cessé de traquer l’essence de cette musique. La bête me menait de voyages en découvertes, au milieu d’une vibrante atmosphère aux aspects dub, électro, rock psychédélique…

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