Stephan Eicher et Taraf de Haïdouks – ‘Les Oiseaux de Passage’

ThomPar Thom  •  18 Nov 2014 à 18:00  •  Reprises en volée  •   10 views

Quand un chanteur suisse d’origine yéniche rencontre un orchestre de Roms, ils se racontent des histoires. Mais pour se conter des aventures, ils laissent bien souvent parler les guitares, qui se moquent des préjugés. Nomades européens, artistes à la sensibilité accrue, ces hommes savent raconter comme peu d’autres. Et quand il s’agit de rendre hommage à Brassens, on les laisse prendre les choses en main.

Brassens figure parmi les plus grands poètes du 20e siècle, cela n’est plus à prouver. À travers des centaines de textes, il a su s’installer parmi ceux qui comptent dans le monde de la littérature. Qui comptent, et qui content d’ailleurs. Même si lui n’appréciait certainement pas d’être vu comme une star. Lui, l’amoureux du verbe préférait « se gratter le ventre en chantant des chansons ». Reste que son héritage vit encore aujourd’hui, et demeure inscrit dans la mémoire collective comme celui d’un immense auteur.

Si bien qu’en 2001, plusieurs chanteurs se réunissent autour d’un projet commun: un disque de reprises de Brassens, qui sort peu après l’anniversaire des 20 ans de sa mort. On retrouve sur cet album nommé « Les Oiseaux de Passage« , plusieurs artistes comme Yann Tiersen, Noir Désir, Miossec ou encore Damien Saez. Ce disque sera bientôt suivi par un autre, nommé « Putain de toi« , autre compilation sortie en 2006. Et c’est sur celle-ci que se trouve la reprise qui nous intéresse aujourd’hui.

Stephan Eicher, absent de la première réunion, y reprend ici une chanson de Brassens qui est en fait la mise en musique d’un poème de Jean Richepin, paru dans le recueil La Chanson des gueux, publié en 1876. Plutôt que le rythme assez simple que Brassens utilisait, Stephan Eicher et l’orchestre Taraf de Haïdouks optent pour un style jazz manouche qui colle parfaitement à la tonalité et aux harmonies du morceau. La guitare, le violon et la flûte s’envolent, comme les fameux oiseaux, et on ressort étourdis de ces quelques minutes passés dans cette culture musicale nomade qui s’inspire des endroits visités, et qui nous donne l’irrépressible envie de voyager.

http://www.youtube.com/watch?v=S9vgpZqhXP8

Thom

En 210 caractères, on peut dire de moi que j’aime: mettre du Maggi sur mon pain et les bande-annonces au cinéma. Je n’aime pas me raser et la peau sur le lait. Par contre, pas la place pour parler de musique.

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