Soviet Suprem: « On est obsédé par la convivialité »

JorrisPar Jorris  •  15 Juin 2015 à 13:03  •  Live  •   4 views

Kamarades ! L’heure est grave. L’Union Soviétique renaît sur les cendres du mur de Berlin avec Soviet Suprem. Place à Sylvester Staline et John Lénine pour dicter le dancefloor.

Le sourire et l’accueil chaleureux de R.Wan, alias Sylvester Staline, nous a fait oublier la pluie battante en ce dernier jour de festival. Malgré la fatigue (ils étaient à l’île de la Réunion juste avant de venir à Festi’Neuch), c’est un Staline sans moustache qui nous a emmené dans son univers, proposant un regard sur sa musique et son projet de domination du dancefloor. Une superbe rencontre.

LMDS : Est-ce que tu peux te présenter?

Dans le groupe, j’officie comme Sylvester Staline. On est un duo, enfin sur scène on est quatuor. John Lénine est à l’hôtel, il est fatigué. Il était en Ukraine hier, sur le front de l’est. Il a décapité 15 Ukrainiens à la faucille, ils avaient osé caricaturer notre prophète, Karl Marx.

D’où ça vous est venu cet univers soviétique?

Thomas (John Lénine), mon Kamarade, officie dans La Caravane Passe, un groupe de musiques balkaniques et il m’a invité sur un de ses albums et à des soirées électro-balkanique. On s’est dit que ce serait bien de monter un groupe. Moi ça m’a plu tout de suite, ça fait danser les gens, c’est spontané. Il y a un côté alternatif, rock’n’roll et en même temps c’est de la musique de fête, très chaleureuse parce qu’il y a des cuivres, des violons et il y a le côté moderne, hip hop, électro. Et lorsqu’il s’est agi de trouver le nom, on a vu que cette musique venait des pays l’est qui ont un point commun: ce sont des ex-républiques soviétiques. On a trouvé Soviet Suprem et après on s’est mis à délirer avec les noms, inventer tout un univers. A l’heure où presque 50% de la musique passe par les réseaux sociaux, l’image, on a trouvé drôle de détourner tout cet univers. On a imaginé que si l’Union Soviétique avait gagné la guerre froide, on n’aurait pas toutes ces musiques, la world musique, de la musique uniforme. La musique s’appellerait l’Internationale.

Tous ces détournements vont à l’encontre des productions occidentales, il y a peu de groupes qui se construisent des images.

Tu vois, j’ai toujours aimé les trucs un peu punk. L’idée, c’est d’avoir ce postulat de départ, de s’appeler Soviet Suprem, d’être des méchants sur scène, des dictateurs. On commence à délirer là-dessus, c’est infini. On peut tout caricaturer, on s’amuse à faire ça via la scène et les réseaux sociaux.

Vous parlez pas mal de picole dans vos textes aussi.

La musique des Balkans, c’est une musique de fête. Il y a la culture de la vodka, mais on n’est pas obsédé par ça, on est obsédé par la convivialité.

Explique nous la couverture de l’EP Bolchï.

C’est ma mère qui est dessus, qui est à St-Petersbourg. Il y a des bassins d’eau chaude, elle fait sa gym sur la glace et je la trouvais belle. C’est aussi pour aller à l’encontre des clips américains où les filles sont toujours très filiformes.

Tu penses que le Politburo aurait apprécié votre musique?

J’en sais rien. C’est vrai que l’humour n’était pas vraiment au programme du parti communiste. Peut-être que finalement, c’est pas important de savoir s’ils auraient apprécié, c’est de se demander comment le penser aujourd’hui. Nous, on veut réintroduire l’humour dans la révolution du dancefloor, ça c’est clair.

Il y a de l’humour dans vos clips, dans vos textes, mais on sent aussi un certain message politique. C’est travaillé ça?

Notre idée, c’est de faire danser les gens. Il n’y a pas d’être engagé ou pas. Moi, j’ai pas besoin, je me suis jamais senti dégagé de quelque chose. Je pense que faire de la musique, c’est déjà un engagement. Quand on fait un métier, on se doit de le remplir. Dans le cas de la musique, c’est de divertir les gens, les faire voyager. C’est le contraire de la politique. Après, il y a du contenu, des textes, chacun en fait ce qu’il veut.

Par rapport à ces textes, qui sont beaucoup de la déconne, vous les construisez comment? Vous êtes aussi dans la déconne ou vous partez de quelque chose que vous voulez faire passer?

L’idée, qui est née dans ces soirées électro, étaient de faire danser les gens. Une fois qu’on a commencé à travailler là-dessus, on a calé un texte dessus. Il y a un travail sur la langue française, pour qu’elle soit rythmique. Ça m’a toujours énervé qu’on me dise que, parce qu’on chante en français, on ne peut pas aller jouer à l’étranger. L’idée, c’est de travailler différemment de la chanson traditionnelle française, où la voix est mise en avant et propose une écoute particulière. Je pense qu’on vient pour la musique et qu’on reste pour le texte.

Et tu penses quoi de Festi’Neuch?

Pas grand chose (rires), on vient d’arriver. Je peux te dire que la route en train depuis Frasne est magnifique avec l’arrivée sur le lac. Je suis venu qu’une fois à Neuchâtel, quand j’étais petit, et je me rappelle juste des grandes plaques de chocolat. Il n’y avait pas ça en France. C’était le kiff.

L’orage d’aujourd’hui, c’est un complot communiste?

Non, on est habitué au mauvais temps. Il pleuvait à la Réunion aussi en fait. J’ai l’impression que ça nous suit, cette grisaille soviétique ! Mais c’est bien, c’est bon pour l’ambiance.

Jorris

Personne ne sait véritablement ce que je fais dans cette rédaction à part râler sur Yannick. Sinon, j’attends le comeback d’Elvis Presley.

Dans le même genre...

Court retour sur le concert de Caballero & JeanJass à la Case à Chocs vendredi dernier et brève...

Les fans de hip hop satisferont leurs besoins de bon son avec Alaclair Ensemble et Murmures...

Le groupe de heavy metal américain jouera son meilleur album dans son intégralité vendredi dans la...