Sophie ‘Dylan’ Hunger – Bad Bonn Club – 05.03.2012

AlexPar Alex  •  10 Mar 2012 à 16:39  •  Live  •   52 views

Sophie Hunger n’est plus une inconnue du paysage musical suisse depuis quelques années maintenant. Elle compte surtout quatre bons albums à son palmarès. Connue pour ses prestations live et un parcours qui débute dans son appartement pour continuer aujourd’hui auprès des compositions de Bob Dylan. Elle a donc présenté un projet intitulé « Bob Dylan – Be part of my dream » uniquement composé de reprises. Compte rendu d’un concert exclusif.

Elle s’est ainsi d’abord produite exclusivement dans l’excellent Bad Bonn Club de Guin pour un répétition générale de sa prestation prévue à la Cité de la Musique à Paris. Cette dernière s’inscrivait dans une série de concerts pour ouvrir une exposition qui pourrait être une raison de se rendre dans la ville des Lumières. Du moins pour tout amateur de l’histoire de la musique. Autrement, et si cela ne suffit pas, il y a aussi une exposition sur Tim Burton à la cinémathèque pour tout cinéphile avisé. Revenons à nos moutons.

À défaut d’un concert parisien, je me suis largement fait plaisir lors de cette répétition générale en terre fribourgeoise où Sophie Hunger a revisité quelques morceaux de Bob Dylan. Bien plus encore, elle a su démontrer des qualités d’interprétation tout à fait remarquables. Par le passé, je l’avais déjà vu à deux reprises: en Session Paradiso à Lausanne et lors d’un festival à Bruxelles. D’une part, ces deux concerts étaient différents dans la mesure où le premier était un live pour la radio et le second dans le cadre de l’excellent Brussels Summer Festival. D’autre part, ils avaient lieu à deux moments différents de la carrière de la jeune zurichoise. Ce troisième concert est une fois de plus tout à fait particulier puisqu’il se composait uniquement de reprises de Bob Dylan où la jeune femme s’est déjà illustré par le passé avec un certain Erik Truffaz.

C’est donc avec beaucoup d’impatience que je me rendais à Guin le 5 mars dernier pour éventuellement découvrir une nouvelle facette de Sophie Hunger. Curieux de voir ce qui se cache derrière un projet somme toute assez ambitieux puisqu’il s’attaque à une icône de la musique. Honnêtement, j’avais de la peine à imaginer Sophie Hunger une guitare à la main et l’harmonica devant la bouche.

Pourtant, cette image avait justement de quoi rendre l’événement intéressant. Alors, je suis arrivé au Bad Bonn Club. Cet univers hors du monde, ou plutôt, au milieu des champs perdu à l’orée de la forêt. Un endroit inattendu qui n’ajoute que du charme à la soirée qui se profile.

Dès le parking, remplis de nids de poules, je me laisse doucement balancer dans l’atmosphère si particulière qui se dégage de ce club hors du commun. C’est un peu une ferme aménagée en bar qui sert merveilleusement les oreilles des mélomanes avec une programmation souvent de haut vol. Je ne vais pas faire la description de l’endroit. Ceux qui connaissent comprendront et les autres iront découvrir cette salle unique.

Au début, les souvenirs des deux derniers concerts resurgissent soudainement avant de s’éteindre dans les lumières tamisées de la salle. Sophie Hunger arrive sur scène avec toute sa simplicité et sa fraîcheur. Un visage souriant et possédé par je ne sais quelle fibre musicale. Elle débute par des mots en Anglais. Parle de sa première rencontre avec Bob Dylan. Elle dit qu’il ne la connaît pas mais qu’elle le connaît par cœur. Elle raconte l’importance de son influence. Presque sans s’adresser au public comme pour mieux le plonger dans le rêve qu’elle souhaite partager. Elle fixe seulement un point dans le vide comme si elle parlait à son idole.

Je n’ai pas le listing de ses choix de reprises en mémoire mais le souvenir pêle-mêle de quelques morceaux entrecoupés de paroles qu’elle prononce comme pour nous inviter à partager un rêve. Là où son interprétation m’a bluffé, c’est dans sa manière de mettre en valeur les textes parfois trop massacrés par la voix de Bob Dylan dans les versions originales. Par exemple, ‘The Times They are A-changin’ a sonné plus doux et a pris une dimension encore plus intéressante puisque Sophie Hunger l’a ralenti. Comme la majorité des morceaux repris. Ou alors était-ce le fait de plus clairement articuler?

Peu importe, dans cette soirée tout a dès lors été fin et précis même si la durée laisse à désirer. Une heure seulement, j’aurais aimé me laisser porter plus longtemps dans le rêve que la zurichoise a voulu partager. Mais en même temps elle n’était pas là pour jouer son répertoire. Et donc, la durée allait de toute façon être plus courte puisque c’était probablement assez nouveau pour elle.

Autre point à relever avant de terminer: la générosité. Voilà probablement la plus grande qualité de la jeune femme peu importe la scène sur laquelle elle se produit. Que ce soit pour une radio, dans un festival ou en reprenant le registre d’une de ses idoles en toute intimité, elle a ce rayonnement naturel qui prouve qu’elle est à sa place lorsqu’elle chante.

Au final, je me sens un peu privilégié d’avoir pu savourer ces moments où Sophie Hunger était pour ainsi dire posséder par Bob Dylan. Un vrai rêve qu’elle a su partager. Un vrai rêve dont j’espère vous avoir présenté quelques esquisses.

Autrement, il y a toujours le bon plan des deux expositions qui pourraient faire plaisir. Il ne vous reste donc plus qu’à aller voir Sophie Hunger en live lors d’une prochaine tournée parce que c’est vraiment beau ! C’est bien mieux en live que par des mots. Plus qu’une répétition générale, c’était un merveilleux concert.

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