Ty Segall – « Ty Segall »

OlivierPar Olivier  •  9 Fév 2017 à 19:07  •  Albums  •   3 views

Jamais à court d’idée, il n’aura fallu à Ty Segall qu’une petite année pour publier le successeur de « Emotional Mugger ».

Dix ans, treize albums. Bien qu’il se soit (un peu) calmé, le Californien continue d’enchaîner les sorties comme François Fillon aligne les emplois fictifs dans son entourage. Cela a un avantage, si l’on n’accroche pas au son d’un opus, on n’a pas trop à attendre pour découvrir le suivant.

C’est en quelque sorte le cas pour ce « Ty Segall » deuxième du nom, sans lien aucun avec celui de 2008. « Emotional Mugger » m’avait laissé de marbre, tant à sa sortie qu’en live – malgré la classe porno 80’s du claviériste. Trop glam, trop perché. Il ne correspondait pas à ce que j’apprécie chez le personnage.

« Ty Segall » est l’exact opposé. Pas de surproduction ou d’effets lourdingues, les compositions sont directes, sans détour. Les riffs retrouvent de l’impact et la batterie a carte blanche (‘Break a Guitar‘ ci-dessous, ‘Warm Hands (Freedom Returned)‘, ‘Thank You Mr. K‘). Accompagné de ses fidèles Charles Moothart et Mikal Cronin, ainsi que par Ben Boye et Emmett Kelly, Segall se fait, comme à son habitude, plaisir. Les titres possèdent ainsi chacun leur touche, leur particularité propre.

Ce nouvel album se permet ainsi de naviguer entre rock’n’roll sauvage, ballades chaleureuses (‘Talkin‘, ‘Orange Color Queen‘) et déflagrations heavy (‘The Only One‘, ‘Take Care to Comb your Hair‘). Parfois, les trois se relaient dans un seul morceau et crée alors ce que l’on pourrait nommer un « summum Segall ».Ce genre de moment où toutes les étoiles s’alignent.

Guitares sèches et électriques, fuzz à crever, production signée Steve Albini, écriture plus personnelle et rythmes variés. Avec ce deuxième éponyme, Ty Segall accouche de son (premier?) Grand cru de 2017 et signe un fier descendant à « Manipulator ».

 

« Ty Segall »

Ty Segall

2017
 
Auteur:
Olivier

Défenseur du rock’n’roll, expert en prix de l’essence, fanatique de la Sainte-Boisson et éternel admirateur de Yannik Paratte.

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