La schnaillée bulloise

MalvinPar Malvin  •  2 Oct 2016 à 13:36  •  Live  •   0 views

Le mal de crâne me lance, mais le cœur est embaumé d’une étonnante douceur musicale. Hier, j’ai pu (encore) assister au live des Fribourgeois de Pandour et, cerise sur le gâteau, à la prouesse musicale de Jacques. Le tout dans un cadre bullois au passé mythique. Retour sur les faits.

Ebullition, c’est 25 ans de club alternatif, allié aux émérites 100 ans du cinéma légendaire le Lux. C’est à travers une longue programmation de concerts et de projections que la Floor Friendly impose une énième fois son style électroïde, amassant la foule entre ces murs au charme historique. Rien d’étonnant à cela quand le line-up nous invite aux prestations magistrales des alchimistes scéniques que sont Jacques et Pandour.

Ouverture des portes à 22h. La jeune foule gonfle gentiment les rangs. En toute douceur, la musique se fait entendre, Lucas Monème en est la source. Également parti faire des résidences à Berlin, ce jeune Suisse et sa myriade de vinyles tient alors une sélection musicale parfaite pour amorcer la pente. Un groove ambiant aux tendances interculturelles ravissant nos oreilles insupportables d’épicuriens. On attend, la bière comme compagnon.

Achouppage sensoriel

Comme si la foule n’attendait que ça, Pandour rentre en piste sans crier gare. Les guitares commencent à émettre leur légères notes pinçantes et résonnantes sur un fond sonore gonflant, encore et encore. Ils sont quatre et aiment prendre leur temps, construisant brique après brique leur œuvre unique, synergique. C’est alors qu’ils lancent la foule dans un trip long de soixante minutes, construisant intelligemment un set d’une qualité rare. Alliant avec précision numérique et organique, c’est avec nonchalance et timidité que les quatre orfèvres quittent alors la scène, tel qu’ils y sont montés une heure auparavant. Chapeau bas, leur voyage prend fin. Ou pas.

Si en un été de programmation, les jeunes Fribourgeois ont acquis une expérience et un professionnalisme hors-pairs, ils ne sont pas les seuls à en avoir pris de la graine. Jacques, cet autre extra-terrestre du monde musical, aura très vite conquis l’âme et les scènes du paysage francophone. Mais que dire sur lui tout en évitant de le citer encore comme le « coup de cœur de la scène électro française » ? En tant que grand amateur de ses créations, je lui décerne certes le grand mérite de l’improvisation et du charme scénique. Ça, c’est du live ! Une construction musicale comme on en avait jamais entendu. Cette énième soirée m’aura encore prouvé de son indubitable talent.

Mais alors ? J’attends avec impatience la vraie retombée de l’été. Avec en poche seulement quelques vrais morceaux (dont le fameux et génialissime ‘Dans la radio‘), je me questionne sur ce point : la suite, maintenant. Les scènes veulent le programmer à tout va, mais je suis plutôt intéressé de voir par quel chemin son futur se profilera. Je ne cache pas cette envie d’assister à un vrai « live », présentant ses quelques créations, au risque de mettre de côté pendant un bref instant cette créativité matérielle scénique. Qui sait ?

Jacques, tu l’auras compris, je te suis de près, car il est maintenant devenu rare d’entendre une qualité sonore aussi originale que la tienne.

 

Malvin

Par une douce nuit de Printemps, je m’engouffrais dans une pénombre magnétique. De là retentissaient de faibles vibrations, profondes, vraies. Dès lors, je n’ai cessé de traquer l’essence de cette musique. La bête me menait de voyages en découvertes, au milieu d’une vibrante atmosphère aux aspects dub, électro, rock psychédélique…

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