Introduction

OlivierPar Olivier  •  2 Sep 2014 à 16:25  •  San Francisco, Tour du Monde  •   90 views

À la question « quel endroit allons-nous arpenter pour le mois de septembre ?« , le débat fut riche et long, lors de notre dernière séance de rédaction. Alex, en bon backpacker, proposa, comme à son habitude, une destination exotique, Patrick, une terre punk, Glenn cherchait du côté du Royaume-Uni, Yannick tentait de prendre des notes en tant que secrétaire et Jorris, lui, buvait sa bière.

Roi de la conciliation, l’ami Thom vint sauver l’affaire, en proposant de retourner du côté des États-Unis et c’est après, à nouveau, quelques argumentations engagées qu’une flamboyante idée fut lancée. « Et si on faisait San Francisco ? » Bingo, jackpot, boom shakalaka.

Avec une ville pareille, tout le monde y trouve son compte.

Direction donc l’une des cités les plus influentes de l’histoire de la musique, histoire d’entrer dans le dernier tiers de l’année 2014 tout en douceur.

San Francisco, l’historique

Ce n’est pas un mystère, la rivale de Los Angeles a gagné ses lettres de noblesse durant les années soixante.

Tout commence aux alentours de 1965-1966, lorsque le mythique San Francisco Sound émerge sous l’influence de Jefferson Airplane, qui publie son premier album « Jefferson Airplane Takes Off » et de The Charlatans, précurseurs ayant été les premiers à faire imprimer une affiche psychédélique. Les premiers concerts organisés sont des succès, le nouveau son plaît et fait des émules.

Affiche du Human Be-In - 1967

Affiche du Human Be-In – 1967

La consécration vient en 1967. Tout d’abord grâce au happening Human Be-In dans le Golden Gate Park, en janvier, où des centaines de jeunes gens se réunissent pour écouter les concerts de Jefferson Airplane, Grateful Dead et Big Brother and the Holding Companygroupe dans lequel officie Janis Joplin, réciter de la poésie, mais, surtout, pour passer du temps ensemble, dans la bonne humeur. Le LSD y est offert et la fête se termine tard sur la plage.

Le phénomène continue de prendre de l’ampleur et atteint son apogée durant l’été, quand les étudiants en vacances viennent du monde entier s’installer dans le quartier d’Aight-Hashbury, Burkeley et toute la région de la cité afin de vivre de nouvelles expériences. L’Été de l’Amour est lancé et restera gravé dans l’Histoire.

Le festival de Monterey accueille plus de 200’000 spectateurs et réunit les plus gros noms du moment que sont The Jimi Hendrix Experience, The Who, Janis Joplin, Ravi Shankar, Otis Redding et The Mamas & The Papas.

Les Beatles font traverser l’Atlantique à l’événement avec leur album « Sgt Pepper’s Lonely Hearts Club Band » (1967), plein de couleur, aux influences multiples, ses éléments psychédéliques. Les susnommés The Mamas & The Papas cartonnent avec leur ‘California Dreaming‘ et écrivent les paroles d’un véritable hymne : ‘San Francisco‘ (en bas de page), interprété par Scott McKenzie.

Le Summer of Love prend fin en octobre 1967, miné par une hausse de la criminalité, des problèmes de drogue, une surpopulation et un manque de nourriture. Les gens rentrent chez eux, ceux qui restent organisent des funérailles parodiques et entèrent l’événement. La scène musicale de la Baie est devenue l’une des plus vivantes au monde.

La manifestation est peut-être morte, mais le phénomène et le son vivent toujours. Quelque temps plus tard aura lieu le festival de Woodstock, qui mérite à lui seul un dossier complet.

San Francisco, vivier de groupes mythiques

Durant des décennies, la ville aux tramways les plus célèbres vit venir au jour de nombreux groupes incontournables. Petit tour d’horizon rapide, afin de vous faciliter la tâche.

Le rock est évidemment fortement présent, citons, pêle-mêle et en plus des précités : Metallica, Neurosis, Big Foot, Faith No More, Blue Cheer, Machine Head, Quicksilver Messenger Service, The Chocolate Watch Band, The Residents, Santana, The Flamin’ Groovies, Sly and The Family Stone, Mother Earth, Counting Crows et des centaines d’autres.

Le punk n’est pas épargné avec des troupes comme Green Day, Dead Kennedys, No Use For A Name, Rancid … Il y a de quoi faire.

Autre genre non négligeable de ce côté de la Californie, le hip-hop avec E-40, Too Short, Yukmouth, Souls of Mischief, Del The Funky Homosapiens ou encore Tupac Shakur, né à New York mais qui a grandi pas loin de là.

John Dwyer - Thee Oh Sees

John Dwyer – Thee Oh Sees

San Francisco, la renaissance du rock psychédélique et du garage

Ces dernières années, San Francisco est devenue la nouvelle capitale mondiale du garage rock et une des pierres angulaires de la musique psychédélique. Sous l’influence du patron John Dwyer, lui-même leader des énormesThee Oh Sees, c’est toute la scène régionale qui part en ébullition.

Fer de lance de ce mouvement, le jeune Ty Segall, hyperactif bonhomme amateur de surf et compositeur, depuis 2008, de pas moins de 14 (!) albums, tous de haute qualité. Derrière lui, on retrouve Wooden Shjips, spécialistes d’un rock psychédélique tourbillonnant et particulièrement hypnotisant en live, les Sleepy Sun, amateurs de mosaïques hautes en couleur ou encore, entre autres, The Fresh & Onlys et leur pop-folk entraînante.

Cependant, depuis une année, de nouveaux groupes garage émergent et ne semblent pas suivre le même chemin que Dwyer ou Segall. Des groupes comme Life Stinks et CCR Headcleaner partent en effet dans un style plus sauvage et sombre, miroir d’une ville où il est de plus en plus difficile de vivre si l’on ne travaille pas du côté de la Silicon Valley.

Une évolution intéressante à suivre, dans une des villes à la culture musicale la plus impressionnante que l’on essaiera de vous présenter du mieux possible durant tout ce mois de septembre.

httpv://www.youtube.com/watch?v=mJ_WG3d3GL8

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