Alabama Joe

OlivierPar Olivier  •  10 Fév 2014 à 16:14  •  Russie, Tour du Monde  •   14 views

Je ne faisais pas le malin lorsque l’on a évoqué la possibilité de parler de la Russie lors de ce mois de février. Je dois bien avouer que les différentes scènes musicales russes me sont complètement inconnues et ce n’est pas en regardant les Jeux Olympiques de Sochi que cela va s’améliorer… quoique, il y aura peut-être quelque chose à récupérer durant les épreuves de patinage artistique en couples de demain !

Heureusement, nous vivons au XXIème Siècle et un magnifique outil nommé Internet existe. Ni une, ni deux, des dizaines et des dizaines de groupes apparaissent sur mon écran et il ne me reste plus qu’à écouter tout cela en espérant trouver chaussure à mon pied.

Et chaussure à mon pied j’ai trouvé. Aujourd’hui, je vous laisse découvrir le duo inclassable Alabama Joe.

(Rock’n’roll x Alcohol) x (Rock’n’roll x Alcohol)

Derrière ce nom emprunté à un vieux barde américain se cache deux jeunes gens originaires de Rostov-sur-le-Don, ville du Nord Caucase située à plus de 950kms au Sud de Moscou.

Aleksei Ulyanov s’occupe de gratter sa six-cordes et de geindre dans un micro alors que Pavel Astakhov bourrine derrière les fûts. Ces termes ne sont pas exagérés puisque le duo opère dans ce que l’on peut appeler du drunk-rock, un style aux principes plutôt simples : se pinter la poire et jouer du rock’n’roll.

Le son sortant de tout cela est un mélange de garage-rock, de noise et de psychédélisme sombre. Les deux premiers albums du groupe – « Red » en 2012, « Those Guys » en 2013 – suivent cette ligne directrice, le premier nommé étant plutôt branché garage lo-fi alors que le second est un poil plus posé et plus axé sur des ambiances psyché comme le prouve le titre ‘White‘, écoutable ci-dessous.

httpa://www.youtube.com/watch?v=FIugYBCYIwk

Changement de direction

Après ces expériences nerveuses et électriques, le duo a sorti, quelques mois après « Those Guys« , un EP au son radicalement différent. « Lincoln Mayhem » est en effet une promenade dans les régions poussiéreuses et sinistrées de l’esprit, guidée par des éléments électroniques, des échos et reverbs imposants ainsi que des rythmiques décousues (écoutez le titre éponyme, ‘Lincoln Mayhem‘ ci-dessous pour vous faire une idée).

Les voix, s’il y en a, semblent venir de très loin, passées au rouleau compresseur numérique. L’ensemble se veut minimaliste, introspectif, presque dérangeant par moment. Une expérience de l’Apocalypse qui dure quatre morceaux pour un peu plus d’un quart d’heure d’écoute. Le dernier titre, ‘Nosle‘, est une composition plus terre à terre, faisant penser à du Radiohead et qui nous permet de nous remettre les idées en place.

Un radical changement de direction qui a le don de piquer notre curiosité quant à la prochaine aventure de ce duo barré.

httpv://www.youtube.com/watch?v=VXKg_-_HmW4

A noter que ces deux albums (« Red » et « Those Guys ») et cet EP (« Lincoln Mayhem ») sont disponibles au prix que vous voulez sur le BandCamp du groupe. De quoi se faire plaisir.

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