Queens of the Stone Age – « Villains »

On a un peu de retard, fallait qu'on digère la bête.
OlivierPar Olivier  •  29 Nov 2017 à 07:00  •  Albums  •   46 views

Nous sommes à la fin 2017 et le rock est mort. Surclassé par le rap et l’électronique, le genre semble tourner en rond et les têtes de file actuelles du mouvement sont bien calmes. C’est donc peu dire que le rock mainstream attendait le retour de Queens of the Stone Age avec impatience.

Oui, mainstream. Car la formation de Josh Homme fait partie, depuis 2013 et « … Like Clockwork » – certains anciens diront même depuis ‘No One Knows’ et « Songs for the Deaf » (2002), des gros noms de la scène internationale. ‘My God is the Sun’ et surtout ‘Smooth Sailing’ ont fait connaître QOTSA à un niveau global. Les haters ont un peu haté en disant que c’était de la pop, mais dans l’ensemble, reprocher quoi que ce soit à « …Like Clockwork » est une belle preuve de mauvaise foi.

En 2017, après un virage sombre dans la psyché du leader, à la suite d’une opération du genou qui a mal tourné, le sixième album du groupe s’impose comme l’un des meilleurs. Torturé, libéré créativement, d’une froideur impressionnante.

Quelle allait être la suite ? Il aura fallu quatre ans pour avoir la réponse.

25 août 2017, « Villains » est officiellement disponible et le producteur n’est autre que l’immanquable Mark Ronson. Frissons dans la fanbase, elle voit déjà leur groupe favori vendre officiellement son âme au diable pop. Elle n’était déjà pas forcément hyper emballée par le premier single dévoilé quelque temps plus tôt : ‘The Way You Used to Do’.

La première écoute surprend, déstabilise. Le rythme est élevé, la batterie compressée, les riffs coupés au couteau. Ça ne sonne pas comme du QOTSA et pourtant, ça sonne comme du QOTSA. Une impression bizarre crée par le subtil mélange des talents respectifs de Ronson et Homme, auquel s’ajoute la passion commune des deux pour le rock’n’roll originel.

« Villains » a du groove, beaucoup de groove. De la première à la dernière seconde. Le rock’n’roll chaud comme la braise de ‘The Way You Used to Do’, la voix de crooner sur ‘Head like a Haunted House’ ou la basse de ‘The Evil has Landed’ sont autant d’éléments qui font obligatoirement secouer les têtes. Sans oublier ce rythme venu de nulle part sur le titre d’ouverture ‘Feet Don’t Fail Me’ qui rappelle l’amour que Homme porte à la polka, genre avec lequel il a découvert la guitare. Si vous doutez, imaginez un accordéon à la place des guitares sur ce morceau. Effet garanti.

Le jour et la nuit

L’autre moitié des morceaux font moins swinguer, mais sont dignes d’intérêt, car ils auraient tous pu avoir leur place sur « Post Pop Depression », l’album collaboratif entre Iggy Pop, Matt Helders des Arctic Monkeys, ainsi que… Josh Homme et Dean Fertita de QOTSA. Moins guillerets, plus introspectifs. Ces titres suivent la trace du grandiloquent ‘I Appear Missing’ de « … Like Clockwork », permettant de garder notre attention et de nous éviter une noyade dans un déluge de rock’n’roll burné incessant.

En s’entourant d’un des meilleurs producteurs du moment, les Californiens ont pu sembler prendre un risque. Mais à l’écoute de « Villains », force est de constater qu’aucune place n’a été laissée au doute. Le courant passe, le résultat est là.

Et si certains continueront de regretter les premières années stoner du groupe, les autres se réjouiront de voir les Reines s’emparer sans contestation du trône du rock mondial actuel.

 
Queens of the Stone Age - "Villains"

« Villains »

Queens of the Stone Age

25 août 2017
 
Auteur:
Olivier

Défenseur du rock’n’roll, expert en prix de l’essence, fanatique de la Sainte-Boisson et éternel admirateur de Yannik Paratte.

Dans le même genre...

Un album qui est surtout une belle découverte. Lisez, écoutez et vous comprendrez.

La sensualité enserre la musique de Warhaus d'une étreinte à la fois ferme et délicate.

Préparez vos oreilles, Metz est de retour... et avec Steve Albini aux manettes.