Primavera Sound 2013 : Episode 1 – La quadrature du festival

PatrickPar Patrick  •  24 Mai 2013 à 17:28  •  Live  •   0 views

The Postal Service

Rapporté et écrit par Colin Jentry et George Houbad

Barcelone. Les plages, les coups de soleil, les Ramblas, la paëlla trop chère et, évidemment, le Primavera Festival. Le Graal de tout amateur de musique indépendante et, accessoirement, des porteurs de Ray Ban de tout poil. Tour d’horizon d’une première journée placée sous le signe de la découverte d’un endroit magique et, évidemment, de quelques concerts de fort bonne facture.

La scène la plus cool du monde

Évidemment, il est difficile d’occulter l’emplacement de ce festival carrément situé sur les plages de Barcelone. Première scène qui s’offre au visiteur: la « hipsterement » nommée « Ray Ban ». Amphithéâtre d’environ 2000 places avec la mer en arrière-plan. Magique. Nous vous évitons évidemment les looks à la con (alerte teasing, il se peut que nous y revenions plus tard durant le festival) de la moitié des festivaliers. Yvette Horner passerait inaperçue tant le niveau de certains est au-delà de la décence. Pour l’anecdote, on taira également le choix discutable de s’associer éthyliquement à « Heineken ».

Bref, passons les six autres scènes de tailles diverses et variées pour s’attaquer à une problématique largement plus concrète de ce festival : faire son programme. Lorsqu’un festival peut se payer le luxe d’agender simultanément Do Make Say Think avec Dinosaur Jr., The Postal Service, Bob Mould et Deerhunter ou James Blake et Daughter, on se dit que l’embarras du choix n’est qu’un euphémisme. Dès la divulgation des horaires, des problèmes insolubles se sont posés. Surtout pour cette première soirée, la plus dense, selon les goûts de vos «Tour Operator» barcelonais. Petit passage en revue d’un premier soir réussi.

19h30 : Savages

Après les groupes espagnols venus «faire le nombre», voici le premier concert vraiment attendu de ce festival. Le quatuor britannique a clairement assuré malgré deux points noirs: (1) un gros problème d’ampli qui a amputé le show de près de 10 minutes. Sur 40 minutes de concert, c’est un peu gênant, d’autant que les techniciens ne se sont pas pressés pour aider les demoiselles sur scène et (2) le jeu de scène tantôt pathétique, tantôt agaçant de la chanteuse. Musicalement, c’était par contre très bien, avec un puissant ‘She Will‘ (ci-dessous), le single qui les a fait connaître.

httpa://www.youtube.com/watch?v=kebq-cENNn0

20h30 : Tame Impala

N’étant pas familiers du groupe australien, nous n’y sommes pas allés en connaisseurs, mais en curieux. Sympathique mise en bouche pour une soirée qui s’annonce longue. Gros son, mais une tendance à tourner en rond dans les harmonies qui lasse. Globalement un spectacle correct.

21h35 : Do Make Say Think

LE gros morceau de la soirée pour l’un de vos deux acolytes. Vus l’année passée au Dachstock pour les 15 ans du Label Constellation, ils ont joué ici avec aucun cuivre, contrairement à Berne. Un son carré, un groupe en pleine forme et, malheureusement, un impératif horaires intenable. 45 minutes de concert et rideau. Coitus interruptus.

21h55 : The Postal Service

Ben Gibbard fait une tournée pour les 10 ans de la sortie de « Give Up ». Album majeur de toute discographie qui se respecte. Évidemment, dès que les premiers accords de ‘The District Sleeps Alone Tonight résonnent sur la grande scène, les frissons débarquent. Début de concert parfait. Quel plaisir de les voir en chair et en os. Le show s’est finalement essoufflé avec quelques morceaux qui n’appartenaient pas à « Give Up ». La douceur de l’album peine à se transposer sur une scène aussi grande. Manque de densité et de profondeur sonore jusqu’au final magnifique sur ‘Such Great Heights‘ (ci-dessous).

httpa://www.youtube.com/watch?v=0wrsZog8qXg

00h15 : Grizzly Bear

Étonnamment programmé sur une scène annexe, le groupe new-yorkais aurait pu aisément être placé à la place de Postal Service sur la grande scène. Qu’importe, un parterre blindé a pu assister à l’efficacité des titres du dernier album « Shields ». Un jeu de lumière qui a divisé vos deux scribes. Cela a passé de « Jolie ambiance » à « Loupiottes qui ne servent pas à grand chose ». Ceux qui les verront au Bad Bonn Kilbi pourront juger.

01h40: Phoenix

Headliner de cette première soirée, le groupe versaillais a envoyé la sauce d’entrée de jeu. ‘Entertainement’ (ci-dessous), ‘Lasso, ‘Lisztomenia‘ et ‘Long Distance Call‘ place le concert sur des bases hallucinantes… avant de s’essouffler. Si l’ensemble est évidemment d’excellente facture, on pourra regretter l’entrée en matière si forte et la suite plus plate. Pourquoi ne pas équilibrer plus une setlist?

httpv://www.youtube.com/watch?v=tBsRvthVhdw

 

A demain pour de nouvelles aventures barcelonaises.

Patrick

Un jour je chasserai la marmotte. En attendant j’écris bénévolement des articles sur des groupes obscurs pour me payer l’attirail nécessaire afin de réaliser mon rêve. La vie, c’est pas facile.

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