Pink Floyd Exhibition: Their Mortal Remains

JorrisPar Jorris  •  8 Nov 2017 à 07:00  •  Magazines  •   51 views

Dans les profondeurs du Victoria and Albert Museum de Londres se tenait une drôle d’exposition retraçant la carrière de Pink Floyd. De quoi explorer l’histoire d’un des groupes de musique les plus influent de la musique.

50 ans après la sortie de leurs premiers 45 tours, Arnold Layne et See Emily Play et d’un premier album dans la foulée, The Piper at the Gates of Dawn, le Victoria and Albert Museum de Londres proposait une rétrospective marquante de Pink Floyd. Une invitation à l’exploration de thématiques profondes soulevées par les différents albums. Un voyage audio-visuel grandiloquent, à l’image même de ce que représentait Pink Floyd en son temps.

Retour vers le futur

C’est avec un casque et un petit récepteur sur les oreilles que le visiteur plonge directement dans les années 1960 à travers un portail psychédélique. Quelques photos d’archives permettent de rencontrer Roger Waters, Richard Wright, Nick Mason et surtout Roger « Syd » Barrett à Cambridge. Après des débuts laborieux et plusieurs changements de noms, Pink Floyd est officiellement lancé en 1966. La visite démarre vraiment de manière visuelle tout en suivant un chemin auditif parallèle grâce au casque audio.

On avance ainsi avec les premières notes d’Arnold Layne, alors qu’au fil de l’exposition, plusieurs morceaux éponymes viennent charmer et enivrer le visiteur. Si les musiques prennent une grande place, les interviews également. Chaque salle retraçant un album, une période ou une thématique se dévoile à travers les voix des membres ou de l’entourage de Pink Floyd. Il suffit de s’approcher d’un écran pour que le récepteur localise le visiteur et diffuse le bon son, au bon moment. On est ainsi totalement pris par la main sans devoir chercher le bon numéro ou le bon canal. Une simplicité bienvenue qui permet de profiter pleinement de l’expérience de cette exposition hors du commun.

Une discographie légendaire

Retraçant chronologiquement l’histoire de Pink Floyd, le spectateur découvre la profondeur qui entoure la formation anglaise. Si David Gilmour aura rejoint le groupe rapidement, ce sera au détriment de Syd Barrett qui se verra exclure par les autres membres suite à ses problèmes de drogue. Sans le maître à penser, Roger Waters et David Gilmour vont alors laisser libre court à leur imagination pour écrire et composer les plus beaux albums de Pink Floyd: Atom Heart Mother, Meddle, Wish You Were Here, The Wall, The Division Bell mais surtout Dark Side of the Moon. C’est autour de ce dernier que s’articule le coeur de l’exposition, en hommage au rôle central qu’il aura joué dans l’histoire du groupe et de la musique.

Considéré comme l’un des albums les plus aboutis et travaillés, et l’un des plus vendus à ce jour, Dark Side of the Moon reste toujours autant fascinant et captivant et ce même plus de 40 ans après sa sortie. Abordant des thématiques allant de la mort à la guerre, en passant par la folie, l’argent et la vieillesse, il a su redéfinir la musique de Pink Floyd en l’emmenant sur un chemin existentiel et profond. De quoi décrocher quelques larmes après s’être plongé dans une salle entièrement noire, simplement éclairée par le fameux prisme inversé produit par Hipgnosis.

La musique et son spectacle visuel

L’exposition ne s’arrête pourtant pas là. On y découvre en outre la fameuse anecdote du cochon volant d’Animals au-dessus de l’industrie Battersea Power Station, cochon gonflable qui se serait détaché pour flotter librement sur l’Angleterre. D’autres décorations géantes rappellent The Wall et son show d’une grandeur inouïe. L’accent est d’ailleurs rapidement porté sur cet aspect: Pink Floyd, ce n’est pas que de la musique, c’est aussi un sens du spectacle. Aucun groupe n’avait su porter le visuel avec autant de vigueur sur scène. Il s’agit d’ailleurs du premier groupe à utiliser plusieurs lumières simultanément afin de donner l’impression de virevolter dans une bulle multicolore.

Le psychédélisme de Pink Floyd passe aussi et surtout par le visuel. De petites salles écumées avec quelques lumières, les voilà sur les plus grandes scènes du monde avec un lightshow des plus impressionnants. Des écrans géants diffusent des bribes de clips, des images, des visages. Un mur est même construit sur scène durant The Wall. Pink Floyd ne fait pas dans la demi-mesure. Plus de 5,5 millions de personnes auront, par exemple, assisté à la tournée A Momentary Lapse of Reason, des chiffres explosifs qui font du groupe anglais l’une des formations les plus emblématiques de ces 50 ans dernières années.

Voir grand pour marquer le public

Cette folie des grandeurs contraste pourtant avec la simplicité qui se dégage de l’exposition. On la traverse émerveillé, presque de manière candide, en profitant du spectacle. L’histoire du groupe, de sa construction à son dernier souffle, de ses membres, des instruments, de l’entourage du groupe et, finalement, de la musique en général se déguste au fil des pas, jusqu’à une dernière salle où, assis à même le sol, le spectateur profite d’un écran qui l’entoure entièrement. Comfortably Numb et Arnold Layne se chargent alors de dire au revoir aux spectateurs, couchés et les yeux fermés, se délectent une dernière fois de cette musique si particulière.

Si Johnny Rotten, chanteur des Sex Pistols, avait déclaré « I hate Pink Floyd », affirmant par-là que Pink Floyd nuisait au punk, un genre chaotique qui ne nécessitait que peu de talent, c’était bien pour souligner que le quatuor britannique exprimait une musique intelligente, sophistiquée et esthétique. Rotten finira par admettre aimer le groupe. Cette distinction des genres est sans doute ce qui saute le plus aux yeux du visiteur de l’exposition, comme s’il n’arrivait finalement pas à classer Pink Floyd. Serait-ce alors une musique intemporelle ? Peut-être. Unique, à n’en pas douter.

 
Auteur:
Jorris

Personne ne sait véritablement ce que je fais dans cette rédaction à part râler sur Yannick. Sinon, j’attends le comeback d’Elvis Presley.

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