Pink Floyd – Atom Heart Mother fête ses 46 ans

JorrisPar Jorris  •  9 Oct 2016 à 16:38  •  Magazines  •   15 views

« Atom Heart Mother » et sa pochette énigmatique ont fêté en ce début d’octobre leurs 46 ans d’existence. Cet album particulier de Pink Floyd est sorti le 2 octobre 1970, de quoi nous rappeler que la musique reste intemporelle.

Je n’ai quasiment jamais parlé de Pink Floyd dans mes quelques chroniques alors même qu’il s’agit de mon groupe préféré, toutes époques et albums confondus. La raison était simple, je ne voulais pas écrire un article de « fanboy » seulement pour vous dire que c’est génial et qu’on devrait tous écouter Pink Floyd plus souvent. Je déroge aujourd’hui à cette règle pour vous donner l’envie de (re) découvrir l’un des albums les plus énigmatiques de ces 50 dernières années. « Atom Heart Mother » a fêté ses 46 ans et franchement, c’est assez dingue de voir qu’un album a un certain âge. Pensez-y en regardant vos vinyles qui traînent: ils ont vécu, ont connu des époques particulières, différentes de celle que nous vivons aujourd’hui. Ils sont sortis dans des contextes politiques et musicaux eux aussi aux antipodes de ce que nous connaissons. Pourtant, la musique qui les habite traverse ces moments et continue de nous accompagner, année après année.

Je me suis donc mis à réécouter « Atom Heart Mother » ces derniers jours et si cet album m’avait déjà frappé par sa pochette qui ne définit rien, n’explique rien et n’a, a priori, aucun rapport avec les propos des chansons, l’ambiance qui se dégage m’a encore une fois épatée. Cette vache d’abord, de dos et qui tourne sa tête vers nous avec une sorte de dédain me fait toujours penser à cette nature qui n’a cure de l’observateur mais tolérant sa présence. C’est ce rapport que je comprends, que je vois et que j’entends dans « Atom Heart Mother« . Pas de nom d’album d’ailleurs ni même du groupe sur la pochette du vinyle, rien, à l’exception de cette vache, d’une prairie verdoyante et de cette présence animale marquée par ces tâches brunes. Et pourtant, il s’agit probablement d’une des pochettes les plus connues et reconnaissables entre mille. Cette simplicité voulue par Pink Floyd ne se traduit pas forcément dans la musique d’ « Atom Heart Mother« .

23 minutes, c’est la durée de la face A nommée communément ‘Atom Heart Mother’. 23 minutes, différents actes, une alternance entre des passages instrumentaux et vocaux, un pic atteint après 15 minutes de montée, des cuivres qui relancent la machine, un orchestre symphonique et surtout la présence du musicien Ron Geesin, l’homme principal derrière ce morceau. ‘Atom Heart Mother‘ n’est donc pas un titre composé par Pink Floyd mais plutôt arrangé par un musicien externe au groupe. Malgré cela, de « Floydien », ‘Atom Heart Mother‘ a tout pour l’être et dispose de tous les attributs. 23 minutes, c’est la durée de ce premier morceau, de cette écoute qui peut en rebuter certains mais qui une fois lancée ne laisse plus de doute quant à la magie qui s’orchestre. Se laisser porter par cette face A, c’est entrer dans toute la puissance d’ ‘Atom Heart Mother‘ avec cette fin en apothéose, cette résurgence du cœur venant emballer ces dernières minutes et cette conclusion phénoménale.

À peine le temps de retourner la galette et de s’en remettre que la voix doucereuse de Roger Waters interpelle avec le titre ‘If’. Deux lettres, une musique simple, calme et aux paroles poétiques. L’enchaînement avec ‘Summer 68‘, sans doute l’un des titres les plus marquants de ce 5ème album, se fait naturellement. ‘Summer 68‘ est écrite et chantée par Rick Wright, le claviériste du groupe, et il s’agit du dernier titre qu’il a composé pour Pink Floyd. Je pourrais m’étaler sur Wright et sur son rôle important au sein de Pink Floyd, mais le propos serait évidemment hors-sujet. Il est donc préférable de l’écouter simplement.

« Atom Heart Mother » est un album aux sonorités plutôt douces et si les quelques guitares du titre précédent détonnent un peu avec l’atmosphère, le morceau suivant remet tout de suite les pendules à l’heure. Fat Old Sun’ composée et chantée par David Gilmour, s’approche d’une petite balade que l’on écoute gentiment posé au bord de mer, le soleil se couchant, les pieds chatouillés par l’eau venue jusqu’à nous. On repense alors à ces moments pénibles, ces défaites, ces amours perdus tout en s’étonnant de voir le soleil se coucher encore, toujours. ‘Fat Old Sun‘ conclut brillamment cette première partie de la face B. Le dernier morceau, ‘Alan’s Psychedelic Breakfast’, est probablement le titre le plus énigmatique du monde. On y entend un homme préparer son petit déjeuner, se faire des œufs et du bacon, le tout par-dessus une mélodie en trois mouvements. Si à l’écoute aujourd’hui rien ne nous paraît extraordinaire, à l’époque la prise de son était avant-gardiste. Le travail sur le son et sa captation, souvent réalisé par un autre monsieur dont je vous reparlerai probablement, Alan Parsons, montre encore une fois que Pink Floyd n’a pas juste fait de la musique mais a aussi aidé à développer de nouvelles techniques d’enregistrements.

Si le Alan de ‘Alan’s Psychedelic Breakfast‘ peut se référer à Alan Parsons, il s’agit en réalité de Alan Stiles, une des nombreuses personnes qui accompagnaient le groupe dans ses tournées. La musique, elle, a été composée par tous les membres du groupe et varie durant les 13 minutes de sa durée, passant d’un début un peu chaotique à une petite balade à la guitare que l’on aurait très bien pu retrouver sur « Ummagumma« , l’album précédent. La conclusion d’ « Atom Heart Mother » se fait ainsi sur le bruit de bacon qui frit et d’une nouvelle montée progressive de la musique venant éclipser petit à petit ces sons d’ambiance. Un titre particulier à l’image de l’album et qui dégage une certaine beauté mélancolique.

Atom Heart Mother a eu 46 ans et a marqué dans l’histoire de Pink Floyd la fin d’une époque très psychédélique. Un album avec une pochette particulière et des titres pas forcément faciles d’accès, complexes, mais qui suggèrent une atmosphère et un propos uniques.

 
Auteur:
Jorris

Personne ne sait véritablement ce que je fais dans cette rédaction à part râler sur Yannick. Sinon, j’attends le comeback d’Elvis Presley.

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