Paléo 2018: un jeudi avec des multiprises en cascade

JorrisPar Jorris  •  22 Juil 2018 à 07:00  •  Festivals  •   153 views

Après une soirée enflammée mercredi, une prestation de haut vol de la part de The Killers, on a passé un jeudi bien chaud. Oui, on va parler météo, et un peu musique également. 

On se réveille gentiment à 8h. C’est tôt 8h mais on ne peut pas faire autrement, il fait facilement 45° dans la tente, et nos petits corps transpirants de bières n’en peuvent déjà plus. La fatigue est déjà extrême alors même qu’il s’agit de notre première nuit. Courte nuit. Sommes-nous trop vieux pour ces conneries ? Sûrement.

En plus de ça, on a eu la joie merveilleuse de découvrir que le lieu où nous avions posé nos quartiers au camping était également celui du départ de la fameuse et tristement célèbre « Goa du Paléo ». Cette Goa, tous les festivaliers la connaissent. Elle emmerde, elle fait chier, elle t’empêche de dormir, le son est horrible, la qualité est nulle, le rythme est beaucoup trop stressant pour que ton cerveau se calque dessus. Tu finis par t’endormir, épuisé, dans le dur. Tu maudis ces types, sûrement des bénévoles engagés pour « animer » traditionnellement la soirée au camping. Du moins c’est ce qu’on s’est dit. On ne voit pas d’autres explications.

Mais si la nuit a été horrible, la journée, elle, sera basée sur la camaraderie, la sandwicherie, le rire et les multiprises. Après une petite balade à Nyon, quelques photo de touristes, un sandwich à l’apparence excellente (mais dégueulasse en fait), Glenn et moi allons joyeusement à la fameuse piscine, l’endroit où les festivaliers vont récupérer, se doucher, se reposer et charger leurs téléphones. Préparé comme jamais, Glenn dispose d’une multiprise qui va faire le bonheur de tout le restaurant. Vraiment.

On en était presque à penser que toute l’installation de la piscine reposait uniquement sur cette multiprise. On s’est également fait un ami « ingénieur » qui a réalisé une jolie prestation en nous faisant la théorie qu’il ne fallait pas mettre de multiprises en cascade, ça ralentit le processus de charge. Okay mec. Au-delà de ces considérations électroniques, on se fait plaisir en rigolant et en lisant Football Factory de John King. On apprend notamment qu’à Coventry, on ne sait pas se battre correctement. Un livre instructif sur les ravages du hooliganisme qu’on vous conseille, rien que pour sa première page d’anthologie.

Après toutes ces péripéties, on est reparti direction le camping pour un petit apéro à deux à boire des « Jamaïcaines », mélange de bières tièdes et de bières chaudes. Et puis finalement, direction le festival et ses stands de nourriture. Il faut bien avaler un truc sinon ça va pas le faire. Ce jeudi, nous n’avions pas vraiment de plan ni de concerts à véritablement voir, en dehors de Gorillaz. Alors on s’est baladé en touristes, on a rencontré un altermondialiste qui m’a fait la théorie que la philosophie ne s’apprenait pas dans les livres, ce à quoi j’ai répondu qu’à peu près toute l’histoire de l’humanité dépendait des livres mais que ouais, peut-être, le port du sarouel offrait des vertus intellectuelles inespérées. Sinon, au village du monde, le thème était très recherché: Europe du Sud. On était donc plutôt en terres connues.

Côté musique, on a regardé Nekfeu mettre le feu (bah.. au point où j’en suis là, vous m’excuserez). Un concert solide, plein d’énergie, de générosité et de paroles parfois dépassant ma capacité de compréhension. Je ne suis pas très rap, vraiment, mais sur ce coup, Nekfeu a su remplir son contrat à la perfection, poussant le public à s’exprimer, donnant lieu à une jolie prestation. Après toutes ces émotions de la grande scène, on s’est déplacé pour 47SOUL, une jeune formation palestinienne. Si les membres vivent principalement à Washington, leur musique, elle, s’étend dans le monde entier. Proposant un concert entre tradition et électro, 47SOUL a su charmer le public de paléo et le faire danser le dabke.

On a donc suivi, on a dansé, on a bougé, et on s’est pris à rêver d’un monde meilleur. C’était beau, excitant et frais. Pas comme nous, qui étions bien entamé au niveau de la résistance. Heureusement, le dernier gros concert, celui qui m’avait, à titre personnel, motivé pour rester ce jeudi, allait être bien. Gorillaz a conclu cette soirée avec brio. Solide en défense, proposant un jeu d’attaque parfois brouillant mais efficace, le groupe plus si virtuel que cela, m’aura permis de gueuler « I ain’t happy, I’m feeling glad I got sunshine in a bag » et de revivre une jeunesse passée à écouter Demon Days. Enchaînant les titres comme un membre du murduson enchaînant les apéros, Gorillaz a su garder la maîtrise de son sujet presque à la perfection. Presque, parce qu’il aura manqué un peu de folie, un peu plus de chœur (non mais où est passé l’enchaînement ‘Don’t Get Lost in Heaven‘ et ‘Demon Days‘ ?) malgré la qualité artistique indéniable de Damon Albarn. Au final, le constat est simple: il s’agissait d’un énorme concert mais là où Gorillaz est vraiment excellent, c’est lorsqu’il arrive à être plus intimiste et moins dans la surenchère de sonorités, chose qui aura finalement manqué quelque peu.

Après tout cela, nous sommes allés faire l’after, le soleil s’est alors levé sur nos visages ébahis. Et puis on est allé affronter le camping, la Goa, les jeunes socialistes posés à côté de nous et la chaleur déjà présente. C’était ça aussi Paléo. C’était surtout ça.

 

Paléo Festival

Nyon

17 au 22 juillet 2018
 
Auteur:
Jorris

J’ai changé. Maintenant au lieu d’écouter de vieux vinyles de rock, j’écoute de nouveaux vieux vinyles de rock. Franchement, j’ai changé

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