Orchestre Tout Puissant Marcel Duchamp: « Fuck art, let’s dance »

RaffaelePar Raffaele  •  22 Juil 2015 à 15:09  •  Live  •   2 views

Après un fabuleux concert au Dôme dans l’après-midi de ce mardi, nous avons rencontré deux membres d’Orchestre Tout Puissant Marcel Duchamp : Vincent, contrebassiste et fondateur du groupe, et Maël, guitariste.

Espace de presse du Paléo, nous retrouvons deux gaillards de l’Orchestre Tout Puissant Marcel Duchamp vers 22h30. Après un fabuleux concert au Dôme, ils reviennent sur une décennie d’existence, le succès presque inattendu, mais ô combien mérité de la formation. Depuis leurs débuts dans les lieux alternatifs, Vincent et Maël font le point non sans humour.

Après presque 10 ans d’existence, quelle est la suite ?

On fête nos 10 ans l’an prochain. Notre envie serait de faire au moins un concert avec un grand orchestre, entre 12 et 15 musiciens. C’est une idée obsessionnelle depuis le début du groupe et tentera le coup quoiqu’il arrive. Notre groupe est né sur une « carte blanche » à la Cave 12, un ancien squat à Genève. Chaque mois, un musicien ou comédien avait carte blanche sur scène. J’y ai invité des musiciens, la même formation qu’aujourd’hui. Cela s’est merveilleusement bien passé et nous avons décidé de former l’Orchestre Tout Puissant Marcel Duchamp.

Quel est le bilan aujourd’hui ?

Depuis la sortie de l’album, on s’approche de la 100e date. On va faire un gros break cet automne, pour se changer les idées, puis se retrouver pour enregistrer un nouveau disque. On a toujours pas mal été sur la route, avec pour certains des musiciens des jobs à côté. Progressivement, chacun s’est organisé pour se rendre disponible. Notre succès va bien au-delà de tout ce que l’on imaginait, le disque a été très bien reçu par le public et les critiques. Avant, nous étions à une moyenne de 30 concerts par an. Sur 365 jours, c’est peu !

Vous êtes presque toujours en tournée depuis 2007. Toujours sur la route, c’est la vie de rêve ou l’enfer ?

C’est la vie de rêve ! Bien sûr, il y a aussi de la fatigue et de la lassitude, mais on s’étonne régulièrement de la chance que l’on a. Bon, nous sommes un groupe de « vieux », et cela n’arrive pas souvent dans la vie d’un musicien d’avoir une corrélation positive entre la musique que l’on aime jouer et les musiciens avec lesquels on joue. C’est éprouvant au niveau des distances à parcourir, mais il y a vraiment cette joie commune de se retrouver. Chaque concert qui marche, quand le public devient hystérique, c’est aussi un carburant pour nous.

Votre plus beau souvenir d’une salle, d’un public ?

C’est comme un collage de super souvenirs, plein de concerts et de moments différents. Il n’y a pas un pays qui se détache d’un autre. Cette année, on a eu la chance d’être invités dans un festival en Macédoine et deux dates au Portugal. Pour le groupe, c’est un cadeau ultime. En Allemagne, on a commencé dans des lieux très alternatifs, et maintenant nous sommes attendus, c’est vraiment une chance.

Pourquoi « Orchestre tout puissant », et pourquoi Marcel Duchamp, le célèbre artiste ?

Premièrement, c’est une blague, on voulait faire un nom super long pour emmerder les affiches. Il s’agit aussi de mettre ensemble un aspect de festif et le côté conceptuel intello. D’une part, quelque chose qui s’adresse au corps et à la fête, et d’autre part, quelque chose qui s’adresse au mental.

Est-ce que, comme pour l’art, votre musique se veut engagée ou est-ce qu’elle se suffit à elle-même ?

Je prendrais une petite citation écrite sur l’un des woodblock du batteur : « Fuck art, let’s dance ». Quand je vois sur scène ou quand j’écoute un disque de certaines musiques dites engagées, je n’y crois pas une seconde et cela m’emplit d’une tristesse infinie tellement je trouve cela bidon et démagogique. A l’inverse, certains groupes n’ont pas d’engagement dans les textes, mais plutôt dans leur présence et dans l’énergie déployée. Ils sont beaucoup plus contestataires dans ce sens.

Je trouverais super prétentieux de dire que notre musique est comme ceci ou comme cela. De temps en temps, nous allons jouer dans un endroit particulier : c’est notre forme d’engagement. Nous avons joué dans un foyer d’accueil de migrants à Genève récemment. Lorsque l’on sent que notre concert produit un déferlement de joie, c’est une sensation extraordinaire.

La traditionnelle question à la con : est-ce qu’à Genève, on s’emmerde ?

Genève est en train de rater plein de trucs par rapport à Lausanne pour les propositions de concert. En même temps, il y a une bonne énergie à Genève et plein de groupes. Depuis que la Cave 12 a sa propre salle, cela draine un nouveau public, une nouvelle énergie. Cela dit, Genève se repose un peu sur ses lauriers et n’apporte pas les soutiens là où il faudrait. Il y a d’anciennes structures qui ronronnent et ne proposent plus de groupes locaux. Pas de noms, je ne veux cracher sur personne !

Raffaele

J’ai grandi dans les années 90, mes influences sont un vrai patchwork musical. J’apprécie selon l’humeur un gros beat electro, un flow hip hop ou l’effervescence d’un concert de rock. ‘Faut que ça groove !

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