Lemonick et Gertrude Tuning: « Mon nom de scène? On dirait un nom de Pokémon »

RaffaelePar Raffaele  •  23 Juil 2015 à 16:07  •  Live  •   3 views

Ce mercredi à 22h15, nous avons rencontré Lemonick, jeune producteur électro Veveysan et son acolyte VJ Gertrude Tuning. Avant leur concert au Détour, ils nous ont reçus pour une interview précédée d’un shot de vodka de bienvenue.

Photo: Paléo / ETAP

Assis au fond d’un canapé en train de rire, boire des coups et fumer des clopes, nous retrouvons Lemonick et Gertrude Tuning. Étranges noms de scène, mais très sympathiques personnes!

Qui êtes-vous? D’où viennent vos noms de scène ?

Nicolas Baillie, Lemonick, je viens de Vevey, j’ai 20 ans et cela fait 6 ans que je mixe et produit de la musique. Je le regrette, mais je ne me souviens absolument pas d’où vient mon nom de scène ! On dirait un nom de Pokémon en fait.

Jess, Gertrude Tuning, je viens du sud de la France et vis depuis plusieurs années à Genève. Je suis VJ depuis 2010. Gertrude Tuning, c’est parce que je fais du tuning d’image, j’aime avoir un nom kitsch et je voulais faire du kitsch dans mes images.

Ce soir, vous vous produisez ensemble. D’où vient votre collaboration ?

Lemonick: Nous avions fait une soirée au Mouton Noir à Fribourg, il y a 3 ans. J’avais remplacé à la dernière minute quelqu’un qui devait jouer. C’est là que l’on s’est rencontrés. Mes deux premiers morceaux sont sortis en 2013, ‘Express‘ et ‘Clamps‘. À une période, Laurent Garnier a même joué ‘Express‘! Depuis, nous avons fait quelques soirées ensemble, notamment à l’Usine et au Rocking Chair de Vevey.

Lemonick, ta biographie indique que tu as découvert les musiques électroniques à 14 ans. Quel est ton premier souvenir d’electro ?

Lemonick: Quand j’avais 14 ans, j’écoutais plutôt du rock et du hip-hop, je faisais aussi du skate. Des grands frères et sœurs de potes à moi commençaient à écouter des musiques électroniques. En 2009, j’avais 14 ans, nous sommes allés avec mes potes au Chocolate Festival à Lausanne. Peu après, nous avons été à Electrozanne, c’était la 5ème édition. On a découvert ce qu’était la musique électronique et ça m’a beaucoup plu. Du coup, j’ai piraté Virtual DJ et Fruity Loops, et commencé à produire. Au début, c’était juste pour me marrer, puis cela s’est enchaîné depuis 6 ans.

Aujourd’hui, quelles sont vos inspirations ? Vos références en musique électronique ?

Lemonick : Tout ce qu’il se passe en Angleterre, cela représente 90% de mes écoutes. On appelle cela « bass music », même si c’est un terme un peu général. Au niveau des labels, c’est Night Slugs surtout. Mes références sont dans la dubstep, le grime, la jungle. Aux États-Unis, j’apprécie les mouvements comme le Jersey ou le Baltimore, sans oublier le hip-hop en général. J’aime beaucoup de choses, mais j’écoute surtout cette niche depuis 1 an et demi. Mon premier EP était très techno-house, mais j’essaie d’évoluer dans les styles.

Gertrude Tuning : J’ai découvert l’électro il y a longtemps avec la jungle, j’étais complètement hallucinée de découvrir un mouvement musical complet. Sinon, j’écoute pas mal de french touch et d’électro, mais je n’ai pas la fibre musicale malgré mes efforts. Je suis plutôt douée pour les images en fait. À l’Usine il y a 8 ans, j’ai découvert un milieu plus underground de la musique électronique, notamment au Zoo. En tant que VJ, j’improvise sur ce que fait le DJ ou le groupe que j’accompagne pour être dans le rythme et dans la même couleur que sa musique.

Dans ‘Rooftop‘, tu utilises un sample de flingue qui tire. Pourquoi ?

Lemonick : Il n’y a pas de raison particulière, c’est un son comme un autre. Quand je fais de la musique, je ne pars pas avec une idée en tête. Pour celui-ci, j’ai commencé avec le synthé et continué avec ça. Il y a aussi un sample très connu du film Trading Places dans ce morceau. En fait, je ne me pose pas forcément la question du message, cela ne m’a jamais vraiment parlé. Avec la musique répétitive de club, je ne vois pas l’intérêt de mettre un message particulier, les gens ne viennent pas là pour ça.

Êtes-vous plutôt format numérique ou plutôt vinyle ? Est-ce que le CD a encore de l’avenir dans l’électro d’après vous ?

Lemonick : J’achète de temps en temps des vinyles, mais seulement ceux que j’aime vraiment. J’ai arrêté pour une question d’argent, on en dépense vite beaucoup ! Mixer vinyle c’est sympa, mais je le fais uniquement chez moi. En club les platines déconnent souvent. Si le CD disparait demain, cela ne me pose aucun souci !

Gertrude Tuning : C’est un faux débat, c’est comme la différence entre un bouquin et un Kindle : ce qui compte, c’est que les gens continuent à écouter de la musique, peu importe le support. Les CDs aujourd’hui, c’est mort: les ordinateurs n’ont même plus de lecteur ! Il se raye vite et tu l’abimes encore plus vite dans ta bagnole. Un vinyle, cela coûte cher à produire, mais c’est un luxe et l’objet reste dans la postérité.

Raffaele

J’ai grandi dans les années 90, mes influences sont un vrai patchwork musical. J’apprécie selon l’humeur un gros beat electro, un flow hip hop ou l’effervescence d’un concert de rock. ‘Faut que ça groove !

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