Oxmo Puccino, le maître d’harmonies

AlexPar Alex  •  25 Mar 2016 à 16:12  •  Live  •   0 views

Les générations se rencontrent et les genres musicaux s’entrechoquent lorsque Oxmo Puccino impose son style propre et limpide en live. Il n’a pas dérogé à la règle lors de son passage à la Case à Chocs de Neuchâtel le 24 mars 2016.

Les ingénieurs du son dandinent la tête dès les premiers morceaux tandis qu’un quadragénaire grisonnant boit discrètement sa bière contre un poteau de la salle. La Case à chocs est pleine ce jeudi 24 mars – ça fait plaisir – et le maître de cérémonie français prend le contrôle qu’il ne relâchera pas jusqu’à la dernière rime.

Il invite le public neuchâtelois à se convertir à la slow life et puis les harangue à kiffer la vibe en s’autoproclamant enfin rappeur de l’amour. Les discussions sont encore vives durant le premier quart d’heure. C’est parfois désagréable tout comme le son qui n’est pas encore bien réglé. Ce qui changera dans les cinq minutes suivantes et permettra d’apprécier toute la musicalité des productions et des paroles d’Oxmo Puccino. Il y a par ailleurs ces voix fatiguantes – celles qui parlent trop fort et n’écoutent pas un seul instant le concert – qui se tairont heureusement par la suite. Il crieront même à la gloire du rappeur à l’habit bleu et élégant.

Les morceaux s’enchaînent et les jeunes retardataires arrivent pour enfin découvrir monsieur Ox’ en chair et en os. Le mélange des générations donne aux concerts du rappeur à la plume délicate une harmonie intergénérationnelle qui fait toujours du bien à voir et à vivre. Les adolescents balancent les mains dans tous les sens et passent devant le quadragénaire, appuyé à présent sur une caisse près des ingénieurs du son et secouant de plus en plus la tête. La magie opère lorsque Oxmo Puccino prend la parole et fait preuve d’autodérision en affirmant qu’il faut savoir ennuyer le public pour pouvoir mieux le surprendre ensuite. C’est que c’est vrai !

Le live est maîtrisé et monte en crescendo. Les lumières s’agitent au rythme des beats qui deviennent de plus en plus dansants et évoquent parfois le zouk. C’est la fête et tout s’arrête dans la joie commune avec ‘1998’. Ox’ fait évidemment les classiques comme ‘L’enfant seul’ ou ‘J’ai mal au mic’ qui sont parfois méconnaissables tellement ils ont été réarrangés. L’homme aux cheveux gris semble murmurer quelques mots lorsque Oxmo Puccino interprète le merveilleux ‘Soleil du nord’ et ce n’est pas le seul à chantonner.

Ce concert montre une fois de plus toute l’agilité et la souplesse du flow d’Oxmo Puccino qui glisse facilement d’un instrumental funky à l’egotrip bien moins musical. Il est comme le poète qui écrit une simple rime et touche pourtant immédiatement droit au cœur. Les derniers morceaux confirmeront encore la capacité du rappeur français à réunir toutes les générations dans une même salle. L’homme aux cheveux gris n’est plus seul contre le poteau mais discute avec un adolescent en se souvenant peut-être déjà d’avoir vécu un moment unique.

Je dépose ma bière, j’applaudis, je crie, j’admire, je danse et je suis heureux. Merci champion ! Merci la Case à Chocs !

 
Auteur:
Alex

De Brel à Fink en passant par Louis Armstrong et Sigur Ros, voilà ceux qui me marquent et touchent. La musique doit être un voyage, un envol et un rêve. Réveiller l’âme. Veiller l’être. Dévoiler le cœur.

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