OTPMD XXL: « Oui effectivement, ça demande une sacrée organisation »

GlennPar Glenn  •  19 Juin 2018 à 10:16  •  Festivals, Interviews  •   77 views

Vincent Bertholet, contrebasse et meneur de l’Orchestre Tout Puissant Marcel Duchamp XXL a eu la gentillesse de s’asseoir avec nous après son concert dimanche après-midi à Festi’ Neuch.

L’Orchestre Tout Puissant Marcel Duchamp s’est mué en XXL, avant vous étiez six et maintenant vous êtes à quatorze sur scène. Cela doit demander une sacrée organisation?

Vincent Bertholet: Oui effectivement, ça demande une sacrée organisation. J’avais toujours voulu faire ça depuis les débuts du groupe, il y a ça plus de 10 ans. On s’est arrêté à six et c’était déjà très compliqué. Il m’a fallu donc 10 ans pour apprendre à gérer un groupe et organiser tout ça. J’ai profité du 10ème anniversaire pour amener un peu du monde et c’était plutôt des gens qui étaient déjà passé dans le groupe. Certains avaient quitté pour faire des voyages. Par la suite, tout le monde est revenu. Effectivement, ça demande beaucoup d’organisation parce qu’il faut s’y prendre tôt.

Tu es un peu le coordinateur du groupe du coup?

V.B: Ouais on peut dire ça! Je compose également la musique.

Est-ce qu’il y a que toi ou il y a aussi d’autres personnes de l’orchestre qui prennent part à la composition?

V.B: Là à quatorze c’est difficile de composer à plusieurs. Donc c’est moi qui écrit la musique, il y a juste pour les guitares et la batterie que c’est un peu plus ouvert. Il y a peut de débat, sinon c’est vite le bordel! (rires). Je suis autodidacte. Je n’ai pas de formation de compositeur mais quand je compose je pense vraiment à chacun et laisser de l’espace pour qu’on puisse entendre tous le monde. Parce que les guitares électriques par exemple, en un accord elles peuvent tout couvrir. C’est une question d’équilibre. J’ai appris à faire ça sur le tas, avant je jouais dans des groupes punk où je faisais de la guitare et de la basse électrique. Quand j’ai commencé la contrebasse j’avais 25 ans, je l’ai appris par le jazz.

La rencontre avec toutes ces personnes ça s’est fait comment?

V.B: Eh bien ça s’est fait au fur et à fur. Sur les six du premier concert, il en manque deux. Mais il y a en quatre du groupe d’origine. Après il y a toujours eu du changement. Ce sont des gens qu’on croisent en tournée comme les anglais de l’orchestre, il y a pas mal de gens de Genève. C’est en somme 10 ans de rencontres.

Vous avez un style de musique qui a permis aux médias de vous donner tous les noms possible genre j’ai lu dans l’Express (France) un assez marrant: trans-pop-punko-jazzy-worldo-minimalisto-répétitive généreuse et réjouissante!

V.B: (rires) ouais c’est bien!

Et on a aussi fait le rapprochement avec le dadaïsme!

V.B: Ouais on nous a collé là-dessus à cause de Marcel Duchamp, artiste du XXème siècle qui a toujours refusé toutes les étiquettes et du coup, C’est ce qu’on a cherché à faire afin de ne pas entrer dans une chapelle ou dans une autre. Moi j’écoute beaucoup de choses différentes: La musique africaine, la musique contemporaine, du jazz, du pop, du punk… En fait, j’essaye de retranscrire tout ça dans ma musique.

Y a t-il un instrument que tu apprécies particulièrement?

V.B: Si je devais en dire un, ce serait le marimba. À la base, le but c’était de faire un groupe de rock avec de la marimba. C’est un peu le symbole. Cela dit, l’autre idée importante c’est qu’il n’y a pas de hiérarchie. Donc il n’y a pas d’instruments au-dessus l’un des autres. Il y a très peu de solos quasiment, pas comme le jazz par exemple. Pour moi c’est vraiment important que tout le monde soit au même niveau. C’est parfois dur pour les égos! (rires). En même temps, les gens savent très bien dans quoi ils s’engagent. Quand on a commencé avec la formule à six, on avait toujours l’habitude de débattre, mais à quatorze de nouveau c’est très vite compliqué. Après il y pas de vérité, c’est comme je le pense. Bien sûr, lorsque il y a des moments où ça coince on discute.

Dans l’orchestre certains instruments sont doublés? Est-ce un hasard?

V.B: C’est pas hasard. En fait, vu que ça a toujours bougé de musiciens dans le groupe de six. Dès lors, ça toujours été les mêmes instruments. Du coup, lorsque il y a ceux qui sont revenus, ils ont toujours joué le même instrument. Je me suis tant pis, on va doubler et j’aime bien ça, parce que un trombone par exemple, ce n’est pas la même chose que d’avoir deux trombones. Dans le son et dans le grain, c’est assez chouette!

Sur scène, on peut constater une volonté de clairement partager une énergie…

V.B: Oui, pour ma part je fais de la musique pour faire danser le gens et les personnes que j’ai choisi pour l’orchestre aiment ça. Ils aiment faire la fête et danser. C’est important pour le groupe.

Vous avez sorti en avril « Sauvage Forme » sur Bongo Joe Records, est-ce que à l’avenir il y a une volonté d’expérimenter une autre manière de faire la musique, vue la formule à quatorze?

V.B: On va continuer comme ça à quatorze, ça c’est sûr. C’est la première fois que je composais vraiment, du coup ça m’a ouvert plein de portes. Pour moi c’est un peu le début du truc. Je sais beaucoup mieux faire de la composition qu’il y a deux ans quand j’ai commencé à le faire dans mon coin. J’ai envie de poursuivre dans cette voie là jusqu’au prochain disque. Après on ne sait pas! (rires).

Et quand vous enregistrer un album ça se passe comment? Vous louez un chalet (rires)?

V.B: (rires) Oui alors c’était un studio en Angleterre qui était immense. Les Real World Studios fondé par Peter Gabriel (ex-Genesis). C’est vraiment super beau, il y a différentes pièces et ça se trouve dans la campagne anglaise. On a tout enregistré là et on jouait tous en même temps. C’était speed parce qu’on a fait ça en cinq jours et c’est très cher. Mais l’endroit est super!

 

Festi’ Neuch

Neuchâtel

Dimanche 17 juin/15h00/Lacustre
 
Auteur:
Glenn

N’aimant pas particulièrement la musique, j’ai été catapulté ici par hasard et au-delà de ma volonté. Préférant l’austérité à la frivolité du spectacle de la débauche auditive, je compte les jours qui me permettront à long terme de devenir sourd. Le vacarme m’étant insupportable.

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