Orelsan – « La Fête est finie »

PatrickPar Patrick  •  12 Déc 2017 à 09:33  •  Albums  •   260 views

Attention, album réservé aux vieux cons de plus de trente ans et déjà blasés de la vie! Tel est le message qui aurait dû avertir le futur auditeur. Cinquante minutes après avoir osé lancer la bête, un sourire béat s’affiche et l’envie irrésistible de réécouter ce petit joyaux se fait ressentir.

Comment se définir comme un homme, mâle, aujourd’hui? Telle semble être la question à laquelle à tenter de répondre Orelsan dans son dernier album « La Fête est finie ». Le même genre de questions que se posent les trentenaires déboussolés par le rythme effréné d’un quotidien toujours plus fou où il est difficile de faire sa place. Et il le fait à merveille. Entre amour d’un soir et amour de toujours, fête de famille et soirée entre amis, vie d’adolescent et vie d’adulte, les thèmes sont multiples et les rimes touchent juste, toujours plus juste.

Je n’ai jamais été tellement fan de la prose du Français que ce soit en solo ou avec les Casseurs Flowters. Mais « La fête est finie » m’a retourné. Dès la première écoute les paroles m’ont parlé, à moi, le trentenaire qui cherche toujours sa place. Orelsan frappe fort et avec une précision redoutable. Dans son cynisme habituel, il juge la société, se juge lui et nous juge tous. Personne ne peut être insensible à son flow. Dans la forme aussi le Normand a évolué et quitté les refrains un peu trop surjoués de ses anciens albums pour du brut en adéquation avec ses rimes. Un travail minutieux et aussi tranchant que le premier single de l’album: ‘Basique’.

Son univers est le nôtre et le nôtre est le sien. Quand il raconte sa ville (Alençon) dans ‘Dans ma Ville, on Traîne’ on a l’impression qu’il s’est approprié celle dans laquelle nous avons grandi. Rendre sa fête de famille aussi pourrie que celle qu’on connaît tous un dimanche dans l’année dans ‘Défaite de famille’. Orelsan parvient même à nous rendre jaloux en écrivant la déclaration d’amour que nous aurions tous rêvé ne serait-ce qu’ébaucher avec ‘Paradis’. Il garde aussi son côté sombre dans l’ouverture ‘San’, dans ‘Quand est-ce que ça s’arrête’ et, finalement, ‘Notes pour plus Tard’ qui boucle la boucle.

Six ans après son dernier album solo, Aurélien Cotentin, de son nom civil, a pris le temps pour poser les mots sur ses erreurs passées, ses certitudes présentes et ses peurs du futur. « La Fête est finie » tombe systématiquement bien et parvient à surprendre ceci même après une vingtaine d’écoutes. J’ai trouvé dans cet opus l’Orelsan que j’avais envie de rencontrer. Sans conviction avant de tenter l’expérience me voilà heureux de m’être jeté à corps plongé dedans. Bravo Monsieur Orel.

 

« La Fête est finie »

Orelsan

20 octobre 2017
 
Auteur:
Patrick

Un jour je chasserai la marmotte. En attendant j’écris bénévolement des articles sur des groupes obscurs pour me payer l’attirail nécessaire afin de réaliser mon rêve. La vie, c’est pas facile.

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