Open Air Gampel 2018: iischi party, même pour les welsches

LouisPar Louis  •  14 Août 2018 à 16:08  •  Festivals, Live  •   126 views

Talonnant le Paléo en termes d’affluence quotidienne, l’Open Air Gampel fournit une alternative intéressante aux classiques de l’été en puisant son exotisme de son visage tourné vers le monde germanophone.

Au milieu des montagnes, dans une contrée où le français s’est effacé devant des idiomes plus barbares, le festival open air de Gampel prend ses quartiers. Là où les amateurs du Gurten sont plutôt des festivaliers d’un soir, et où le Frauenfeld se distingue par une programmation concentrée hip-hop, le Gampel fait le mieux office de Paléo suisse allemand, lui aussi d’ailleurs fort d’un camping à l’ambiance réputée. Une des raisons de son succès est probablement son approche tout-public, qui transparaît à travers des têtes d’affiche pas folichonnes: Macklemore, on aurait préféré le voir à l’apogée de sa gloire avec Ryan Lewis, plutôt que portant un ‘Gemini‘, sorti en septembre 2017, pas renversant. The Chemical Brothers, plutôt ennuyeux en studios, propose certes chaque fois des lives assez puissants, mais leur longévité dans le circuit diminue le sex-appeal. On pourrait en dire à peu près autant des Dropkick Murphys (les fans du genre pourront avoir d’ailleurs une double-dose de punk celtisé avec Skinny Lister, très tard vendredi soir). Enfin, 30 Seconds To Mars, on aimait déjà pas ça quand c’était à la mode, alors maintenant…

Muskatnuss, Herr Müller !

Du côté des têtes d’affiche, on perdrait notre honnêteté intellectuelle en vous recommandant de faire un tour au Gampel. On ne s’attardera pas similairement sur la partie « metal » de la programmation, qui alterne entre le mauvais goût (Saltatio Mortis, Eskimo Callboy), et le sur-réchauffé (Eluveitie) – les amateurs de gros décibels pourront cependant se rabattre sur Turbobier, plus punk que metal, mais qui évoque de temps en temps Turbonegro. Mais pour accrocher à Turbobier, il ne faut pas être allergique à la langue de Goethe, et on en vient en fait à ce qui fait la particularité du Gampel, c’est son orientation affirmée vers la Suisse germanophone.

Alors ça pourrait en effet en rebuter plus d’un – « Je connais pas la moitié de la programmation merde quoi… » – mais ça offre aussi un avantage en assimilant ce qui, pour un Suisse allemand, s’apparente à un festival ultra fédérateur et mainstream, à un puits de découvertes pour le welsche que vous êtes. Si les banlieues zurichoises vibrent du son gangsta de 187 Strassenbande, on ne peut pas en dire autant du Schoenberg, de Renens et des quartiers chauds de Neuchatel. Ce qui n’étonnera pas le Suisse allemand sera pour vous une pépite. Une belle place est faite au hip-hop germanophone, sous plusieurs déclinaisons: la gangsta précédemment citée s’oppose le dancehall festif de RAF Camora (né à Vevey, pour l’anecdote), au hip-hop alternatif de Käptn Peng & Die Tentakel von Delphi, dont l’originalité touchera même les amateurs de hip hop les plus germanophobes.

On salue également la place accordée aux formations suisses. Là encore, hormis Danitsa – dont l’anglais agit comme un passeport lui permettant de franchir une fois encore le Röstigraben, les Romands sont boudés. Mais c’est pour le Romand l’occasion de découvrir la vivacité de la scène musicale de son pays, de la légèreté des compositions pop folk de Faber, en passant par le reggae de Dodo ou le rock très radio-friendly de Hecht.

À supposer que l’Allemand soit un tue-l’amour complet, il reste de quoi trouver votre compte dans une programmation garnie. On vous recommande ainsi Welshly Arms, qui, entre The Black Keys et Rag n Bone Man, contribue à moderniser le blues. Le vieux Seasick Steve – bientôt 80 ans – paie sa dette au public valaisan qui s’était vu privé de sa prestation lors de l’édition précédente pour cause de météo catastrophique. Enfin c’est les amateurs d’indie qui seront les plus gâtés, entre des Kodaline et Manda Diao, en passant par des figures montantes comme Stereo Honey, petite perle qu’on vous recommande chaudement.

 

Open Air Gampel

Gampel, VS

16-19.08.2018
 
Auteur:
Louis

Partagé entre Lausanne et Fribourg, mon cœur balance similairement entre Fri-son et le Romandie, entre le Mouton Noir et feu La Ruche. Précocement éprouvés par le metal, mes tympans affaiblis me font aujourd’hui ramper vers des horizons musicaux plus variés.

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