Nox Orae 2018 : le fuzz est roi à La Tour-de-Peilz

AlexPar Alex  •  2 Sep 2018 à 14:31  •  Festivals, Live  •   178 views

Simple. Brut. Efficace. Trois coups de guitare secs et tranchants sifflent encore dans mes oreilles en repensant au Jardin Roussy. Un petit écrin de verdure au bord du lac Léman qui, rapidement, devint explosion musicale.

Même le ciel annonçait une soirée détonante lorsque j’arrivai un peu en avance au Nox Orae. Un énorme nuage gris, percé de traits lumineux et surplombé d’un soleil de fin d’été, encore ardent, ne laissant pas encore l’automne imposer totalement ses nuances de gris. Quelques festivaliers patientaient sur la digue devant le spectacle de lumière tandis que d’autres badauds observaient les trois joueurs de pétanque qui soulevaient le gravillon du chemin à chaque lancé.

Un voilier coupait l’horizon de plus en plus sombre. Une bruine couvrait le bras de vigne au dessus de Cully ; une luminosité entre apocalypse et renaissance. J’entendis un premier coup de guitare. Le groupe Bike commençait son concert. Je me levai, me dirigeai à l’intérieur de la petite forteresse du rock. Cinq food trucks et des tables en bois sous un arbre noble et majestueux offraient le cadre idéal pour un festival. Voilà, c’était parti. Le vendredi était lancé ! Les brésiliens produisirent un son galactique, comme si le spectateur tournait en rond dans une soucoupe volante. Une musique planante mais parfois bien trop lente. Un bon décollage, sans surprise ni coup de coeur.

Let’s fly

Les choses sérieuses commencèrent plus tard. Quand les quatre oldies de Wooden Shjips démontrèrent la recette du bon son. Le batteur tapait sur l’équipement le plus simple et rudimentaire possible : la grosse caisse, la claire et trois cymbales. Il en dégagea durant tout le concert une puissance assez ahurissante pour si peu de matériel. Un guitariste, un bassiste et enfin un maître des claviers complétèrent la formation. Ce dernier n’était pas vraiment là sans être absent mais quelque part dans la musique à se faire plaisir tout comme moi.

Le groupe américain transforma la petite forteresse en boîte de Pandore musicale. D’où sortirent des accords possédés, des riffs colorés et donnèrent une leçon de l’art de maîtriser l’isolation de chaque instrument dans la mélodie. Impressionnant ! Tout tournait. La nuit pétillait d’étoile, le fuzz imposait le rythme et c’était gagné : grosse claque !

S’en suivit deux têtes d’affiche étonnante : Fontaines D.C. et Ariel Pink. Les premiers rappelèrent que le rock est aussi une affaire de sous-sols crades et de sueurs sauvages. Les jeunes Irlandais, délicieusement irrévérencieux, parvinrent à me rendre fou le temps de trois morceaux, à sauter partout, sans arrêt et lâcher vraiment prise. J’avais tellement bougé qu’il me fallut un choripan argentin pour me remettre d’aplomb tandis qu’Ariel Pink s’échauffait déjà sur scène. Sincèrement, le bonhomme au pantalon de cuir démontra tout son talent mélodique. Cependant, je ne compris pas pourquoi il modifiait autant sa voix. C’était presque gênant. Même si l’efficacité de ses morceaux légers et teintés de surf sound faisaient un bien fou.

Un écrin vert, oui, mais surtout un festival au service du son

Pour un première au Nox Orae, c’est une réussite. Je peux l’affirmer au moment d’écrire ces mots. J’aurais même voulu y retourner le second soir si le boulot ne m’en avait pas empêché. Pourquoi ? D’abord par la taille du festival lui-même, plutôt petit, avec juste ce qu’il faut pour boire et manger, sans trop d’artifices. Ensuite très clairement pour la bon son qu’on y entend.

Bref, c’est une manifestation au service de la musique et sans promotion disproportionnée. Simple par sa taille. Brut par les groupes présents. Efficace par la qualité de la programmation.

 
Auteur:
Alex

De Brel à Fink en passant par Louis Armstrong et Sigur Ros, voilà ceux qui me marquent et touchent. La musique doit être un voyage, un envol et un rêve. Réveiller l’âme. Veiller l’être. Dévoiler le cœur.

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