Nox Orae 2017 : Nocturnes phosphènes

MalvinPar Malvin  •  27 Août 2017 à 18:25  •  Live  •   6 views

Fuzz et paillettes, la Nox, c’est pas des plans sur la comète. Allitération notable autour de la consonne rock, la fournée du samedi s’est encore retrouvée à y piocher divers fragments de sa nébuleuse fructueuse. On a même eu du pénis sur de la techno. Mais voyons bien au-delà.

Crédit photo: © Nicolas Cuany

L’œil divague. Pas assez dormi, longue nuit, de l’absinthe cinquante-cinquante au bain de minuit. Avant Moon Duo, maintenant Föllakzoid, j’essaie de trouver le juste rythme, en arrière-fond, qui saura me donner motivation, me fournir inspiration. Je n’ai en tout cas pas envie de pondre un billet chronologique retraçant uniquement les concerts par des « toujours au rendez-vous » ou « surprise de la soirée ». Un paragraphe devrait suffire, pour la forme, et c’est d’ailleurs ce que je vais faire :

« C’est en ce samedi après-midi au Jardin Roussy que The Cats Never Sleep ont entamé la soirée à travers chemise semi-ouverte et rock tantôt docile, tantôt spatial, oscillant entre bon fuzz et vocal comptine. Le tant attendu Ty Segall prend la relève en nous invitant dans son garage où came pure y est déversée en quantité. Rien à redire, l’alchimie opère, le rouquin triomphe une énième fois. Les légendes de The Jesus and Mary Chain calme ensuite le jeu en nous larguant des réverb’ froide, parfois un peu ponpon, ne construisant selon moi qu’un miroir du passé sans grande innovation. Mais ça reste de qualité. Se termine ensuite la soirée sous le tapage de pied du trio Faire et de leur techno french-wave, montant brutalement la cadence, s’inscrivant étrangement dans une programmation principalement rockisée. Mais ça danse. Et ça communique. Moi, j’ai aimé. »

Passons.

Et parlons d’autres choses. Je sais pas, trouvons sujet. Entamons un dialogue, relatons les belles ondes, faîtes-nous part de votre expérience Nox-Oraenne à vous ! Ou mieux, dîtes-le directement aux organisateurs. Rendez-vous compte à quel point tout est proche, dans cette microscopique niche suisse, et clamez haut et fort une bonne fois pour toute à quel point les festivals comme la Nox, c’est exactement ça qu’un peuple bombardé à la pelle de gros évènements culturels a besoin. C’est ça et rien d’autre. Réduire à taille humaine. Penser en termes de qualité, et non de quantité. Nous réunir. Apporter un lieu d’échange, des staff perchés et moult hot-dogs au fromage à raclette et oignons grillés. Où la bière est facteur social avant l’habit porté ou la tête que tu te payes. Et il y en a des belles je vous assure.

On ne cessera de le répéter, mais chaque année, plusieurs rendez-vous annuels ne font que de s’ancrer de plus en plus profond dans nos habitudes de dopés aux scènes d’hiver et d’été, et la Nox Orae, elle, en fait largement partie. Je me suis même permis de constater cette année une plus large exploitation de visibilité publicitaire de la part du festival. Mais ça les amis, vous n’en avez sincèrement peu besoin, car votre public, vous l’avez. Août après août, heureux de s’y retrouver, à moitié pour la programmation, à moitié pour votre sincérité. Le Marcel au bar beuglant sur son Ricard, il est pas là, les gens qu’on y voit, ils viennent pour autre chose.

Ils viennent pour y vivre, encore une fois, une nuit sur le rivage. La nuit de la Nox Orae.

 
Auteur:
Malvin

Par une douce nuit de Printemps, je m’engouffrais dans une pénombre magnétique. De là retentissaient de faibles vibrations, profondes, vraies. Dès lors, je n’ai cessé de traquer l’essence de cette musique. La bête me menait de voyages en découvertes, au milieu d’une vibrante atmosphère aux aspects dub, électro, rock psychédélique…

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