Nox Orae 2017 : De la coke et une boîte rythmique, s’il vous plaît.

MalvinPar Malvin  •  26 Août 2017 à 16:15  •  Live  •   6 views

Entre surprises surprenantes et route enivrante, la soirée de hier nous aura autant fait rire que planer. C’est en avalant un Sbrinz roulé sous les frondaisons de la Pichette que l’inspiration de la Nox me revient. Dieu qu’c’est bon, ce festival. Le Sbrinz aussi.

Crédit photo: ©Michel Bertholet

Le site s’est agrandi, les toilettes sont belles, on y achète maintenant bière artisanale et CBD, les gens sont au rendez-vous, le temps aussi, en somme tout y est. Mais la plus grande beauté du site réside, comme chaque année, à cet enchaînement bariolé de concerts, tissés les uns aux autres, telle une pérégrination musicale où tout le monde y prend part. C’est également sur cette même route qu’on risque d’accrocher, de temps à autre, sur de la caillasse inattendue. Enfin, pas accrocher, mais riper. Excusez.

Je veux parler de ce talentueux duo californien du nom de Foxygen. Talent, certes, et les musiciens étaient là pour nous le rappeler. Un hic pourtant faisait surface. Difficile de le rater, car incarné par le chanteur même, au milieu de la scène. Fondateur, son autre compatriote faisait office de pilier effacé au bord de la scène, plus concentré sur son clavier et sa guitare que sur l’habillement et les performances sans contact du premier. La chanteuse n’apportait également pas grand chose à la prestation, et c’est un étrange mélange de fines compositions et de mauvaise comédie musicale qui ressortait du tout. Un souvenir fugace de Blanche Neige, sans les nains et avec un peu plus de poudre au nez. Next.

Arrête de te plaindre maintenant

Oui. Rien à dire de Service Fun, larguant fraîcheur et innovations distoïtes aux tendances groove en guise d’antipasti. Malgré quelques transitions boiteuses, la première impression n’est que positive pour ces Helvètes. Affaire à suivre. À l’opposé, c’est en touchant nostalgie et lenteur que les musiciens de Slowdive nous auront fait baisser en fréquences, qualité de la bouteille oblige, grand cru 90’s toujours agréable à entendre. « Ouais mais c’était trop lent » qu’on m’aura sorti. Désolé, mais c’est un peu leur but en fin de compte, et il le font tellement bien que jamais un groupe n’aura aussi bien porté son nom.

Tout ça pour en venir à la claque sensorielle de la soirée, au final amené par Moon Duo et leur univers binaire. On ne les voyait pas, noyés par l’aura des lumières compulsives, larguant de la rythmique pure, incessante, emplissant l’air d’une ritournelle qui n’en finissait pas. Pas de silence, une locomotive qui tourne, une guitare qui fleurit et qui nous envoie quelque part au-dessus des arbres. La voix de Wooden Shjips résonne alors, et ne nous aide de loin pas à atterrir. Compté leur final en reprise de l’iguane et de son ‘No Fun’, comme pour nous rappeler les classiques du rock, ce pourquoi nous étions tous réunis ici-même, ce soir, à hocher de la tête sous l’émotion de la perdition. Bercé, une de mes meilleures expériences du psychédélisme musicale aura été vécue ce soir à la Nox Orae. Merci festival.

Et maintenant, le samedi. Je décapsule la bière pour vous, d’anciens échos encore résonnant dans mes oreilles.

 
Auteur:
Malvin

Par une douce nuit de Printemps, je m’engouffrais dans une pénombre magnétique. De là retentissaient de faibles vibrations, profondes, vraies. Dès lors, je n’ai cessé de traquer l’essence de cette musique. La bête me menait de voyages en découvertes, au milieu d’une vibrante atmosphère aux aspects dub, électro, rock psychédélique…

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