« Nous rappelons qu’il est interdit de fumer dans l’enceinte du Romandie. »

LouisPar Louis  •  25 Avr 2017 à 15:55  •  Live  •   11 views

Et probablement que les gaillards n’ont pas que les Marlboros dans le collimateur. Pas de problème, de notre côté, la prog’ tient suffisamment la route pour qu’on n’ait pas besoin de biaiser notre bon goût légendaire à l’aide de substances illicites.

Je suis pas trop sûr de comprendre comment ça se passe l’Impetus Festival. C’est où, en Suisse ou en France? Ah dans le Jura suisse, on me souffle, mais ‘tendez, Lausanne, c’est bien dans le canton de Vaud, nan? Parce que je suis quasiment sûr qu’il y a des soirées estampillés « Impetus » dans la cité olympique! Et c’est quand, en avril, ou en mai? Je veux dire, je vois des dates partout sur votre site compliqué! Jugez par vous-mêmes si vous vous sentez en veine, en attendant, je me casse sur le site du Romandie, que j’espère plus pédagogique.

La vie y est effectivement plus simple. J’apprends qu’il y a une soirée Impetus ce jeudi – c’est déjà après-demain – avec trois groupes pour vingt balles. Pour ce prix, on ne peut même pas s’offrir trois formations AOC du district dans certaines autres villes ; or, là, pas un seul nom de chez nous. De quoi faire rager l’électorat de l’UDC et les partisans de la préférence nationale, mais on y gagne en exotisme. En tête trône Bongzilla, dont le nom loufoque trahit instantanément l’orientation musicale stoner-doom, l’élément de surprise se reposant sur les importations sludgies. C’est sympathique, on ne le nie pas, mais on soupçonne un peu le nom racoleur d’y être pour beaucoup dans la réputation du groupe.

Au contraire, Inter Arma, leurs colocs de label (Relapse), avec qui ils partagent l’affiche, ne connaissent pour l’instant qu’un succès d’estime davantage basé sur leur manière de booster leur stoner-doom de lentes montées en puissance empruntées au post-metal et de déferlements de violence évoquant davantage le black ou le death que les vapeurs verdâtres d’un Sleep – une grande inspiration néanmoins, d’ailleurs bientôt à la Kilbi. Repérés après leur premier album par Relapse, on leur prédit, avec le soutien de ce label pro, une popularité qui les fera bientôt piquer la place d’honneur à un groupe du gabarit de Bongzilla sur les line-up des soirées.

L’affiche est complétée par Hangman’s Chair, de Paris, du même label qui nous a déjà amenés plusieurs fois Year Of No Light en Suisse romande. Si encore une fois le son lorgne du côté stoner-doom, l’inspiration esthétique semble davantage héritée de la scène shoegaze moderne, la bâtarde du DSBM. On pense par exemple à Alcest, et les vocaux étonnamment clairs pour le genre comme les accalmies acoustiques nous renforcent dans notre conviction. Toutefois l’empreinte du projet de Neige reste discrète, puisque Hangman’s Chair s’affirme parfois dans une lourdeur quasiment sludge que l’ancien gratteux de KPN n’aurait jamais risquée. On se demande ce que ça vaut sur scène, mais on est curieux.

 

Bongzilla (US) + Inter Arma (US) + Hangman’s Chair (FR)
Jeudi 27 avril · Le Romandie (Lausanne) · 22 frs · Portes 20h30

 
Auteur:
Louis

Partagé entre Lausanne et Fribourg, mon cœur balance similairement entre Fri-son et le Romandie, entre le Mouton Noir et feu La Ruche. Précocement éprouvés par le metal, mes tympans affaiblis me font aujourd’hui ramper vers des horizons musicaux plus variés.

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