Nos Concerts de 2016

RaffaelePar Raffaele  •  27 Déc 2016 à 10:00  •  Fin d'année  •   6 views

Au crépuscule de cette année 2016, il est temps de dresser la liste de ce que l’on a vécu de mieux niveau musique. On commence donc avec les concerts, et vous allez voir que les festivals sont propices à des prestations mémorables.


Alex : Chassol (Cully Jazz Festival)

Ce concert m’a fait voir la musique différemment ! Rien que ça. J’ai d’abord eu un peu peur lorsque j’ai lu partout que Chassol harmonisait le réel. Ces deux mots associés ont à priori semblé beaucoup trop proches du concept sans âme. Et puis, je l’ai vu à l’oeuvre au Next Step du Cully Jazz Festival. L’image a été un rythme et la mélodie a été un film. La fusion est à la hauteur, je vous l’assure. Cet homme combine comme personne le cinéma et la musique pour inventer son propre art.

Raffaele : Anti-Flag  (Greenfield festival)

Quand le concert va au-delà du concert, plus loin que la musique et vous emmène quelque-part au-dessus, c’est là que vous passez un moment exceptionnel. Cet instant, je l’ai vécu pendant le show d’Anti-Flag au Greenfield Festival 2016. Après-midi, grand soleil, gros concert de punk à l’ancienne : le cadre est parfait. S’adressant à un public survolté, le chanteur Justin Sane incite chacun à prendre son voisin par les épaules le temps d’une chanson. Ainsi, entouré d’inconnus, j’ai partagé un instant fraternel, une communion musicale où rien d’autre n’existait.

Jorris : Julien Baker (Festi’neuch)

Si le concert de Flavien Berger lors de la Superette était vraiment excellent et mériterait d’être développé ici, je retiendrai surtout celui de Julien Baker à Festi’neuch. Sa voix doucereuse, ses mélodies simples et émouvantes auront su garder toute mon attention durant la petite heure de live. Seule sur scène face à un public pas forcément réceptif et souvent distrait, Julien Baker a su faire preuve d’une grande force de caractère pour proposer une atmosphère unique.

Laura : Abd Al Malik (Paléo)

Je pourrai vous nommer deux autres concerts qui auront vraiment été les highlights de mon année, mais cette fois-ci, je choisis d’écrire ces quelques lignes pour un artiste qui selon moi aurait du recevoir un meilleur accueil de la part d’un public de passage, peu curieux et absent psychologiquement. Slameur à l’identité forte et parfois froide, Abd Al Malik est le seul de toute la semaine Paléo qui a vraiment su me toucher et surtout, qui me rappelle que j’étais bien présente cette semaine-là. Son efficacité et son naturel m’ont happée dès sa première allocution. Le Strasbourgeois possède une vision du rap français que peu ont et je ne peux que me réjouir d’écouter ses prochaines créations.

Malvin : Pat Thomas & The Kwashibu Area Band (Festival de la Cité)

Il est de ces synergies inoubliables, transcendant la moindre partie du corps sans que l’esprit ne s’en rende tout à fait compte. C’est lors du Festival de la Cité, où nombre des concerts atteignirent un haut niveau de voltige, que la « golden voice » d’Afrique m’aura irradié de sa puissance éthérée : je parle de Pat Thomas & The Kwashibu Area Band, dont l’album éponyme est sorti l’année-même. Pur, précis, vibrant, tant de mots sont à souligner. Les émotions ressenties ce soir-là auront flirté avec une authenticité soudaine, une surprise résonnante, amenée par ces fabuleux musiciens et son noyau central à la voix d’or.

Olivier : Black Milk (Le Romandie) / Kevin Morby (Bad Bonn)

Choix difficile que celui-ci. Après mûre réflexion, ce sera donc d’un ex aequo pour Black Milk et Kevin Morby. Le premier a su retourner Le Romandie grâce à sa science du sample et à un accompagnement de luxe avec la présence du trio Nat Turner. Entre jazz et hip-hop, nouvelles compositions et morceaux réarrangés, le producteur/MC de Detroit a mis tout le monde d’accord.
Kevin Morby a réussi pareil exploit dans un Bad Bonn bondé. Balades folk, hymnes rock, hommage au regretté Leonard Cohen, instant solo acoustique, tout y est passé. Cheveux en bataille, sourire vissé sur le visage et remerciements au patron des lieux, l’artiste a apprécié son passage au club singinois. Il est peu dire que les spectateurs aussi.

Patrick : Woodkid (Montreux Jazz Festival)

Un choix tout ce qu’il y a de plus évident pour quiconque a suivi notre couverture estivale des différents festivals de la région. Oui, le Français m’a fait vibrer. Encore plus – et je ne pensais pas que cela serait possible – que lors de son passage à Festi’neuch en 2014. Un bonheur indescriptible qui me fout les frissons rien que d’y penser à nouveau.

Glenn : Mick Jenkins (Case à Chocs)

Le rappeur de Chicago Mick Jenkins était venu à la fin octobre à la Case à Chocs pour présenter son premier album « The Healing Conponent ». Apparemment très versatile lorsqu’il interprète ses morceaux, il parvient à livrer un show original tout en étant proche du public. Les rimes sont distillées sans ménagement et le live band transmet une énergie certaine. Mick Jenkins semble apprécier donner des concerts, ce qui rend l’auditoire plus attentif et le plonge clairement dans une ambiance assez unique.

Louis : Sigh & In The Woods… (Werk21)

Puisque c’est le genre d’affiche qui ne va pas parler à beaucoup, je suis obligé de basculer dans le personnel pour vous illustrer l’importance. Concevez donc : un groupe d’un pays improbable (le Japon en l’occurrence) qui a, à vos yeux, eut une place capitale dans l’histoire d’un genre musical qui vous est cher (le black metal en l’occurrence), qui n’est jamais passé dans votre pays (la Suisse en l’occurrence) et qui y annonce son premier passage en près de 30 ans d’existence aux côtés d’un autre groupe vachement réputé (mais vachement plus chiant en l’occurrence), et qu’en plus, grâce au Mur Du, vous pouvez les interviewer. Bah voilà, même si vous êtes plutôt Belle & Sebastian que Mayhem, vous arrivez maintenant à vous représenter mon bonheur.

 
Auteur:

Raffaele

J’ai grandi dans les années 90, mes influences sont un vrai patchwork musical. J’apprécie selon l’humeur un gros beat electro, un flow hip hop ou l’effervescence d’un concert de rock. ‘Faut que ça groove !

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