Noah Gundersen – « Family »

AlexPar Alex  •  16 Nov 2012 à 19:03  •  Albums  •   77 views

Beaucoup de personnes se plaignent du stress et rêvent de prendre la route. Ce qu’ils oublient est qu’ils peuvent créer leur propre forêt. Celle qui se travaille de l’intérieur. Celle qui prend le temps. Celle qui s’écoute au coin d’un feu crépitant. « Family » est l’un de ces albums dont le son n’est pas ambitieux mais chaleureux.

Noah Gundersen est de Seattle. Il entre dans la lignée des modestes singer-songwriters folkeux. Il est l’antithèse de l’homme 2.0. Plutôt du genre à prendre sa guitare et partir sans connexion. Sa musique est une course hors de la ville. Là où la neige couvre le sol. Là où les plaines sont sauvages. Là où palpite la vie. Sa soeur Abby Gundersen l’accompagne aux cordes entre courses et réalités. L’album se partage en deux parties.

Noah et Abby Gundersen jouent ensemble depuis qu’il a 15 ans et elle 12 ans. Ce lien familial propose évidemment une complicité intéressante. Elle se remarque notamment dans l’équilibre musical des compositions qui oscillent entre des morceaux denses et d’autres plus calmes. Ils proposent ainsi une dualité dans leur musique tout comme deux personnalités musicales apparemment différentes. Ce qui les rend par conséquent si agréables à l’écoute et de plus en plus indispensables au fil des pistes.

La première partie de l’album réserve dès lors trois excursions musicales. Elle se compose de ‘David’, ‘Fire’ et ‘Nashville’. Des morceaux qui font courir à l’abri des bruits et du stress. Peut-être sous des arbres dont les feuilles dansent avec le vent. Ces trois cavalcades introduisent ainsi l’album et peuvent provoquer l’addiction. Noah et Abby ajoutent encore la petite touche de hargne qui rend vivantes les paroles. Le « pep’s » comme on dit par chez nous.  Ils donnent ainsi envie de s’échapper vers une destination inconnue. Ils invitent l’auditeur dans une perte agréable où l’objectif est le bien-être. La chaleur humaine émane donc au travers de ces mélodies entraînantes.

 

La seconde partie implique un changement dans la voix de Noah Gundersen. Elle s’habille d’un voile de mélancolie. La douceur s’invite dans l’album tout comme la gravité. Le ton se fait plus doux comme l’illustre les cordes d’Abby Gundersen sur ‘San Antonio Fading‘. En effet, elles gagnent en profondeur et en mouvement. Elles deviennent plus graves. Les paroles se teintent alors de souvenirs. Les feuilles rouges, oranges et brunes des arbres dansent maintenant avec le vent. La course est terminée. C’est comme un silence musical. C’est minimaliste. C’est l’automne qui se compose sur le nostalgique ‘Honest Songs’ et l’évocation d’un autre temps plutôt lumineux.

Les deux derniers morceaux s’inspirent enfin des deux parties de l’album pour en garder le meilleur. Ils gardent le cri de la course mais l’étouffe délicatement derrière des réalités plus dures. Ils démontrent également que Noah Gundersen n’a pas qu’une guitare envoutante mais aussi une plume qui raconte des histoires élaborées dans la simplicité. Il le démontre effectivement sur ‘Garden’ où il revient apparemment sur la terrible crise des subprimes. Ce morceau apparaît, à mon humble avis, comme le meilleur de tout l’album comme vous pouvez l’écouter en bas de page. Il reste enfin à finaliser la chronique par le morceau ‘Family’ qui conclut l’album dans une pensée parfaitement adaptée à l’ensemble. Il ferme ainsi la boucle comme le tout a débuté au son de discrètes incursions électroniques.

Vous aurez donc compris que l’album est l’un de ces secrets trop bien gardés sur Internet et presque passé sous silence. Voilà justement la raison pour laquelle nous vous le présentons. Réjouissez-vous, il suffit de vous rendre sur le Bandcamp de Noah Gundersen pour écouter ces morceaux de vies et vous fournir l’album complet à un prix plus que raisonnable !

Alors oui, vous attendiez probablement une chronique aux couleurs hispaniques. Mais il y a parfois de ces artistes qui vous accompagnent tout au long d’un voyage sans vous lâcher. De ces musiciens qui vous reposent. De ces albums qui vous embarquent dans une forêt trop oubliée de nos jours. Ces artistes-là doivent être présentés !

Noah Gundersen (Autoproduit)– 2011

 

Dans le même genre...

Le duo britannique a gardé la cap pour stimuler l'imaginaire

Un mélange de chants traditionnels sud américains et de modernité délicate

La Beauté, c'est peut-être ça