Nicolas Fraissinet: « Je pense la musique comme un voyage »

ClairePar Claire  •  17 Juin 2017 à 15:16  •  Interviews  •   9 views

Quand on découvre un artiste qu’on aime et qu’on réalise qu’il est moitié suisse, on est inévitablement assez fier. Nicolas Fraissinet m’a fait cet effet ! Alors quand j’ai su qu’il venait à FestiNeuch cette année, pensez-vous, je me suis empressée d’aller lui poser mes questions.

En cette belle journée ensoleillée, c’est sur la terrasse de l’hôtel Beau-Lac qu’il nous attendait, sympa le cadre pour cette jolie rencontre! Malgré sa relation très forte avec la Suisse, son petit accent parisien trahit ses origines françaises. C’est durant une demi-heure, que ce très sympathique artiste s’est ouvert à nous, il nous a même confié son penchant pour les Hand Spinner. Il est monté sur scène 2h plus tard, et malgré un temps caniculaire, et cet horaire pas des plus avantageux (vendredi 17h15), le public a apprécié la générosité du bonhomme et l’intensité de sa musique.

Retrouvez Nicolas Fraissinet au théâtre du Passage le 8 décembre prochain.

Nicolas, plutôt suisse ou français ?

Du point de vue de mes origines, je suis vraiment 50/50 car mes deux parents sont franco-suisses. Mais j’ai une relation très particulière avec la Suisse car j’y suis née et c’est ici que ma carrière musicale a débuté.

D’abord réalisateur, qu’est-ce qui t’a amené à la musique ?

Quand j’étais tout petit, je composais de la musique et je me racontais des histoires. Je me suis alors dit que le meilleur moyen de faire le lien entre les deux c’était les images et donc le cinéma. Je réalisais alors les films ainsi que la musique de mes films. Puis un jour, j’ai composé une chanson pour un court-métrage. Ça a été une révélation et j’ai découvert le plaisir que j’avais de raconter une histoire par la chanson plus que par les images. Aujourd’hui, en réalisant la majorité de mes clips, je crée l’univers visuel que je souhaite offrir à ma musique.

Et le cinéma aujourd’hui ?

Je n’ai pas tourné la page mais en découvrant la scène, l’interaction avec le public et ce qu’il peut m’apporter, j’ai ressenti l’envie de me lancer. Ça ne m’empêche toutefois pas de construire des petites histoires que vous découvrirez peut-être un jour sur les écrans.

As-tu la volonté de développer une mise en scène pour tes concerts, avec des écrans par exemple ?

Je suis en train d’y penser. C’est un mélange qui m’intéresse beaucoup mais je n’ai pas non plus envie de trop construire mes concerts à l’avance. Sur scène, il y a vraiment ce côté aléatoire, imprévu, spontané et c’est ce qui me plait.

Quelles différences entre la scène musicale suisse et française ? Entre les publics ?

Je ne vois pas de réelle différence entre les pays mais plutôt entre les villes et les régions selon le nombre de salles de spectacle.

On repère différentes influences musicales dans tes chansons, comme le folk, le rock et même des airs de salsa, quel rôle joue cette diversité dans ta musique ?

J’aime bien imaginer la musique et les spectacles comme un voyage. On propose un fil conducteur et ensuite on les emmène dans différents endroits, et on leur fait vivre des émotions très variées. Un des plus beau compliment qu’on m’ait fait après un spectacle, c’est de me dire « j’ai rit, j’ai pleuré et j’ai dansé ».

Certains de tes textes sont assez durs, comme celui de « La fée » qui parle d’anorexie, d’où vient ton inspiration ? D’expériences personnelles ?

Je trouve mon inspiration grâce mes grandes oreilles. Ce ne sont pas des récits autobiographiques mais j’écoute beaucoup ce qu’on me raconte et ce que les gens disent. Je suis comme une éponge, j’attrape les histoires et les émotions et après j’essaie de me les approprier et de les retranscrire avec ma manière de les voir et de les ressentir.

Internet a complétement bouleversé la scène musicale et ouvert les portes à tout un chacun, c’est quoi votre truc pour vous différencier dans cette jungle musicale ?

Je ne vois pas vraiment cela comme une jungle mais plus comme une opportunité. Les premières salles que j’ai faites étaient remplies grâce à internet et non pas grâce aux médias. Je me demande même comment ils faisaient avant. J’ai l’impression que ça offre une proximité avec le public. Les gens sont étonnés quand je leur dis que c’est moi qui suis derrière les réseaux sociaux. Pourtant, dès le début, j’ai décidé de ne pas déléguer car à mes yeux c’est une connexion directe avec le public et non pas un média, et je veux que ça reste comme ça.

Une idole qui t’inspire particulièrement ?

Je parlerais plutôt d’artistes qui m’inspirent. Il y a Tori Amos, qui m’a fait entrevoir que c’était possible de faire des concerts. J’ai un problème de vue qui fait que je ne vois qu’avec l’œil droit donc je pensais qu’il était impossible de jouer et de chanter en même temps. C’est en la voyant jouer de travers que j’ai compris qu’on pouvait casser un peu les codes du piano pour jouer, chanter et regarder en même temps. Je citerai, en second, David Bowie pour son éclectisme musical. Ce grand bonhomme n’a jamais eu peur de partir dans toutes les directions et il l’a fait brillamment.

Le 24h vous a décrit comme un héritier de Polnareff, ça te fait quoi ?

Je ne suis pas adepte des comparaisons car finalement c’est assez subjectif et les similitudes peuvent se trouver chez plusieurs artistes sans n’être jamais totalement identiques.

Tu t’aies déjà frotté aux scènes des festivals notamment à Paléo, c’est comment de jouer en festival ? Est-ce que la relation avec le public est différente qu’en salle ?

Oui car le public d’un festival ne recherche pas la même chose que celui qui vient te voir dans une salle plus intimiste. Dans un festival, il y en a même qui ne te connaissent pas et qui te découvrent. Comme les attentes sont différentes, l’interaction est aussi différente et donc on construit son set différemment. En festival par exemple, on sera 5 sur scène mais dans une petite salle on jouera souvent qu’à deux. Moi j’aime bien toutes les formules.

Un truc contre le trac ?

Je n’en ai pas car je ne connais toujours pas l’origine de mon trac. Parfois, je suis stressé avant une petite scène et pas une grande, et d’autre fois c’est le contraire, il n’y a pas de règles.

Un mot pour le public de FestiNeuch ?

Je me réjouis et j’espère qu’ils n’auront pas trop chaud.

 
Auteur:
Claire

Réveillée depuis petite par un papa qui presse « play » dès le réveil, j’avais deux options : détester la musique ou la chérir. J’ai choisi la seconde. Depuis, elle ne me quitte plus et berce mon quotidien.

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