Le New Age nippon de Yoshitaka Azuma

MalvinPar Malvin  •  22 Jan 2016 à 15:15  •  Découvertes  •   14 views

Ma sœur rentre dans ma chambre, toute excitée, me sommant d’ouvrir Internet. Connaissant la rengaine, elle avait quelque chose à me faire écouter. Son nom m’apparaît aussitôt sur l’écran : Azuma – Treasure Chest. La vague onirique excellant de cette musique m’inonde soudain. C’est magnifique. Les couleurs d’un Japon mystique s’ouvrent à moi.

Je reconnais tout de suite l’univers. Souvenez-vous quand, volant à travers des étendues inconnues sur le dos d’un être fantastique ou d’une machine à vapeur, les films de Miyazaki vous reviennent à l’esprit. Une aventure, une fiction, une scène où l’action fait foi et ne tardera surement pas à laisser place à une quiétude certaine. Un univers fait de basses et de caisses résonnantes, un univers où le synthétiseur est devenu le principal narrateur. C’est de ce monde-là dont je vous parle.

Yoshitaka Azuma pourrait résumer à lui seul la musique synthétisée des années huitante. Ne fuyons pas la généralisation, écoutez et vous comprendrez. La batterie et les clochettes résonnent comme dans une caverne obscure, là où serait tapi un certain esprit d’antan. Un dragon des mers, un Léviathan prenant forme sous la flute et le synthétiseur du compositeur, le même qui vous donnera accès à un palais enfoui de l’ancien Nippon. Nous n’aurions qu’une seule envie : se plonger dans le lagon scintillant, à la quête du trésor perdu.

Une œuvre rare

‘Treasure Chest’. C’est le nom du morceau qui me fait écrire ces lignes quelque peu oniriques. Le reste de l’album « Azuma », alors crée en 1987, parcoure sans broncher la suite du récit. Car en effet, il s’agit bel-et-bien d’une histoire magnifiquement narrée, proche d’une quête digne d’un jeu vidéo. Faute de trouver meilleure transition, le musicien a eu également composé la BO de plusieurs jeux, notamment celle de Panzer Dragoon sur PC et PS2, les pixels reptiliens s’accordant parfaitement à son univers.

Difficile cependant de trouver sur la toile d’autres romans musicaux d’Azuma. Peut-être « The Wanderer », sorti un plus tard, mais qu’en est-il du reste ? De « Moonlight of Asia », ou encore de « Far From Asia » ? L’œuvre de Yoshitaka Azuma gardera toujours surement une part de mystère, une perle rare enfouie dans les méandres du vaste océan. Je me replonge donc sans broncher dans sa musique hypnotique aux vagues souvenirs. Et plus j’écoute, plus j’en suis convaincu : Je viens sûrement de découvrir l’Éric Serra japonais, recréant sa propre version mystique du Grand Bleu.

 

« Azuma »

Yoshitaka Azuma

Private Music Records
1987
 
Auteur:
Malvin

Par une douce nuit de Printemps, je m’engouffrais dans une pénombre magnétique. De là retentissaient de faibles vibrations, profondes, vraies. Dès lors, je n’ai cessé de traquer l’essence de cette musique. La bête me menait de voyages en découvertes, au milieu d’une vibrante atmosphère aux aspects dub, électro, rock psychédélique…

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