GR! x Muthoni x Hook: « On fait quelque chose de plus gros que ce qu’on est réellement »

GlennPar Glenn  •  13 Juin 2016 à 15:05  •  Interviews  •   1 view

Samedi soir à la Marée, la Kényane Muthoni The Drummer Queen a produit un show époustouflant. Entre danse, chant et rap, l’artiste avait de quoi séduire le public.

J’ai eu l’occasion de rencontrer Muthoni l’année passée dans le studio de la 39ème Chambre en compagnie des producteurs Hook et GR! Du coup, on a repris les mêmes et recommencé, histoire de prendre des nouvelles.

La Suisse commence à devenir ton second pays?

Muthoni The Drummer Queen: Cela en a tout l’air ! (rires). Je pense que je vais postuler pour un permis de séjour ! C’est la troisième fois que je suis ici cette année et la quatrième sera en juillet.

Et en plus tu fais encore de la musique avec Hook et GR!

(Rires) Oui je crois qu’on est coincé ensemble pour un moment!

Du coup, comment se passent les choses avec eux?

Les choses sont cool. Lors de la première collaboration, on ne se connaissait pas très bien et on venait de se rencontrer! Mais la relation a évolué et on est beaucoup plus proche. On s’apprécie mutuellement et passe du bon moment ensemble. C’est beaucoup plus facile de faire de la musique maintenant.

Est-ce que tu le sens dans ta musique?

Oui clairement, c’est vraiment magnifique. C’est plus simple! GR! est le maître Jedi et Hook est Hook! On sait beaucoup mieux créer de la musique ensemble. C’est pour ça qu’on est ensemble. Comme je t’ai dis je suis coincé avec eux! (Rires).

Quelle est votre manière d’approcher la musique actuellement?

Hook: On a deux méthodes pour appréhender les morceaux. Soit on fait des bases d’instrumentales qu’on lui envoie afin de voir si ça lui plaît ou pas. Le dernier single qu’on a sorti avec les Rambling Wheels s’est passée comme ça. Elle a enregistré des voix sur son téléphone et on a construit le morceau dessus. Autrement quand on se voit en studio, on crée les morceaux sur le moment à partir de zéro. Là elle nous montre des patterns rythmiques traditionnelles africaines comme le Akorino. C’est une sorte de secte au Kenya! (Rires). Ils ont un pattern de percussion qui est à eux. Donc c’est leur truc et du coup elle nous montre ça, on trouve ça cool et on enregistre des maquettes de cette manière. Le développement se fait comme ça. Il y a donc deux méthodes de travail. On travail à distance chacun dans son coin et après on fait une sorte de ping-pong au niveau des feedbacks…

GR!: Avant on faisait les choses et elle se collait dessus. Maintenant c’est une véritable collaboration car on se connait mieux. Elle apporte vraiment sa pierre à l’édifice!

Est-ce que c’est difficile de collaborer avec la distance?

Muthoni: C’est quand même un challenge. Quand on est les trois dans la même pièce ça va directement plus vite et facilement. De plus c’est amusant. La vibe est différente. Quand je suis au Kenya et qu’ils m’envoient des choses, il se peut que j’ai une journée ennuyeuse et je ne suis pas dedans. Quand on se voit, c’est forcément mieux en fait.

Tes lives sont vraiment énergiques. Y a-t-il eu des changements dans la manière de se produire sur scène?

Hook et GR! font le tracklisting et les visuels. Moi je teste à Nairobi pour voir comment ça donne et je leur fais mon feedback. Avant une tournée, on prend quelques jours pour se concerter. On fait des répétitions avec le lightshow, les danseuses et les chanteuses. On a également créé des costumes pour le show, du coup il y a effectivement du progrès. Je suis assez fière de ce qu’on fait considérant le fait qu’on se voit si peu. On a tout de même un spectacle! (Rires).

Hook: L’année passé on a engagé Félix le batteur pour agrémenter le show et pour faire un peu plus live. Du coup on est une grosse équipe pour un spectacle qu’on essaye de faire le plus intéressant possible que le simple fait que Muthoni fasse du rap et qu’on balance les beats. On fait quelque chose de plus gros que ce qu’on est réellement. On se donne les moyens pour passer les levels le mieux possible.

Comment se passe la tournée?

Muthoni: Le fait que je ne viens pas d’ici, je sens moins de pression et c’est cool. Les gens ne vont pas me tomber dessus si j’oublie mes mots en Kiswahili! (Rires). Mais ici à Neuchâtel, c’est peut-être différent parce qu’il y a les familles et les amis de GR! et Hook qui viennent nous voir pour nous juger! Du coup, il y a de la pression!(Rires).

Et votre prestation au Kenya?

Hook: C’était une sacrée aventure. Muthoni organise un festival à Nairobi qui s’appelle Africa Nouveau. Elle fait venir des artistes émergents et assez pointus. C’était assez intéressant de voir comment les choses s’organisaient là-bas et de voir également les difficultés. Il faut pas se leurrer en Suisse, on est vraiment chanceux. On a le pays le plus stable au monde. Les coupures d’électricités pendant 45 minutes avant de monter sur scène c’est quelque chose qui parait difficilement envisageable ici ! Les organisateurs au Kenya doivent dealer avec ce genre de chose. Tu ne  peux pas te pointer comme un Suisse en disant que comme on a le concert à 9h alors on commence à 9h! (Rires).

GR!: Ce qui était intéressant, c’était aussi au niveau musical car les morceaux qui marchent bien ici ne marchent pas forcément bien là-bas et inversement. C’est assez fou, car avec nos oreilles d’Européens on se disait que des morceaux vont cartonner de sûr mais en fait ce n’a pas eu le même impact qu’ici.

 
Auteur:
Glenn

N’aimant pas particulièrement la musique, j’ai été catapulté ici par hasard et au-delà de ma volonté. Préférant l’austérité à la frivolité du spectacle de la débauche auditive, je compte les jours qui me permettront à long terme de devenir sourd. Le vacarme m’étant insupportable.

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