Muddy Monk – « Ipanema »

ThomPar Thom  •  11 Mar 2015 à 12:00  •  Albums  •   28 views

L’année passée, Muddy Monk paraissait deux fois dans les découvertes et nouveautés de ce site. Et ce en l’espace d’un mois. Il faut dire que le garçon avait su charmer par son environnement atypique. Aujourd’hui, il sort un premier album subtil et tendre.

Tendre, c’est également le nom du collectif qu’a fondé l’artiste fribourgeois. Muddy pour Muddy Waters, Monk pour Thelonious Monk ? Ou serait-ce un pied de nez à sa ville d’origine que de se nommer le « moine boueux » ? Sa musique ne l’est pas, voilà la seule certitude.

« La nuit qui berce nos ruines adoucit ma peine. »

Voix lointaines, paroles ciselées avec soin, nappes sonores sorties directement d’un film des années 70 où l’univers musical est là pour sublimer le dialogue. C’est exactement ce qu’on retrouve chez Muddy Monk. Il y a quelque chose de nocturne dans cette musique, de l’obscurité qui rassure, qui permet d’oublier.

« Allez prends ma main, dis-moi des merveilles, croisons nos chemins jusqu’à ce que demain nous réveille. »

Mais cette musique calme, quasiment nue, presque dépouillée de rythme, souligne aussi la plume de l’auteur. Non seulement il produit, mais en plus il chante, et en français. Aujourd’hui, rares sont ceux qui arrivent à convaincre avec des paroles chantées dans la langue de Molière. Il faut savoir y faire. La poésie de Muddy Monk séduit par sa justesse et sa maîtrise. Il sait modérer ses textes sans les laisser se perdre dans un lyrisme inutile.

Cet album est aussi le lieu de plusieurs collaborations, notamment avec l’artiste parisien Ichon. On voit assez rapidement en lui un descendant d’Oxmo Puccino. Un de ces mecs qui allie encore hip-hop et poésie. Les trois collaborations que sont ‘Balades’, ‘Avenue Montaigne’ et ‘Ruines’ procurent le plaisir de découvrir un artiste talentueux. Puis il y a la voix de Noémie Schmidt qui n’en fait pas trop et qui charme à la première écoute. On citera encore l’EGØ, très gainsbourgeois dans sa manière d’interpréter, et qui vient servir la très bonne ‘Club 27′.

Un artiste suisse comme celui-là ne se rencontre pas partout. C’est un type qui veut apporter de la nouveauté, un son innovant à la frontière du jazz, de l’électronique douce et de la chanson française. Si vous voulez explorer de nouveaux territoires, je ne peux que vous conseiller un vol direct vers « Ipanema ».

Tendre Collectif – 2015

Thom

En 210 caractères, on peut dire de moi que j’aime: mettre du Maggi sur mon pain et les bande-annonces au cinéma. Je n’aime pas me raser et la peau sur le lait. Par contre, pas la place pour parler de musique.

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