Montreux, son intimité, sa magie

PatrickPar Patrick  •  9 Juil 2016 à 15:25  •  Live  •   2 views

Il y a deux types de personnes à Montreux. Les gens qui vont au concert phare de la soirée, et les autres. Le mouton noir, cette fois, c’est moi. Alors que le public affluait vers Sigur Ros, j’étais au Lab. Je n’ai pas été déçu.

Crédit photo: Marc Ducrest/MJF

Ces derniers jours, quand on me demandait ce que j’allais voir à Montreux, au lieu de sortir des noms qui résonnent mal avec un accent fribourgeois, je répondais: «Tu vois la pub de telle marque? Ben c’est ça.» Oui, Aurora, RY X et M83 (dites M-huitante-trois), ont eu leur morceau vedette repris par des marques, c’est comme ça. Mais ça facilite les choses. En retrouvant mes amis du Mur Du Son autour d’un moite-moite et d’une bière, j’étais presque triste d’aller à une soirée de Montreux seul, mais cela n’a pas duré longtemps.

Tout d’abord, il y a eu Aurora. Autant être honnête, d’elle je ne connaissais que ‘Conqueror’, son titre le plus connu. Mais quelle claque. L’air de rien, la Norvégienne a propulsé l’audience du Lab dans une autre dimension. Loin des standards indie actuels, elle a offert un set tout ce qu’il y a de plus pur. Au total, 55 minutes de bonheur. Je n’en espérais pas autant. Alors qu’elle concluait son show par ‘Conqueror’, justement, elle se réfugiait, émue, dans les bras de ses musiciens alors que le morceau n’était même pas terminé. Un moment touchant si ce n’est magique que seul Montreux peut nous offrir.

Montreux, je t’aime! Public, je te hais!

Puis, il y a eu RY X. Dix bougies disséminées sur les bords de la scène. Une lumière tamisée. L’intimité était de mise pour l’Australien. Un peu plus d’une heure de concert plus tard, rien n’avait bougé, même pas les têtes du public assemblé pourtant en nombre. Une pureté inégalée, sans commune mémoire de Montreux (pour ma part), mais une audience stoïque à la limite de l’apoplexie. Montreux je t’aime, Montreusiens, je vous hais.

Rebelote pour M83 (dites M-huitante-trois). Les Français nous ont prouvé que le synthé était ringard dans les années huitante mais pouvait apporter quelques chose 35 ans après. Un saxophone, tout ce qu’il y a de plus kitch? On s’en fout! Le Lab qui paraissait si amorphe trente minutes auparavant l’est toujours autant, mais sur la scène, ça bouge cette fois. Le chanteur, Anthony Gonzalez, se met en retrait pour laisser libre court à ses musiciens quand c’est leur moment. Altruisme, oui, mais pas que.

Si la pureté devait prendre une date d’anniversaire, elle choisirait le 5 juillet. En cette date, entre le Stravinsky et le Lab, Montreux s’est trouvé des nouvelles coqueluches. La magie montreusienne a opéré, une fois encore. Dommage que le public n’ait pas su apprécier le spectacle à sa juste valeur. Pour ma part, même seul, j’étais comme un gamin dans la foule à bouger la tête et à répondre aux élans des musiciens qui savaient, eux, quel héritage ils avaient à assumer en arpentant cette scène. Merci Montreux!

 
Auteur:
Patrick

Un jour je chasserai la marmotte. En attendant j’écris bénévolement des articles sur des groupes obscurs pour me payer l’attirail nécessaire afin de réaliser mon rêve. La vie, c’est pas facile.

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