Le Montreux Jazz Festival s’offre un jubilé royal

StevePar Steve  •  14 Avr 2016 à 20:13  •  Live  •   5 views

Sigur Rós, Jean-Michel Jarre, Air, Neil Young, PJ Harvey, Kurt Vile… Pour son cinquantième anniversaire, le Montreux Jazz nous propose un savant mélange de découvertes et de clins d’oeil à son histoire. 

Faire venir Muse dans une salle de 4’000 places était déjà un grand coup réalisé par le festival. Ce n’est de loin pas l’unique bonne surprise à l’Auditorium Stravinski. Une soirée 100% féminine vera défiler coup sur coup Patti Smith et PJ Harvey, certainement les deux femmes les plus influentes du rock alternatif. Dans la catégorie duo de choc, le post-rock de Mogwai et de Sigur Rós nous fera rêver de paysages nordiques et d’envolées lyriques. Parmi les autres têtes d’affiche, l’immense Neil Young retrouvera la scène du Stravinski, 15 ans après un concert d’anthologie. Cette fois, le Godfather of Grunge sera accompagné du groupe Promise of the Real.

Devenu une légende du festival en quelques années, Woodkid sortira de sa pause musicale spécialement pour Montreux. Après avoir joué avec un orchestre et créé l’affiche de l’édition 2014, le Français revient avec des invités pour revisiter son catalogue. Ses compatriotes d’Air nous feront planer sur ‘All I Need’ alors que le pionnier du synthé, Jean-Michel Jarre, viendra présenter sa dernière folie, le double-album « Electronica ». Notons également les venues du bouleversant Charles Bradley, de l’hyperactif Jamie Cullum et de la mystérieuse et séduisante Lana Del Rey.

Du hip hop au thrash metal

Sur la scène du Montreux Jazz Lab, la programmation est pour le moins éclectique. Trois soirées hip hop sont au programme, voyageant entre le verbe français de Nekfeu et Vald et les punchlines US de Future et A$AP Ferg. Le Metal, d’habitude trop rare à Montreux, sera également à l’honneur avec une soirée chevelue en compagnie de Slayer et Meshuggah. Côté électro, on retrouve cette année Gramatik et Moderat qui mettront le feu à la Riviera.

Parmi nos coups de coeur, de sublimes soirées sont programmées dans la petite salle du Lab,  navigant entre folk, rock et soul. Elle verra défiler certaines des plus belles perles musicales du moment: le folk alternatif de Kurt Vile, le low-fi excentrique de Mac Demarco, la puissance soul de Rag’N’Bone ou encore l’énergie mélancolique de Daughter. Leurs derniers opus sont tous à consommer sans modération.

Un air de déjà-vu 

Et puis, finalement, il y a ces grands noms qui n’étonnent plus les habitués du festival : Santana, Buddy Guy, ZZ Top, Marcus Miller, Avishai Cohen, Van Morrison, Simply Red, Al Jarreau, Quincy Jones, Monty Alexander ou encore John McLaughlin. Mais peut-on vraiment être blasé par tant de talent légendaire ? Ils ont en tout cas le mérite de perdurer une tradition de visages familiers, propre au festival.

Et puis il y a l’inévitable Deep Purple qui fera résonner le riff de ‘Smoke on The Water‘ pour la énième fois à Montreux. Mais cette année, le clin d’œil au célèbre incendie de 1971 est plus subtile. La première partie sera assurée par Dweezil Zappa, dont le père, Frank, jouait lors de la tragédie. En témoignent ces paroles impérissables :

Frank Zappa and the Mothers were at the best place around.
But some stupid with a flare gun burned the place to the ground.

La suite vous la connaissez !

 
Auteur:
Steve

Depuis que j’suis gosse, je suis fan de rock. Toutes les époques, tous les sous-genres mais surtout lorsqu’il « vient de là, il vient du blues ! ». Nom de dieu, je viens de citer du Johnny ?! Shame on me.

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