Montreux Jazz 2017 : Circonvolution onirique

MalvinPar Malvin  •  5 Juil 2017 à 10:59  •  Live  •   1 view

La salle se remplit à moitié, le premier groupe ne prend pas plus que ça. Hamilton Leithauser nous déballe des ballades, bien faites, à la voix cassante et originale, mais sans accroche ni vibration. Une bière passe, la seconde arrive, et enfin la soirée commence.

Olivier, lui, le connaissait. « Ça fait des années qu’il ne prend pas, ici en Suisse. C’est normal, c’est un song-writer. » qu’il me glisse au coin de l’oreille. Sans comprendre trop pourquoi, je me ressaisis et regarde à nouveau la scène. Il me parlait bel et bien de Kevin Morby, et de la claque que cet artiste accompli venait de me fournir à l’instant-même. De quoi fumer une bonne cigarette et refaire le point sur cette somptueuse prestation musicale.

Kevin Morby était entouré de trois autres musiciens. L’une l’accompagnait d’une voix légèrement grave et subtile, tout en faisant glisser son bottleneck et son talent sur les cordes. L’autre, à l’air sérieux et méticuleux, fronçant continuellement les sourcils, percutait ses caisses sans trop de chichis, plaçait les frappes quand il fallait, où il fallait. Inutile de tourner autour du pot, le professionnalisme et la synchro du groupe m’ont marqué, leur ayant permis d’accomplir des transitions fabuleuses, d’une ballade stellaire à un rock bluesy, rythmé, avec toujours cette touche unique qu’est la voix paisible de Kevin Morby. J’en ai eu des frissons, je souriais, allégé, comme un niais.

La venue des renards

Viens alors BOUM ! l’explosion sensorielle de ce groupe que j’ai si souvent écouté cette dernière année. Si en album leurs compositions sont déjà belles et envoutantes, leurs prestations live montent d’un cran et, pour le meilleur ou pour le pire, rentrent dans une formation cosmique aux contours impalpables, à la forme indiscernable. Fleet Foxes est la musique ce que les nénuphars sont à Monet. Flous, aux mille nuances, sereins et vifs à la fois. Il a pourtant été difficile, au départ, de pénétrer dans cette composition impressionniste inattendue. C’est une musique qui bouscule nos sens et remet en question nos principes des genres.

Folk ? Jazz ? Indie Rock ? Ces mots perdent de leur valeur quand le chanteur Robin Pecknold se lance dans ses vocalises aériennes, quand le bassiste le rejoint et s’y calque somptueusement, un ton plus haut, quand ce musicien fou passe d’une flûte traversière à une contrebasse avec brio, quand tout simplement le fil tissé par leur prestation nous fait vibrer de la mélancolie et l’explosion de joie. Vous l’aurez compris, rien ne ressemble à Fleet Foxes, et encore moins quand ils sont les six sur scène. Un tableau rare et tout de même éreintant, me faisant sortir de la salle avec cette question pulsant autour de moi : « Il vient de se passer quoi au juste, là ? ».

 
Auteur:
Malvin

Par une douce nuit de Printemps, je m’engouffrais dans une pénombre magnétique. De là retentissaient de faibles vibrations, profondes, vraies. Dès lors, je n’ai cessé de traquer l’essence de cette musique. La bête me menait de voyages en découvertes, au milieu d’une vibrante atmosphère aux aspects dub, électro, rock psychédélique…

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