Montreux Jazz 2017: l’arc-en-ciel était musical au Palace

AlexPar Alex  •  11 Juil 2017 à 20:00  •  Live  •   2 views

Juliette Armanet a composé la première partition d’un arc-en-ciel musical. Et puis Albin de la Simone l’a sublimé pour une soirée poétique. Les jeux de mots n’étaient jamais de trop et les sourires sont apparus sur de nombreuses lèvres le temps d’un concert Out Of The Box au Montreux Jazz Festival.

Photographie: © 2017 FFMJ – Anne-Laure Lechat

Le départ est laborieux. Un train est supprimé à Neuchâtel. Milan Kundera m’accompagne dans le voyage et je lis que « l’amour commence à l’instant où une femme s’inscrit par une parole dans notre mémoire poétique. » À l’arrivée à Montreux, le ciel ressemble à un nuage de smog jaune et n’a rien de léger ni d’insoutenable. Il est juste menaçant. La pluie balaie les rues. Et pourtant les passants sourient et photographient un arc-en-ciel par dessus les tourelles du Montreux Palace. Je me rends à l’intérieur pour découvrir une scène Out Of The Box du Montreux Jazz Festival : le Fairmont.

L’intérieur du Palace n’est qu’élégance et raffinement. Le marbre des murs se marie à merveille au velours et au bois des salons. Un lieu dans lequel la dureté cohabite avec la douceur. Un cadre parfait pour la musique tendre et taquine de Juliette Armanet. J’entre discrètement dans la salle, m’assieds sur les sièges en lin et je remarque qu’un homme est assis juste à côté d’elle derrière le piano à queue. Elle lui chante ‘Alexandre’. Sa présence scénique est rafraichissante. Elle offre au public des moments à fleur de peau mais n’hésite pas à interrompre une mélodie pour faire rire l’assistance par une remarque hors contexte.

Une femme glisse une phrase à l’oreille de son amie derrière moi : « ça me fait penser à France Gall ». J’ajouterais peut-être qu’il y a quelque chose de Michel Berger dans la simplicité des mélodies. Juliette Armanet joue avec le public – en particulier un homme du troisième rang qu’elle pointe du doigt – au moment d’interpréter le très sensuel ‘L’Indien’. Elle s’est inscrite dans ma mémoire poétique. Il y a un merveilleux détachement de tout dans son attitude et juste ce qu’il faut de gravité dans ses paroles.

Un poète du banal

La scène change ensuite de disposition pour Albin de la Simone. Le piano à queue disparaît. Trois sièges en lin, un violon, un violoncelle, une guitare et un synthétiseur font successivement leur apparition. Juste le temps de taper la discussion avec mon voisin et d’apprendre qu’il fait partie de l’aventure rédactionnelle du Regard Libre.

Albin de la Simone arrive ensuite sur scène et demande l’attention du public. La salle devient silencieuse. Il explique qu’il n’y aura qu’un haut-parleur pour sa voix et son synthétiseur. Autrement, le concert sera totalement acoustique. C’est bien parti ! Voilà bien longtemps que je n’avais plus assisté à une telle prestation. Il introduit ses musiciens avant de chanter le premier morceau comme pour les mettre en avant et s’effacer derrière ses compositions. Tout à l’image de cet artiste discret dont la musique est si singulière.

Les quatre musiciens tapent simplement sur leurs cuisses pour débuter le concert. Plus tard, Albin de la Simone fait même une petite danse plutôt inutile mais tellement drôle. Et puis ils rient beaucoup lorsque le chansonnier raconte une anecdote avant d’entonner ‘La Fleur de l’âge’. Il y est question de la perte de la vue avec les années. Ce morceau est à l’image de l’univers du français : transformer la banalité en poésie.

 
Auteur:
Alex

De Brel à Fink en passant par Louis Armstrong et Sigur Ros, voilà ceux qui me marquent et touchent. La musique doit être un voyage, un envol et un rêve. Réveiller l’âme. Veiller l’être. Dévoiler le cœur.

Dans le même genre...

Le groupe de heavy metal américain jouera son meilleur album dans son intégralité vendredi dans la...

Richard Galliano et Ron Carter clôturent avec complicité le succès de l'édition 2017 du festival...

Le Joshua Redman Trio était à la hauteur des attentes au JazzOnze+ Festival de Lausanne.