Montreux Jazz 2017: Alt-J ne prend pas de raccourci

YannickPar Yannick  •  1 Juil 2017 à 16:20  •  Live  •   9 views

Le coup d’envoi de la 51ème édition du Montreux Jazz Festival a été donné hier soir. Nous étions au Lab pour une soirée placée sous le signe de l’éclectisme électronique.

Photographie: © 2017 FFJM – Daniel Balmat

En voilà une drôle d’expression, « éclectisme électronique » ! Et pourtant, les deux concerts donnés hier soir nous ont offert une vision bien singulière de ce que peut être, et surtout de comment peut être utilisé les loopers, boites à rythme et autres machines.

Jacques tout d’abord qui a séduit par la construction live de son set. Le jeune homme, qui au passage arbore l’une des coupes de cheveux les plus étranges aperçues sur une scène depuis la fin des année quatre-vingts, travaille sans filet, mais avec une multitude d’autres objets insolites. Lorsqu’on arrive dans la salle, on se demande même si on est au bon endroit, tant la scène semble encombrée. On y aperçoit même une échelle… N’auraient-ils pas eu le temps de finir l’installation ?

En fait non, tout ce matériel, Jacques s’en sert pour créer sa musique, devant nous. Il additionne les boucles qu’il créé au fur à mesure à l’aide de ces objets qui jonchent généralement une cave en désordre pour faire évoluer son set durant plus d’une heure. Une vraie performance !

« Merci Montreux, it’s good to be back »

Vient ensuite le tour d’Alt-J, dans un décor là nettement plus épuré. Les trois Anglais apparaissent entourés de bâtons lumineux dorés, faisant tantôt penser à des gouttes d’eaux tombant sur scène (mélancolie quand tu nous tiens), tantôt à des cordes de guitares que l’on ferait vibrer. Et quand le set de Jacques pouvait semblé un peu expérimental, à la fresh, la performance du trio de Leeds est, elle, nettement plus carré. Aucune place à l’improvisation, ni aux envolés live. Le groupe ne n’interromps d’ailleurs que très rarement pour interagir avec le public, il s’emploie plutôt à enchainer les morceaux dans une maitrise parfaite. Faire passer l’émotion par la musique plutôt que par les mots. Car oui, Alt-J a livré une performance grandiose hier soir.

Et là où Jacques (et d’autres) place l’électro au cœur de sa musique, Alt-J en fait une simple inspiration parmi d’autres, au même titre que le rock, le folk, le hip-hop ou les musiques orientales. Thom Sonny Green à la batterie et Gus Unger-Hamilton aux claviers et machines démontrent chacun de leur côté une maitrise impressionnante. Joe Newman lui enchante de sa voix si singulière. Les mélodies s’envolent, puis retombent, les voix se répondent puis se croisent, pour notre plus grand bonheur.

 
Auteur:
Yannick

Une semaine est composée de sept jours, une guitare possède six cordes et la main humaine compte cinq doigts. Bizarre, non ?

Dans le même genre...

Court retour sur le concert de Caballero & JeanJass à la Case à Chocs vendredi dernier et brève...

Les fans de hip hop satisferont leurs besoins de bon son avec Alaclair Ensemble et Murmures...

Le groupe de heavy metal américain jouera son meilleur album dans son intégralité vendredi dans la...