Montreux Jazz 2015: Le rock’n’roll où on l’attend le moins

PatrickPar Patrick  •  7 Juil 2015 à 13:13  •  Live  •   2 views

Tout d’une soirée historique, c’est ainsi qu’on pourrait résumer ce lundi de Montreux. Ces soirées qu’on nous a contées et auxquelles on n’a jamais eu droit.

Photo : Daniel Balmat

Nous, nous étions au Lab. Au programme Buraka Som Sistema et Die Antwoord. Avant de voir ce qui s’y est passé, il est de bon aloi de faire un tour par le Stravinski. Tous les échos que nous avons pu glaner par nos confrères des autres médias est que le concert de Tony Bennett et Lady Gaga a été un moment d’anthologie. Ces instants de Montreux qui font le sacre et la renommée de ce festival en tous points exceptionnel.

C’est vrai que nous avions été déçus l’année passée par plusieurs prestations en deçà de nos attentes. Lundi soir a été à l’opposé de toute cette rengaine et cette facette « âge d’or ». Si le duo jazz a enchanté la grande salle, qu’en a-t-il été de la « petite »?

Tout allait s’effondrer

D’abord les Lisboetes de Buraka Som Sistema. Le feu, tout bêtement. Un public en transe, des artistes au sommet de leur forme, une symbiose avec les spectateurs qui avaient (quasiment) rempli la salle. Rien à redire, ce brin de folie qui fait sauter un peu moins d’un millier de personnes. Musicalement parlant, ce n’est de loin pas ma came, mais je dois avouer avoir bouger les jambes de temps à autre. Ok… Je n’ai pas arrêté de gigoter. (Je ne peux pas me permettre de dire que mes trépignements soient considérés comme « danse ».)

Le temps de recharger les poumons et le gobelet et nous voici partis pour le clou de la soirée: Die Antwoord. Les Sud-Africains sont habitués aux shows d’exception. Ceux qui entrent dans la mémoire du public, gardant des étoiles plein les oreilles plusieurs années durant. Ces mêmes pourront dire à leurs petits enfants: « J’y étais!« 

Des phallus, des phallus partout!

Un concert qui commence par ´Fatty Boom Boom’ ne peut être qu’on bon concert. Si on ajoute à cela un écran LED qui affiche des pénis en arrière fond, il n’y a pas à pétouiller: les spectateurs ont été transposés dans un monde à part. Yo-Landi, Ninja et DJ Hi-tek ont donné le meilleur, sautant partout, enchaînant les tubes ´Baby’s on Fire´, ´I Fink U Freeky‘ et même ´Enter The Ninja´ en rappel.

Ninja, justement, a donné à Montreux quelque chose que je n’aurais jamais imaginé: du crowdsurfing. Il ne s’est pas retrouvé une fois, ni deux, mais bien trois fois dans le public. Un concert tout en puissance et en dévotion face à une audience qui a rendu à Die Antwoord la monnaie de sa pièce. Pour de l’électro-hip hop flirtant avec la hardteck d’une part et l’eurodance de l’autre, c’est le concert le plus rock’n’roll que j’ai vu depuis longtemps. De quoi me réconcilier définitivement avec le Montreux Jazz.

Patrick

Un jour je chasserai la marmotte. En attendant j’écris bénévolement des articles sur des groupes obscurs pour me payer l’attirail nécessaire afin de réaliser mon rêve. La vie, c’est pas facile.

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