Miles Kane, la classe à l’anglaise

OlivierPar Olivier  •  17 Août 2015 à 18:55  •  Liverpool, Tour du Monde  •   2 views

Forcément, quand sa ville est celle de l’origine du british beat et voit naître l’un des plus grands groupes de rock’n’roll de tous les temps, l’envie de devenir soi-même rockeur apparaît comme une évidence.

Ils sont nombreux à s’y être essayés au rock’n’roll, mais peu y sont arrivés. La légende raconte que 350 groupes existaient sur Liverpool dans les années 50, début 60. De combien se souvient-on ? Les Beatles, voilà. Dès lors, difficile de convaincre son monde quand sa ville est autant liée au mythique Fab Four. Pourtant, certains ont réussi. On pense à The Coral il y a pas si longtemps de ça et on espère pour les jeunes Circa Waves, prometteurs au possible. Et… il y a Miles Kane.

Né au milieu 1980, Miles Kane est le symbole du rockeur qui aurait dû vivre durant la grande époque musicale de la ville. A l’image de ses tenues, Kane aime son rock classe et à l’ancienne. Il est d’ailleurs, sans doute, le seul homme au monde à pouvoir porter le complet bleu avec élégance.

Sa carrière musicale commence vraiment au micro et à la guitare de The Rascals, publiant un album encourageant en 2008. Sombre, nerveuse et légèrement psychédélique sur les bords, la musique du trio séduit et permet au chanteur de se former à l’art de la scène, tout en posant les bases de ses compositions à venir.
La même année, c’est en duo avec son meilleur ami – un certain Alex Turner, qu’il enregistre « The Age of Understatement ». Un superbe disque de pop-rock rétro, teintée de cordes et harmonies vocales. The Last Shadow Puppets reste à ce jour l’un des groupes de rock anglais les plus attendus, l’entente et la créativité entre les deux artistes étant impressionnantes.

Un an plus tard, il quitte les Rascals et décide de se mettre au solo. Il faudra un certain temps cependant avant que ne paraisse « Colour of the Trap » (2011), premier opus individuel. A la pochette bien mise, cet album est un beau succès commercial et critique. Mené par le trio bondissant ‘Come Closer‘ / ‘Rearrange‘ / ‘Inhaler‘, Miles Kane réussit à mélanger avec talent rythmes beat d’époque et technique moderne. Le résultat le place en bonne position des artistes à découvrir sur scène en 2012 et il le rend bien avec des shows fiévreux (voir ci-dessous).

Pas fatigué par les tournées, il publie en 2013 le successeur à son premier long format : « Don’t Forget Who You Are ». Malgré quelques belles compositions qui se font un chemin dans les tops, ce second essai convint moins. Plus généraliste et orienté grand public, on peine à retrouver le fameux équilibre rétro-moderne de « Colour of the Trap » et la plupart des titres ne réussissent pas à marquer. Sans être un échec cuisant, « Don’t Forget Who You Are » loupe le coche et nous laisse sur un sentiment désagréable que le Liverpuldien aurait pu faire bien mieux.

Reste à savoir prochainement s’il arrivera à se reprendre et signer une nouvelle réussite. On ne doute pas de lui, il n’est pas le rockeur anglais le plus classe de notre époque par hasard.

Olivier

Défenseur du rock’n’roll, expert en prix de l’essence, fanatique de la Sainte-Boisson et éternel admirateur de Yannik Paratte.

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