JD McPherson – « Let the Good Times Roll »

OlivierPar Olivier  •  2 Avr 2015 à 18:41  •  Albums  •   2 views

La conquête du monde ne se fait pas en un jour. En ce début d’année, c’est ce dont JD McPherson doit se rendre compte, son second album semblant bien lui ouvrir les portes du Vieux continent.

Natif de l’Oklahoma, ce trentenaire a su se faire une bonne place dans la scène rhythm and blues grâce à un premier opus réussi. Sorti en 2010, puis repressé deux ans plus tard, « Signs & Signifiers » faisait déjà ressortir tout le talent de l’artiste. Bien entouré par un groupe rodé et expérimenté, McPherson instaurait un vent de 50’s tenace à des compositions penchant majoritairement du côté du swing, à coup de contrebasse et cuivres. Il n’en fallut pas plus pour qu’il se révèle aux yeux de ses compatriotes.

Deux ans et un bon nombre de concerts plus tard, le revoici. Mais cette fois, il y a du changement dans l’air. Dans plusieurs interviews, il déclare avoir voulu faire un album à guitare. Pas dans le sens du guitariste solo qui tripatouille son manche à l’excès, simplement un album plus direct, rentre-dedans. Plus couillu, en somme.

Et il faut bien avouer que la différence est notable dès la première écoute.

Le swing cède du terrain à des influences pop. Moins de jazz, plus de soul, pour faire simple. Du début à la fin de ce « Let the Good Times Roll », on se fait ainsi balader entre sérénades douces et morceaux rock’n’roll électrifiés, mais toujours avec ce sens du détail qui marque : ’Let the Good Times Roll’ et sa basse frottée, ’It’s all over but the Shoutin’ et ses cuivres profonds (ci-dessous), ’Bridgebuilder’ et son chant soul impeccable, ’Head over Heels’ et sa six-cordes endiablée, ’Shy Boy’ et son refrain imparable, ’Mother of Lies’ et son rythme bondissant.

Là où beaucoup d’artistes peinent à confirmer au moment de publier leur deuxième essai, McPherson semble connaître l’exact opposé. La preuve en est sa venue cet été dans plusieurs festivals européens, une belle opportunité pour lui de rallier davantage de monde à sa cause.

La voie est dégagée, il ne lui reste plus qu’à confirmer.

Rounder Records – 2015
Olivier

Défenseur du rock’n’roll, expert en prix de l’essence, fanatique de la Sainte-Boisson et éternel admirateur de Yannik Paratte.

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