Mark Berube: « La Suisse est mon deuxième pays »

PatrickPar Patrick  •  15 Juin 2014 à 14:31  •  Interviews  •   69 views

Comme nous vous le racontions hier, Thom et moi étions arrivés un peu en retard dans la zone presse vendredi pour aller à la rencontre de Mark Berube. Mais le service presse de Festi’Neuch est flexible et ils avaient interverti notre entrevue avec celle des collègues de Canal 3, ouf ! Mark était assis autour d’une des tables, c’est clairement plus sympathique que dans la zone artiste plus froide et peut-être trop intimiste.

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Julie, qui s’occupe de nous à merveille depuis jeudi, nous amène jusqu’à la petite table « Tu veux encore une eau gazeuse Mark ? » « Non, je prendrais plutôt une bière. » Le Québécois a vite compris à qui il avait à faire. Julie fait d’une pierre trois coups et on se retrouve tous avec la sainte boisson devant nous, juste à temps pour commencer.

LMDS : Santé Mark merci pour l’interview déjà

Mark Berube : Santé les gars, tout le plaisir est pour moi !

Tu joues quand même beaucoup en Suisse, quelle relation tu entretiens avec ce pays ?

C’est un peu par hasard dans un certain sens. Ma femme est Suisse et notre manager pour l’Europe, Antonin Rousseau (ndlr : directeur et programmateur de Festi’Neuch) est Suisse également. Du coup, toutes les tournées européennes commencent par la Suisse et souvent même par Neuchâtel, j’ai une relation assez proche avec la Suisse. Ça fait 4-5 ans que je passe par Neuchâtel, donc ouais je me sens proche de la Suisse.

Est-ce ces paysages, comme le lac de Neuchâtel, t’inspirent dans tes compositions ?

Je ne dirais pas dans mes compositions, mais j’adore la nature ici. Quand je suis à Neuchâtel, aller me baigner est un bonheur, ou simplement admirer les magnifiques paysages suisses. Mais ça n’influence pas mes compositions non. C’est plus un truc de peintre de regarder les paysages pour s’en inspirer, pour moi c’est plus la vie quotidienne, les rencontres dans les bars, sur la route, les choses comme ça.

Tu es encore basé à Montréal, mais la Suisse c’est un peu un deuxième pays ?

Ouais, surtout grâce à ma femme. En plus, j’ai deux enfants qui sont moitié suisses, moitié canadiens, c’est vraiment mon deuxième pays.

On parlait de la composition, comment ça se passe pour toi, comme se déroule ton processus de création ?

Ça dépend, j’ai une sorte de banque de mélodies et une banque de paroles. Si j’ai une mélodie qui va bien avec une phrase, je me lance et je regarde ce que je peux faire avec ces deux choses-là. Ça varie beaucoup du coup, des fois ça vient des paroles et des fois de la musique.

Ton dernier album s’appelle « Russian Doll », tu peux nous expliquer le concept et est-ce c’est comme la poupée russe un tout qui va vers le plus petit, toujours le plus précis ?

En fait l’idée est venue de ma propre écoute de certains morceaux. Quand j’écoute une chanson, il me faut beaucoup me la repasser pour en comprendre toutes les subtilités, soit dans les paroles, soit dans la musique. J’adore ça, l’effet que ça donne, surtout au niveau des paroles. Par exemple l’album « Blonde on Blonde » de Bob Dylan, c’est fou ! Chaque fois tu découvres des trucs nouveaux, même après des années. Et c’est ça qui fait la qualité d’une bonne chanson à mon avis. C’est ce qu’on a essayé de faire avec l’album. L’idée des « Russian Dolls » c’est utiliser ces différents niveaux de lecture.

Tu parles de certains artistes, mais au fond quelles sont tes influences majeures ?

Pfff il y en a beaucoup ! (Rires) Hugh Masekela, un trompettiste d’Afrique du Sud, quand j’étais jeune je l’écoutais beaucoup, c’était un super musicien doublé d’un excellent chanteur, un bon compositeur et il était très engagé, mais pas trop, il n’était jamais pédant. Ce mec il avait vraiment trouvé l’équilibre entre toutes ces qualités et il en a tiré une force. Sinon il y a Tom Waits évidemment. Dans les nouveaux groupes, j’aime bien Metronomy. J’écoute des choses assez variées au final.

T’as vécu un moment au Swaziland, qu’as-tu gardé de tes moments passés là-bas ?

Ce qui m’a le plus marqué et que je garde le plus inscrit en moi c’est le fait de vivre comme une minorité. Ça donne une perspective totalement différente. L’entourage de la musique aussi ancrée dans une culture très riche avec des gens toujours sympathiques. Quand tu vis là-bas t’as l’impression qu’en Occident on n’arrête pas de se plaindre, quand le train est en retard ou il y a quelque chose qui marche pas, alors qu’au final c’est n’importe quoi ! (Rires) Bien sûr que je me plains aussi mais j’ai l’impression d’avoir une perspective plus globale des choses. Qu’il y a toujours pire ailleurs (Rires).

Avant ton groupe s’appelait « The Patriotic Few », qu’est-ce qui a changé ?

On a modifié un peu la composition, il y a toujours Christina avec moi. Mais je n’utilise plus le « Patriotic Few », à la base c’était une blague, mais personne ne l’a vraiment comprise… Donc ce n’était pas une bonne blague. (Rires)

Quel est l’avenir de Mark ?

Le concert de dimanche à Festi’Neuch ça boucle notre tournée européenne de printemps. On rentre au Canada lundi et il y aura des concerts là-bas cet été. On revient en Europe fin-septembre. Pour l’instant on fait France, Suisse, Allemagne et Autriche dans l’ordre pendant l’automne.

Ce soir (ndlr : vendredi) tu vas vivre une nouvelle expérience avec ce passage à la Silent Party. Comment t’as préparé la chose ?

En fait, ce sont les membres de mon groupe qui ont pris ça en main. J’ai jamais fait quelque chose comme ça, mais c’est cool parce qu’on est obligé de se focaliser sur la musique de Montréal et on a même découvert pas mal de trucs.

Comme groupes ou songwriters de Montréal, qu’est-ce que tu vas proposer au public de Neuchâtel ?

Sûrement du Patrick Watson, les Suuns qui jouent en plus ce soir (ndlr : vendredi), The Barr Brothers. Sinon comme groupes, il devrait y avoir Karkwa, un super groupe qui s’est malheureusement séparé, Jean-Louis Cormier. Voilà pour l’avant-première.

Question un peu plus décalée : Vu que t’es Canadien et ta femme Suissesse, tes enfants ils feront du foot ou du hockey ?

(Rires) On va regarder les matchs de hockey c’est clair, mais je préfère qu’ils jouent au foot, c’est trop cher le hockey !

C’est la Coupe du Monde, le Canada n’y est pas, du coup tu vas soutenir qui ?

Ouais le Canada est nul ! Bon quand j’étais jeune j’ai toujours adoré l’Argentine, ces dernières années j’étais plus pour l’Allemagne. Pour cette année je ne sais pas encore, comme le Canada n’y est pas je peux changer comme je veux. Je te redis dans une semaine.

Alors rendez-vous dans une semaine ! Merci Mark pour le temps que tu nous as accordé.

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