« It’s all about love » dit Maceo Parker

RaffaelePar Raffaele  •  16 Nov 2016 à 12:10  •  Live  •   1 view

On vous annonçait un concert de tous les superlatifs : Maceo Parker et son groupe ont tenu leurs promesses ce lundi à l’Alhambra de Genève. Récit d’une soirée épique.

Photographie : DR – TDG

Il y a des groupes que l’on va voir parce qu’il le faut, sentant à l’avance que ce sera hors du commun. « C’est à voir absolument » est la phrase qui ressort le plus souvent à propos de ces quelques légendes de la musique dont fait partie Maceo Parker. Par bonheur il est venu rendre visite au public genevois ce lundi. Il lui a déclaré en ouverture : « It’s all about love and that’s exactly what we’re gonna do tonight« .

Revenons un peu en arrière. Salle de l’Alhambra, 20h, le groupe genevois Penfield ouvre les festivités. Avec ses compositions léchées mêlant audacieusement jazz, electro et éléments de post rock, la salle commence à chauffer. Les morceaux sont travaillés, très évolutifs et portent des titres insolites tels que ‘La Physique Anarchique‘ ou ‘Chevalier de la Barque Bleue‘. Ces musiciens connaissent leur boulot et vont au-delà de leur mission de première partie. Une jolie découverte.

Le public chauffé à blanc

La salle est désormais remplie. Les minutes passent, une certaine fébrilité flotte dans l’air. Après une attente un peu longue, les lumières s’éteignent et les musiciens de Maceo Parker font enfin leur entrée, suivis de celui qui est présenté comme « the funkiest saxophonist ever« . Trois chiffrent suffisent à le résumer : 73 ans, dont 25 en tant que chef d’orchestre de James Brown et autant en carrière solo. Bam !

Sur scène, Maceo est un incroyable showman esquissant à chaque instant quelques pas de danse, se figeant soudain pour raconter une anecdote en ménageant toujours ses effets. Bien au-delà, il est surtout un musicien de premier rang. Le sax’ est une extension de son corps physique et la musique emplit chacune de ses respirations. Acquis à sa cause, le public jubile. Déjà tous les spectateurs du balcon sont debout alors que deux rangées également levées se dressent sur les côtés de la salle. N’y tentant plus devant tant de funk, des couples se lèvent de leurs siègent et les rejoignent pour danser.

Il reprend Ray Charles et Marvin Gaye

La soirée bat son plein et les ondes musicales envahissent l’assemblée de toutes parts. Devant ce spectacle, une seule conclusion possible: oui, la Suisse peut sortir du nucléaire, il lui suffit de puiser le manque à gagner dans un concert de Maceo Parker. Non content d’électriser son public, ce grand Monsieur garde le triomphe modeste. Il remercie tout d’abord le groupe d’ouverture et demande qu’on l’applaudisse. Ensuite, il multiplie les hommages à l’Histoire de la musique : James Brown évidemment, mais aussi Ray Charles qu’il imite avec des lunettes de soleil, ou encore Marvin Gaye en reprenant ‘Let’s Get It On‘.

Fort de sa carrière et de son expérience, Maceo Parker a su s’entourer de musiciens exceptionnels. À chacun d’entre eux il laisse sa place, le temps d’un éblouissant solo de batterie, d’un érotique solo de trombone ou d’un vibrant solo de guitare. Lorsque le groupe joue ensemble, on peut prêter l’oreille à chaque instrument distinctement et percevoir la virtuosité du band, mais c’est la somme de ces éléments qui offre toute sa profondeur à la performance.

Suivant chaque note et chaque fluctuation d’intensité, Maceo guide ses musiciens d’un simple regard ou d’un geste furtif. Immédiatement ceux-ci réagissent. On imagine bien que pour atteindre un tel niveau, on ne badine pas avec la précision. Au final, deux heures de concert ont défilé comme un claquement de doigts et une standing ovation accompagne tout le dernier morceau. Chaque chanson aura duré une dizaine de minutes au moins, sans aucun temps mort, tout n’étant que transition.

« We love you, yes we do » conclut Maceo Parker : cet amour de la musique, son public le lui a ce soir bien rendu.

 
Auteur:
Raffaele

J’ai grandi dans les années 90, mes influences sont un vrai patchwork musical. J’apprécie selon l’humeur un gros beat electro, un flow hip hop ou l’effervescence d’un concert de rock. ‘Faut que ça groove !

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