L’underground californien tel qu’on en rêve

RaffaelePar Raffaele  •  9 Mai 2018 à 07:00  •  Découvertes  •   36 views

Tashaki Miyaki est une perle musicale. Une perle aussi rare que précieuse comme on en découvre parfois. Dans l’univers rock, ils font partie de ces petits groupes que l’on se félicite de connaître et encore plus de partager.

Guitare-basse-batterie, deux filles au chant : la formule fonctionne dès la première écoute. Comme son nom ne l’indique pas, Tashaki Miyaki est un trio formé à Los Angeles en 2011. Leur premier album « The Dream », voit le jour en 2017. On pourrait tenter de cerner plus précisément leur style, évoquant le rock underground, indépendant, parfois teinté de psychédélisme. En allant plus loin, on ferait appel au jargon avec des termes comme lo-fi ou indie. Se rapprocherait-on davantage de leur musique ? Non.

Non, car Tashaki Miyaki véhicule un vaste assortiment d’émotions, bien au-delà des clivages de genre. Ils transmettent une sorte de mélancolie teintée d’espérance. L’image est celle d’un son emplissant le cœur de la nuit, réconfortant, apaisant, lorsque l’air est chargé d’humidité et que plus rien ne bouge. On se surprend ainsi à écouter deux fois de suite certains titres tels que Keep me in mind.

Avec pertinence, le film Teenage Cocktail, récemment sorti et que l’on vous recommande d’ailleurs, met à l’honneur Tashaki Miyaki dans l’une des premières scènes. ‘Cool runnings’ y résonne comme un moment de grâce, une parenthèse bienfaisante au cœur des tourments à venir de l’adolescence. Fait assez rare pour être mentionné, le trio a également produit une superbe reprise de Sweet child o’mine des Guns’n’Roses. Si ce dernier titre est hélas souvent repris et régulièrement malmené, lui apporter une profondeur nouvelle s’avère être une incontestable performance.

Le groupe annonce Neil Young comme sa principale influence. Musicalement, difficile de retrouver des similitudes directes, si ce n’est éventuellement l’aspect hors du temps que la musique procure. Dans leur son, on retrouve plutôt la disto prononcée de The Raveonettes ou encore le côté rétro-expérimental de Gloria, deux groupes chaleureusement conseillés au passage.

La seule critique que l’on pourrait adresser à Tashaki Miyaki est une tendance hipster moins agréable. On la retrouve surtout sur les arrangements aux violons. Clairement dispensables, on leur préfèrerait un poil plus de mordant. Cela dit, une perle reste une perle et la qualité de leur musique surpasse mille fois ce léger défaut.

D’ici à ce que vous parveniez à les voir en concert, il faudra vous lever de bonne heure, à moins de faire un saut dans les milieux underground californiens. En attendant ce jour béni, on espère être longtemps abreuvés de nombreux albums.

 

« The Dream »

Tashaki Miyaki

7 avril 2017
 
Auteur:

 

Raffaele

J’ai grandi dans les années 90, mes influences sont un vrai patchwork musical. J’apprécie selon l’humeur un gros beat electro, un flow hip hop ou l’effervescence d’un concert de rock. ‘Faut que ça groove !

Dans le même genre...

Premier album live de l'histoire de The Warlocks, "Vevey" est une bonne façon de se faire un live...

Découvrez en exclusivité, le premier projet de Nathan Baumann & Silikat intitulé "Drive - An...

Entrez dans le monde drum'n'bass de Pythius et suspendez-vous dans une galaxie de musique agitée