L’espoir est toujours de mise chez Hopeless Records

PatrickPar Patrick  •  14 Avr 2014 à 10:45  •  Albums  •   12 views

Nouveau concept ! J’ai décidé de vous présenter deux albums en une chronique. Pourquoi ? Simplement parce que c’est moi qui décide. Plus sérieusement nous allons évoquer les destins croisés de deux groupes qui ont marqué une génération de petits rockeurs : Taking Back Sunday et The Used.

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Si vous êtes nés entre 1985 et 1990 et que vous gravitiez autour de la musique alternative vous n’avez pas pu les rater. Je vous ai déjà déclaré l’amour que je porte à Taking Back Sunday, pour The Used ce n’est pas tout à fait la même chose.

Après un très bon premier album («The Used» – 2002), Emocore à souhait, Bert McCracken et ses potes tombent dans des mélodies beaucoup trop mielleuses («In Love and Death» – 2004)  pour intéresser mon oreille. Une tentative de m’y remettre lors de la sortie de de «Lies for the Liars» (2007), mais sans plus. Ils ont le vent en poupe et profitent de ça pour tourner et faire chavirer le cœur des jeunes demoiselles. La sortie de leur dernier opus sur Warner («Artwork» – 2009) fera un demi-bide et ils prendront quelques mois de pause pour se recentrer.

C’est un peu le même destin que Taking Back Sunday en fait. Après un gigantesque «Louder Now» (2006), le départ du guitariste Fred Mascherino a mis à mal la formation new-yorkaise. L’album suivant «New Again» est bon mais trop similaire aux deux albums précédents. Le suivant pareil. Ils sont mis à la porte de la Warner et ont rejoint le label Hopeless Records l’année passée. Tout comme… The Used. La vie de chroniqueur est bien faite quand même.

Une surprise et une semi-déception

Les albums des deux groupes sont sortis coup sur coup en ce début d’année. «Happiness is» de Taking Back Sunday le 18 mars et «Imaginary Enemy» de The Used le 1er avril. Un peu comme si mon adolescence avait décidé de venir toquer à ma porte un lundi matin à 6h30 en me jetant un paquet d’acné en pleine face pour me rappeler aux bons souvenirs. Les années passant je ne m’attends plus vraiment à être surpris. Pourtant le dernier NOFX («Self Entitled» – 2012) m’avait agréablement plu, donc rien n’est impossible avec les vieux cons, preuve en est.

httpv://www.youtube.com/watch?v=aqAaMMlRZiU

Premier CD à tourner dans mon ordi (oui on ne reçoit plus de versions physiques, et je n’ai pas de hi-fi de toute manière), «Happiness is» de Taking Back Sunday. Une intro, ok, ça doit être la première fois en quinze ans de carrière mais bon… Passons, et on enchaîne directement sur le premier single de l’album ‘Flicker, Fade’ (ci-dessus). J’ai adoré dès la première écoute donc bon, on va passer à ce que je ne connais pas encore. Et là c’est la déception qui prédomine. Mis à part le premier morceau et citons ‘Like you Do’, ‘We were Younger Then’ et ‘It Takes More’ c’est très plat, très monotone. Adam Lazzara (chanteur) a beau avoir beaucoup de talent, ça ne porte pas plus loin que sa voix, et l’impression dominante est que le groupe se repose sur cet acquis. Fred Mascherino reviens ! S’il te plaît !

the-used-imaginary-enemy

On double-clique sur le second album. The Used, a priori très négatif avant de passer à l’écoute. J’ai peur de tomber sur un Bert McCracken qui a mal vieilli, qui tente de se raccrocher à ses vieilles balades en oubliant qu’il est fait pour beugler dans un micro. On commence avec ‘Revolution’, ok, c’est sympa, ça lance bien, le refrain te reste calé dans un coin de la tête comme ‘Take It Away’ ou ‘Taste of Ink’ à l’époque. S’ensuit le single de l’album ‘Cry’ (ci-dessous), c’est smooth, un peu surproduit mais fortement addictif. Attends, je suis en train de dire du bien de The Used ? Mais c’est vrai qu’il est bien ce disque. On va directement mettre un bémol: ‘Kenna Song’ et surtout ‘Force Without Violence’ sont de trop. Mais il y a tout à garder sinon. Il faudra tout de même qu’on m’explique pourquoi encore ajouter un morceau caché dix minutes après a fin de la dernière chanson, surtout que ça n’apporte rien à l’album sinon de te péter ta playlist avec un gros blanc !

httpv://www.youtube.com/watch?v=CE2CAvJZiiM

Verdict

Deux groupes exceptionnels sur la période 2000-2006 qui n’ont fait que décevoir depuis reviennent et la magie opère. C’est dingue cette faculté qu’ont les groupes à se transcender dès qu’ils sont en danger. Maintenant qu’ils n’ont plus la machine Warner derrière eux pour faire de la publicité et promouvoir l’album ils décident de se mettre à jouer, pour le plus grand bonheur des fans. C’est vrai que ça marche mieux chez The Used, peut-être que leur style un peu plus Hardcore colle plus à la mouvance alternative actuelle et a mieux vieilli. Pour Taking Back Sunday c’est plus compliqué. Ils ont perdu leur membre principal et n’arrivent pas à offrir l’abondance présente dans «Where you want to be» et «Louder Now». Mais «Happiness is» reste un bon album et il serait dommage de le laisser passer.

Hopeless a eu raison de décrocher ces deux groupes au Mercato. Ces albums sont vraiment bons et la tournée qui va suivre sera à ne pas rater: les gars ont faim !

Hopeless Records – 2014

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