Lapalux – « Lustmore »

RaffaelePar Raffaele  •  13 Avr 2015 à 17:00  •  Albums  •   4 views

Ce lundi sort le nouvel et second album de Lapalux, « Lustmore ». Le jeune DJ britannique de 25 ans est signé chez Ninja Tune, label de qualité en matière de musique électronique. À l’écouter de près, voyons ce que réserve cette production.

Parfois, définir un style musical se révèle être un exercice complexe, en particulier avec le domaine de l’électro. Pour ne rien arranger, Lapalux est du genre à brouiller les pistes : électro? electronica? abstract break ? Difficile de mettre une étiquette sur ce son très particulier. Retenons l’aspect non linéaire (nous y reviendrons) de ses productions musicales qu’il confirme sur cet album.

Un album fouillé et cohérent

Autant ne pas passer par quatre chemins: la majorité des morceaux de « Lustmore » s’avèrent bons, très bons même. Les effets sont d’une grande finesse, distillés sans exagération et travaillés au millimètre près.

Sur certaines pistes, les voix féminines d’Andreya Triana ou Szjerdene accompagnent la musique de Lapalux. Les deux chanteuses au timbre soul se sont auparavant distinguées pour leurs collaborations avec Bonobo, maître du downtempo et grosse pointure de Ninja Tune. Décidément, le monde est petit.

Construction trop complexe ?

Au niveau de la qualité et de la recherche, rien à dire donc. La critique se formulerait davantage autour de la construction musicale. Parfois en écoutant Lapalux, on a l’impression de se trouver face à une œuvre d’art contemporain, à se demander où l’artiste souhaite nous emmener. Plus concrètement, le rythme est complètement déstructuré, au contraire d’une électro plus traditionnelle dont le trait caractéristique est justement la répétition.

N’ayant pas de cadence linéaire à suivre, on reste parfois un peu perplexe. Lapalux change tout le temps, expérimente, construit sur la déstructuration. Un album à recommander pour les amateurs de musique électronique ou d’un son d’ambiance plutôt doux en musique de fond. Cette dernière option serait presque dommage, « Lustmore » étant un album très fouillé et complexe.

Ninja Tune – 2015

Raffaele

J’ai grandi dans les années 90, mes influences sont un vrai patchwork musical. J’apprécie selon l’humeur un gros beat electro, un flow hip hop ou l’effervescence d’un concert de rock. ‘Faut que ça groove !

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