King Creosote – « Astronaut Meets Appleman »

AlexPar Alex  •  2 Sep 2016 à 07:00  •  Albums  •   2 views

On dit souvent que les premières pages d’un livre sont décisives, la première impression déterminante et que tout le reste dépend du contact initial. Si cela est vrai, alors la musique ne fait pas exception à la règle. C’est la première pensée qui m’est venue en tête à l’écoute de « Astronaut Meets Appleman », le dernier album de King Creosote.

Nous avions laissé l’Écossais en 2015 avec un album entre cinéma et musique. Il était déjà entouré des instruments de son pays d’origine. Et depuis ? Rien. Il n’est même pas passé en Suisse romande pour un concert, à ma modeste connaissance. C’est dommage. Salles de concert et festivals, réagissez et programmez-le ! Écoutez la musique du bonhomme et pensez-y. Ce serait beau !

Qu’en est-il dès lors de « Astronaut Meets Appleman » qui sort aujourd’hui ? Et bien il commence avec un morceau plutôt épique: ‘You Just Want’. Sitar (je crois), riff de guitare obsédant, les claviers juste comme il faut, les crissements de violons, la batterie limite tribale, la vocaliste fantomatique et au timbre saccadé. C’est épique ! Je le répète et je signe. 7 minutes d’une espèce de blues intergalactique dont l’efficacité est redoutable.

Ensuite vient la cornemuse de ‘Melin Wynt’. Oui, oui, vous lisez bien. Celle-ci se pose proprement sur une mélodie folkeuse et plutôt simple. Et puis les cordes caressent la mélodie, des notes isolées de piano saccadent un peu le tout et finalement la voix planante de King Creosote survole le morceau. On retrouve encore un solo de cornemuse sur ‘Surface’ à la fin de l’album.

Les deux premiers morceaux capturent ainsi, obnubilent même, l’attention de l’auditeur. Et déjà là on se dit que c’est extrêmement bien ficelé, bon et qu’on ne va pas se soucier d’être objectif. On crie: alléluia ! Même si l’on n’est pas croyant pour un calice mais seulement un peu pratiquant pour le vin.

Assurément les premières notes de l’album forgent ainsi le respect. Il est encore plus immense pour le bonhomme lorsqu’il se permet le luxe de faire une boucle de balbutiements d’un enfant, sûrement le sien, qui accompagne un instrumental où le violoncelle cohabite délicatement avec le sitar (encore une fois, je crois): ‘Peter Rabbit Tea’.

On retrouve également une énergie pop et légère notamment sur ‘Wake Up To This’ et son accordéon festif – oui, oui, encore un instrument inattendu qu’on ajoute volontiers à la liste. Il fallait évidemment contraster avec l’intensité des deux premiers morceaux. C’est brillant !

Et maintenant que dire de la harpe – oui, oui, je vous assure – de ‘Faux Call’ ? Quelques frottements furtifs et précis. Voilà depuis longtemps que j’espérais entendre à nouveau cet instrument sous-estimé pour les compositions pop-rock contemporaines.

La suite ? Oui, c’est long, je vous l’accorde. Mais l’envie de partager avec la plus grande précision la beauté de cet album est trop grande. Il faut faire honneur à la musique quand elle vous heurte de la sorte. La suite est comme un bon livre qu’on ne peut plus fermer, une personnalité qu’on ne s’ennuie jamais de revoir et un musicien que j’admire de plus en plus depuis le fameux et légendaire « Diamond Mine ».

Au nom du Roi Creosote, de la musique et de l’Écosse, amen !

Domino – 2016

 

Alex

De Brel à Fink en passant par Louis Armstrong et Sigur Ros, voilà ceux qui me marquent et touchent. La musique doit être un voyage, un envol et un rêve. Réveiller l’âme. Veiller l’être. Dévoiler le cœur.

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