Kilbi 2018: Manteaux et gant de chirurgien

OlivierPar Olivier  •  1 Juin 2018 à 17:34  •  Festivals, Live  •   126 views

Et nous y voilà, l’heure du retour en terres singinoises pour trois jours de musique pour le moins underground. Une vingt-huitième édition de la Kermesse du Bad Bonn qui nous a déjà offert deux chouettes moments de live hier soir.

Première surprise, il fait dégueulasse à Neuchâtel, mais plutôt beau sur Guin. Il y a des jours où les étoiles s’alignent. Un petit orage juste avant notre arrivée a rafraîchi l’atmosphère, mais plus aucune goutte jusqu’à tard dans la nuit. Le point météo obligatoire est fait.

C’est toujours avec le même plaisir que le site se dévoile à nos yeux, après quelques minutes de marche depuis un parking qui commence déjà à tourner au bain de boue. La faune est bien présente. Ce bassin incroyable de tout ce qui fait la musique alternative : moustaches, tatouages à tout-va, vestes en jean, t-shirts de tous les groupes du monde, effluves ininterrompus de clopes et d’herbe. Cette fois on y est, c’est parti pour le Kilbi.

Alors que nous faisons notre première entrée sur le site, les enceintes de la Bogen crachent un flux continu de rock’n’roll viscéral. Il s’agit de celui des Warmduscher.

It don’t mean a thing if it ain’t got that…

Tout droit débarquée de Londres, la bande démarre sa tournée estivale chez nous, avant de filer le lendemain pour Nîmes et le This Is Not A Love Song Festival.
Né de la fusion de Fat White Family et du London Paranoid, cousin d’Insecure Men et The Moonlandingz, le quatuor annonce la couleur. Looks improbables rain coat/gant de chirurgien pour le guitariste et manteau long/Stetson pour le chanteur Craig Louis Higgins Jr, l’absurde (la drogue?) est toujours aussi présente dans la constellation Fat White, pour le plus grand plaisir de beaucoup et le plus grand malheur de certains.

Pendant une bonne heure, les Anglais un poil éméchés nous offre une fête rock délirante, oscillant entre fulgurances garage, post-punk et blues abrasif, le tout entrecoupé par le bagout de Higgins Jr, digne maître de cérémonie toujours prêt à invectiver un public trop calme. Venu avec leur deuxième opus dans les valises (« Whale City », sorti aujourd’hui même), Warmduscher prouve que tous les super groupes ne sont pas condamnés à l’échec et qu’il est impossible de s’embêter quand les morceaux font rarement plus de deux minutes.

Un swing d’enfer qui a su lancer les premiers (gentils) pogos du festival et initier une demande de rappel qui ne viendra jamais, Kilbi oblige. On appelle ça une belle entame de festival.

 
Warmduscher - "Whale City"

« Whale City »

Warmduscher

1 juin 2018
 
Auteur:

 

Olivier

Défenseur du rock’n’roll, expert en prix de l’essence, fanatique de la Sainte-Boisson et éternel admirateur de Yannik Paratte.

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